Honorable Aboubacar Soumah, président du parti GDE

Le parti Guinée pour la Démocratie et l’Equilibre (GDE), dirigé par le député Aboubacar Soumah, fait partie des 29 formations politiques retenues par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) pour les élections législatives du 16 février 2020. L’honorable Aboubacar Soumah, interrogé à ce sujet par un reporter de Guineematin.com, a dit sa joie de faire partie des formations retenues pour ces échéances électorales. Il également été question d’autres sujets d’actualité avec Aboubacar Soumah.

Guineematin.com : votre parti politique figure parmi les 29 retenus par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) pour participer aux législatives du 16 février 2020. Quel est le sentiment qui vous anime sachant que d’autres partis politiques n’ont pas été retenus ?

Honorable Aboubacar Soumah : j’ai un sentiment de satisfaction parce que, honnêtement, c’est un parti qui vient d’être créé, en fin 2017 et agrée en 2018. Nous avons fait une première participation aux élections communales de 2018 en alliance naturellement avec le RPG arc-en-ciel. Cette fois-ci, nous allons en tant qu’entité politique indépendante. Nous avons eu la chance de présenter six candidats uninominaux notamment à Kaloum, Dixinn, Ratoma, Dubréka, Kindia et Boké. Nous avons présenté une liste nationale également de 76 candidats. Si le travail fait a été reconnu conforme aux lois de la République par la CENI, c’est un sentiment de satisfaction que nous avons car ce n’est pas toute formation politique naissante qui peut faire un tel travail. Si Dieu a voulu nous donner cette chance, nous ne pouvons avoir qu’en sentiment de fierté.

Guineematin.com : comment le parti GDE se prépare-t-il pour engranger un nombre important de sièges à la future Assemblée Nationale ?

Honorable Aboubacar Soumah : nous ne sommes pas comme les partis classiques en Guinée. Un parti politique est certes créé pour conquérir le pouvoir, mais ce n’est pas seulement ça. Oui, la conquête du pouvoir fait partie des objectifs fondamentaux d’un parti politique, mais il y a aussi d’autres objectifs. Il s’agit d’abord pour nous de se faire connaitre sur l’étendue du territoire national. Parce que, le simple fait de participer à ces élections nationales, le sigle de notre parti sera dans le dernier carré de la Guinée et dans les ambassades où la Guinée est représentée. Ça, c’est une bonne chose pour nous. C’est le premier objectif visé. Le second, il n’est pas dit qu’obligatoirement participer à une première élection et gagner ce qu’on veut gagner. Mais, certainement avec tout ce que nous avons fait sur le terrain, nous estimons avoir un certain nombre de députés. Notre volonté aujourd’hui ou notre objectif principal, c’est de faire en sorte que ce pays soit un pays stable, un pays de paix, un pays où il fait bon vivre. Pour que cela soit honnêtement, il faut que les gens acceptent concourir de façon pacifique, acceptent de se considérer comme des frères guinéens, développer notre programme politique pendant cette campagne pour les législatives pour que les Guinéens sachent ce que nous proposons. C’est aussi un objectif.

Guineematin.com : quel est le nombre de sièges que vous comptez avoir pendant ces élections législatives ?

Honorable Aboubacar Soumah : si nous avons présenté 82 candidats, nous aimerions avoir 82 admis, sinon on n’allait pas le faire. Nous avons présenté 82 candidats sur 114. Si vous prenez les six circonscriptions électorales où nous avons présenté les candidats uninominaux, chaque candidat uninominal est accompagné par un suppléant. Nous avons également présenté 76 candidats sur la liste nationale. Là aussi, nous le faisons avec beaucoup de stratégies politiques pour que nous ayons un nombre de députés important nous permettant d’avoir notre groupe parlementaire. C’est de cela qu’il s’agit.

Guineematin.com : est-ce que vous avez confiance à la CENI quant à l’aboutissement de ce processus électoral ?

Honorable Aboubacar Soumah, président du parti GDE

Honorable Aboubacar Soumah : en tout état de cause, selon la loi guinéenne, la CENI est chargée de gérer, d’organiser les élections nationales et le référendum en Guinée. Tant que nous Guinéens on n’a pas confiance entre nous, rien ne bougera. Quel est ce diable qu’on prendra pour mettre à la CENI pour que les autres Guinéens aient confiance à ce diable-là ? Moi je pense qu’il faut avoir confiance à quelqu’un en le suivant jusqu’à ce qu’il démontre une preuve contraire à cette confiance-là. C’est en ce temps qu’il faut le qualifier de malhonnête ou d’honnête. Ça dépend des cas. La CENI a décliné un calendrier du processus électoral, conformément à ce calendrier du processus électoral, nous avons essayé de respecter les consignes de la CENI. Nous avons déposé nos dossiers de candidature à date, nous avons essayé de préparer le terrain selon ce qu’on peut. A date, nous sommes en train de nous préparer pour l’ouverture de la campagne la nuit du 16 au 17 du mois en cours et nous allons faire la campagne selon nos moyens sur l’étendue du territoire national et le jour des élections, c’est-à-dire le 16 février prochain, nous allons demander à nos militants et sympathisants de bien vouloir accepter de voter pour nos listes, que ça soit à l’uninominal ou la liste nationale. Maintenant, nous allons également faire en sorte que, comme la loi l’autorise d’ailleurs, et au niveau des bureaux de vote jusqu’au niveau de la centralisation des sous-préfectures, ainsi qu’au niveau préfectoral, que nos délégués soient présents pour que les résultats sortis des urnes soient effectivement les résultats qui seront proclamés et par les démembrements de la CENI pour ne pas demain qu’il y ait d’autres problèmes. Donc, jusqu’à preuve du contraire, nous avons confiance à l’organe constitutionnel chargé d’organiser les élections en Guinée.

Guineematin.com : contrairement à vous qui faites confiance à la CENI, les grandes formations politiques d’opposition ont boycotté le processus électoral et entendent empêcher la tenue des élections législatives. Comment comprenez-vous leur position ?

Honorable Aboubacar Soumah : j’ai toujours corrigé cette phrase-là dans la bouche des hommes de médias guinéens. L’UFDG, l’UFR, PEDN et le PADES ne constituent pas les seuls partis de l’opposition. Non, il faut dire une partie de l’opposition. Moi qui suis devant vous, je ne suis ni en alliance électorale avec le RPG arc-en-ciel, ni dans la CODENOC. Donc, nous sommes parti de l’opposition parce que la loi guinéenne est claire, mais les Guinéens d’aujourd’hui, c’est ceux-là qu’on voit dans la rue qui font les marches, qui insultent, qui s’opposent, qui déversent les huiles de moteur dans la rue qu’on considère seulement comme opposition. L’opposition n’est pas dite qu’il faut être violent, l’opposition c’est un parti qui n’est pas au pouvoir qui contredit certaines propositions du pouvoir, qui dénonce les pratiques non catholiques du pouvoir, qui critique, qui propose des choses pour le bon fonctionnement des institutions de l’Etat. C’est ça le parti de l’opposition, mais aujourd’hui en Guinée, il faut que tu sois insolent, il faut que tu sois violent, que tu mettes tes hommes dans la rue pour qu’on te considère comme parti d’opposition. L’UFDG ne constitue pas le seul parti de l’opposition, l’UFR non plus, le PADES non plus et personne ne peut dire « nous sommes les seuls partis de l’opposition ». Tous ceux qui ne sont pas de la mouvance présidentielle, les partis qui ne se reconnaissent pas au pouvoir actuel, sont appelés partis de l’opposition qu’ils soient maintenant de l’opposition centriste, de l’opposition modérée ou je ne sais quoi, ce sont des partis de l’opposition. Vous avez constaté il y a une trentaine de partis qui ont déposé des listes. Tous ces partis, s’ils étaient de la mouvance présidentielle, mais ils auraient pu présenter une liste commune.

Guineematin.com : comment vous comprenez cette partie de l’opposition qui a décidé de ne pas participer aux élections législatives ?

Honorable Aboubacar Soumah : c’est un droit pour eux de ne pas aller aux élections. Un parti politique est créé par un groupe d’hommes, c’est une association politique. Si les Guinéens se retrouvent dans une association et se décident d’aller aux élections, ils ont leur droit d’aller. S’ils décident de ne pas aller, ça aussi c’est leur droit. Donc, moi je pense qu’aller c’est un droit, ne pas aller aussi c’est un droit mais vouloir empêcher, ça c’est la rébellion.

Guineematin.com : si vous êtes élu député et qu’on vous soumette un projet de nouvelle constitution, est-ce que vous allez voter pour ou contre ?

Honorable Aboubacar Soumah : si ce projet de constitution tient compte des préoccupations que nous voulons défendre, si ce projet de constitution tient compte des réalités guinéennes en fonction des coutumes, nos réalités quotidiennes, nos mœurs et autres, je voterai pour.

Guineematin.com : selon vous, la date du 16 février 2020 est tenable ou bien vous pensez à un report pour mieux vous préparer ?

Honorable Aboubacar Soumah : je vous dis que je me suis préparé pour voter le 16 février. Vous avez vu dans mon siège, mes candidats de Boké, de Kindia, Dubréka, ceux de Ratoma, Dixinn et Kaloum sont là. Ceux de N’Zérékoré, Labé, Mamou seront là demain matin. Alors, comment voulez-vous que nous fassions tout ce travail et qu’on dise encore que la date du 16 est ceci ou cela ? Non. Nous sommes en train de mettre des milliards dans ça, ce n’est pas demain qu’on peut nous dire encore de reporter. Ce n’est pas possible.

Guineematin.com : quels sont vos rapports avec l’honorable Deen Touré, ancien de l’UFR ?

Honorable Aboubacar Soumah : Deen Touré est dans mon parti, il est la deuxième personnalité sur ma liste. Ça ne se cache pas, la liste elle est publique. Deen Touré, honorable Mohamed Lamine Doumbouya et autres sont sur ma liste.

Guineematin.com : quel est votre message au peuple de Guinée pour qu’il vous accorde sa voix lors de ces élections législatives ?

Honorable Aboubacar Soumah, président du parti GDE

Honorable Aboubacar Soumah : cet appel je le lance d’abord à tous les Guinéens de se débarrasser de ces maux qui gangrènent aujourd’hui notre nation, notamment cette conception ethnique. Je le dis à qui veut l’entendre, ce n’est pas le fait qu’un Peulh sera au pouvoir que les Peulhs Guinéens seront heureux ; non plus un Malinké, non plus un Soussous ou Forestier. Prions Dieu qu’on ait un Guinéen qui considérera le Guinéen en tant que Guinéen ; en fonction de ce qu’il peut apporter au pays. On n’a pas besoin de savoir quel est son nom de famille. Le choix des cadres doit avoir un seul critère, sa compétence par rapport à ce qu’on veut lui confier. Qu’il soit maintenant Koïvogui, Diallo, Kaba, Soumah peu importe. L’essentiel c’est qu’est-ce qu’il peut apporter au pays. C’est pourquoi nous avons décidé de créer un parti. Nous avons compris que les idéologies développées publiquement ne sont pas les idéologies à exécuter lorsque nous sommes aux affaires. Depuis l’indépendance, nous sommes en train de mentir, de raconter dans la démagogie, l’hypocrisie tout ce que vous pouvez imaginer. Nous avons dit qu’il faut créer un parti qui pourrait faire la différence avec ces partis classiques. Nous demandons au peuple de Guinée, de la Forêt en passant par la Haute Guinée, le Fouta jusqu’en Basse Guinée que leurs enfants se sont réunis, se sont donnés la main pour mettre en place une formation politique toute nouvelle qui s’appelle Guinée pour la Démocratie et l’Equilibre (GDE), qui souhaite unir les Guinéens, qui souhaite juger le Guinéen en tant que Guinéen, qui veut que la Guinée soit un Etat de paix, de fraternité, de solidarité entre toutes ces filles et fils, qu’il y ait une justice équitable entre ses enfants, qu’il y ait une répartition équitable du pays entre toutes les filles et fils de la Guinée. Ce parti-là, nous l’appelons Guinée pour la Démocratie et l’Equilibre. Le mot équilibre vient juste à ce niveau-là. Tant que la chose commune que nous avons n’est pas partagée entre tous les Guinéens, la chose-là, elle nous partagera. Si tu vois que les gens se cantonnent aujourd’hui derrière les ethnies pour dire qu’il faut que l’un de nous aussi soit au pouvoir, c’est parce qu’ils ont constaté que la personne qui incarne l’Etat, si cette personne est d’une communauté, cette communauté devient prédominante dans l’administration, dans les affaires. Donc, la personne dit il faut qu’un de nous soit au pouvoir. Mais, si on sait que quel que soit la personne qui sera au pouvoir va servir tous les Guinéens au même titre d’égalité, les Peulhs n’ont pas besoin de dire il faut un Peulh, les Soussous n’ont pas besoin de dire il faut un Soussou, les Malinkés n’auront pas besoin de dire il faut un Malinké. C’est ce type de Guinéen nouveau que nous voulons créer à travers ce parti-là. C’est pourquoi nous demandons à nos mamans, à nos papas de la Forêt en passant par la Haute Guinée, par le Fouta jusqu’en Basse Guinée qu’on se donne la main pour qu’on se voit en tant que Guinéen et non en tant que Soussou, Malinké ou Forestier. Si celui-là qui est capable de faire quelque chose pour la Guinée, qu’on lui confie cette tâche parce que si quelqu’un arrivait à faire une route Conakry-Koundara en autoroute, ce n’est pas les Peulhs seulement qui marcheront dessus, c’est tous les Guinéens qui marcheront dessus. S’il y a le courant électrique ce n’est pas seulement que les Malinkés qui utiliseront ce courant électrique, c’est tous les guinéens qui en utiliseront. S’il y a des habitats décents pour l’ensemble des fonctionnaires Guinéens, ce ne sont pas des fonctionnaires Malinkés, Peulhs ou Soussous seulement qui logent dedans. C’est tous les Guinéens qui en bénéficieront. Nous pensons qu’il faut trouver une nouvelle classe politique qui essayera de se départir de ces conceptions irrationnelles, haineuses et honteuses même pour la République notamment ces divisions régionalistes et ethniques. Nous leur demandons de nous accorder leurs voix pour que ces gens-là aillent au niveau du parlement pour les intérêts de tous les Guinéens.

Interview réalisée par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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