Dr. Ibrahima Kourouma, ministre de la Ville et de l’Aménagement du territoire

A l’occasion de la conférence de presse qu’il a animée hier, lundi 13 janvier 2020, le ministre de la ville et de l’aménagement du territoire a été interpellé à plusieurs reprises sur les opérations de déguerpissement entreprises l’année dernière par son département à Conakry, notamment au niveau du centre directionnel de Koloma et à Dar-Es-Salam.

Et, face à la multitude de questions des journalistes qui semblaient plaider la cause des populations victimes de ces déguerpissements sans dédommagement, Dr Ibrahima Kourouma a laissé entendre que ce n’est pas de gaieté de cœur que l’Etat casse des maisons. Mais, a-t-il précisé, face à l’humanisme, il y a la loi. Et, la loi prédomine, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à cette conférence de presse.

Tout d’abord, le chef du département de la ville et de l’aménagement du territoire a expliqué que l’Etat ne casse pas des maisons parce que cela lui procure un quelconque plaisir. « On casse pour deux raisons. La première, c’est pour vous sécuriser. Si on n’avait pas entrepris la démolition des points critiques à Conakry, chaque saison des pluies on n’aurait pas fini de compter les morts. D’abord, dans le cas des éboulements, mais aussi dans les eaux de ruissellement », a entamé Dr Ibrahima Kourouma.

Ensuite, l’homme qui a été le cauchemar de ceux qui habitaient au centre directionnel de Koloma et à la décharge de Dar-Es-Salam jusqu’en 2019, a tenu à faire une confidence à son auditoire. « Quand il a été question d’ouvrir le point critique au niveau de CBG, on m’a dit, monsieur le ministre, si on doit ouvrir, il faut qu’on casse chez votre maman. J’ai dit, avant de s’attaquer aux autres, commencez par ouvrir chez elle. Cassez ! …», a dit Dr Ibrahima Kourouma pour dire qu’il ne fera preuve d’aucun état d’âme dans la récupération des domaines de l’Etat.

Pour le ministre de l’aménagement du territoire que certains surnomment « l’expert en démolition », chaque citoyen, de façon consciencieuse, doit prendre des dispositions pour ne pas occuper un domaine appartenant à l’Etat. Car, les excuses ne serviront à rien. « Qu’on dise qu’on ne savait pas quand on occupait le terrain, c’est possible. Mais, si l’Etat veut récupérer son domaine, il le récupère. Et, si c’est l’Etat qui doit t’indiquer là où tu dois partir, ça veut dire qu’il faut qu’il te reloge. Ça, nous ne pouvons le faire que lorsqu’il est question d’indemniser des gens qui sont installés légalement sur un terrain appartenant à l’Etat… Nous ne sommes pas en mesure aujourd’hui de dire que toutes les personnes qu’on va dégager, nous allons leur indiquer un lot où ils doivent aller. Parce qu’en indiquant un lot, nous leur indiquons un domaine de l’Etat. Et, je ne le ferai pas », a indiqué Dr Ibrahima Kourouma.

Fidèle à sa logique, le ministre de la ville et de l’aménagement du territoire a déclaré que la loi prédomine l’humanisme. Et, récupérer les domaines de l’Etat est un devoir face à la république.

« Je suis un être humain. Je sais que ce sont des investissements que les gens ont fait. Mais, face à l’humanisme, il y a la loi. Et, la loi prédomine. Ils étaient installés sur un domaine de l’Etat, l’Etat veut récupérer son domaine pour faire un travail, vraiment je suis obligé de faire le travail qu’il faut. C’est un devoir face à la république… J’espère que ça va servir d’exemple afin que les gens comprennent qu’avant d’investir quelque part il faut se rassurer que c’est pour soi, est-ce que j’ai le droit d’y être… », a conclu Dr Ibrahima Kourouma.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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