Dr. Ibrahima Kourouma, ministre de la Ville et de l’Aménagement du territoire

Comme annoncé précédemment, dans le cadre du « marketing » de communication gouvernementale initié sur instruction du président Alpha Condé, le ministre de la Ville et de l’aménagement du territoire a animé une conférence de presse hier, lundi 13 janvier 2020, dans un réceptif hôtelier à Conakry.

Entouré des cadres de son département, Dr. Ibrahima Kourouma a présenté la situation de l’urbanisme et de l’habitat en Guinée, tout en faisant état des réformes engagées depuis 2010 et les perspectives de son département pour cette année. Dr Ibrahima Kourouma a aussi profité de cette occasion pour annoncer l’organisation prochaine des « Etats Généraux du Foncier » en Guinée, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à cette conférence.

Pour le ministre de la ville et de l’aménagement du territoire, depuis son indépendance (en 1958) jusqu’à l’élection du président Alpha Condé en 2010, la Guinée n’a pas eu de « villes véritablement urbanisées ». La capitale, Conakry, et plusieurs grandes villes de l’intérieur du pays sont caractérisées par des occupations anarchiques, créant ainsi des quartiers spontanés où existe « la promiscuité ». Et, « avec la promulgation du code foncier et domanial en 1992, la terre est devenue un bien pouvant être la propriété de l’Etat ; mais, aussi, des autres personnes physiques et morales. Ceci a favorisé la multiplicité des acteurs dans la gestion du foncier, occasionnant entre autres des conflits fonciers, le bradage des réserves foncières de l’Etat, l’occupation des domaines publics et la spéculation foncière… En ce qui concerne l’urbanisme, la situation a conduit Conakry et les grandes villes du pays à l’étalement urbain, la pression foncière, la détérioration de l’environnement et de l’écosystème, la formation des quartiers insalubres, l’insécurité urbain… Par ailleurs, le domaine de l’immobilier a été marqué par une faiblesse de l’offre publique de logements, l’auto-construction de logements par les ménages, la prédominance et la cherté des matériaux importés…», a expliqué Dr Ibrahima Kourouma.

Devant la cohorte de journalistes, le ministre de l’aménagement du territoire a dit que c’est pour « corriger cette situation » que, sur instruction du président Alpha Condé (venu au pouvoir en 2010), la politique nationale de l’Habitat (communément appelée Habitat vision 2021) a été élaborée et promulguée en 2012. « Habitat vision 2021 est un document de référence du gouvernement qui a pour objectif d’harmoniser les interventions dans le secteur de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat ; de proposer des actions de développement du secteur, de les planifier et de mobiliser les ressources nécessaires à leur mise en œuvre… » a confié Dr Ibrahima Kourouma.

Parlant de la planification de l’espace urbain et la sécurisation du foncier en Guinée, le ministre de la ville a laissé entendre que son département a initié, depuis l’avènement de la troisième république, un important programme de relance de la planification urbaine. « Il s’agit notamment du plan de réaménagement de Kaloum et des îles de Loos, les schémas directeurs d’urbanisme, le projet SANITA Villes Durables et du plan de développement du Grand Conakry vision 2040 (dont l’objectif est renforcer l’équipements des villes et localités de Fria, Boffa, Maférinyah, Forékariah et Kindia pour diminuer la pression démographique et les activités socioéconomiques sur la péninsule de Kaloum et de reconstruire la ville de Conakry)… Cette étude sera complétée par la révision du schéma national de l’aménagement du territoire, financée à hauteur de 4 millions d’euros dans le cadre du 11ème FED… Les schémas directeurs d’urbanisme de certaines villes minières, notamment Forékariah, Boffa et Siguiri sont en cours d’élaboration sur financement du BND (budget national de développement) pour un montant de 5423 millions de francs guinéens. Le schéma directeur de Boké est financé par la Banque Mondiale pour un montant de 600 mille dollars… Au niveau des sous-préfectures de Baro et de Koumana (à Kouroussa), des plans d’aménagement sont élaborés sur financement du BND pour montant de 3866 millions francs guinéens… Au niveau du domaine foncier, les activités réalisées ont porté principalement sur la sécurisation des domaines et la constitution de nouvelles réserves foncières et la gestion des domaines de l’Etat…», a indiqué Dr Ibrahima Kourouma.

Selon le ministre de la ville et de l’aménagement du territoire, son département a lancé depuis octobre 2017 une vaste opération d’identification, de recensement et d’immatriculation de nouvelles réserves foncières ; mais, aussi, des opérations de récupération des domaines de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. « En capitalisant ces résultats, il ressort à la date du 31 décembre 2019, l’établissement de 3412 titres fonciers pour 57902 hectares… », a-t-il précisé.

S’agissant de la « promotion de l’habitat neuf et son financement », le ministre de la ville et de l’aménagement du territoire laissé entendre que le secteur du BTP ne bénéficie que de faibles financements dans notre pays. « Moins de 3% des emprunts des banques sont consacrés au financement du logement. Et, les conditions financières pour accéder au logement sont difficiles à satisfaire pour la majorité des ménages… Pour résorber ce déficit et permettre l’accession au logement, la SONAPI (société nationale d’aménagement et de promotion immobilière) a entrepris la construction de nouveaux bâtiments à Dubréka, Labé, Faranah, Kankan… Dans le même but, un programme de construction de logements sociaux à Conakry et dans les préfectures de l’intérieur du pays a été initié… Il faut aussi souligner que grâce à la politique du gouvernement, le secteur privé est très impliqué dans les activités de promotion immobilière. Et, parmi les actions entreprises, on peut citer la construction de 200 logements à Nongo (par des promoteurs guinéens) ; la construction en cours de 2000 logements correspondants à la première tranche du programme de 20 000 logements à Kipé, Lambanyi et Kobayah (par la société Mar Grandioso ; la construction de 21 immeubles de huit étapes à la cité des douanes (par la société ADDOHA du royaume du Maroc ; la construction de tours jumelles de 27 étages au centre directionnel de Koloma (par la société Welly Kakimbo) », a confié Dr Ibrahima Kourouma.

Concernant la résorption de l’habitat précaire, le ministre de l’aménagement du territoire a évoqué un « projet d’assainissement ayant permis la construction d’un réseau de collecte des eaux usées de 28 kilomètres pour desservir 1400 ménages dans les quartiers de Coléah-centre et Coléah imprimerie, dans la commune de Matam ». Dr Ibrahima Kourouma a aussi parlé de deux stations de pompage en cours de construction à Madina et Landréah ; et, la construction de 100 latrines.

Se rabattant sur la gouvernance du secteur de l’urbanisme et de l’habitat en Guinée, le ministre de l’aménagement du territoire a accentué son exposé sur l’amélioration de la délivrance des titres fonciers et des permis de construire et le renforcement des capacités des services de son département. « Ces performances ont permis à notre pays de figurer parmi les meilleurs réformateurs du Doing Business 2019 dans les indicateurs transfert de propriété et délivrance de permis de construire… Des séries de formations ont eu lieu en Guinée et au Maroc pour 205 cadres et agents des services centraux, déconcentrés et des collectivités ; ainsi que l’institut géographique national du ministère des travaux publics », a dit Dr Ibrahima Kourouma.

Parlant des perspectives de son département pour cette année, le ministre de ville a dit qu’en matière de politique générale, « la politique nationale de l’habitat (Habitat vision 2021) sera évaluée pour permettre l’élaboration de la nouvelle politique du secteur ». Et, dans le domaine de l’aménagement et de la législation foncière, « il sera procédé en 2020 à l’organisation des Etats Généraux du foncier », pour assurer la mise en application des nouvelles orientations en matière d’occupation du sol et du droit de propriété y afférent.

« De même, il sera procédé à la révision du schéma national d’aménagement du territoire réalisé en 1991. Les opérations de recensement et d’immatriculation des réserves de l’Etat seront poursuivies, ainsi que la récupération des domaines de l’Etat. Les activités du centre directionnel de Koloma seront poursuivies, ainsi que celles du plan de réaménagement de Kaloum et des îles de Loos… Dans le domaine de l’habitat, le programme d’amélioration des conditions et du cadre de vie des populations connaîtra la mise en œuvre d’un programme de logements, en commençant par la construction de 5000 logements sociaux en 2020 pour les travailleurs de l’administration publique… La priorité sera accordée aux enseignants, aux agents du corps de la santé, aux forces de défense et de sécurité. Une campagne de pré-souscription des postulants sera bientôt lancée par le ministère de la ville et de l’aménagement du territoire, en rapport avec l’AGUIFIL, le désenclavement des quartiers défavorisés des communes de Matoto et Ratoma et la réhabilitation de la station d’épuration des eaux usées de Cameroun », a expliqué Dr Ibrahima Kourouma dans les professionnels de médias.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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