Pépé Francis HABA, président du parti Union Guinéenne pour la Démocratie et le Développement (UGDD)

A travers un décret lu sur les ondes des médias d’Etat, hier mercredi 15 janvier 2020, le président Alpha Condé a fixé la période de la tenue de la campagne électorale en prélude aux législatives du 16 février 2020. Une annonce qui intervient au moment où les poids lourds de l’opposition boycottent le scrutin et menacent d’empêcher sa tenue.

Au lendemain de la prise de ce décret, certains acteurs politiques de l’opposition parlent de « provocation » et réitèrent leur volonté de perturber le vote. C’est le cas du parti Union Guinéenne pour la Démocratie et le Développement (UGDD) dirigé par Pépé Francis Haba. Il l’a dit dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com dans la journée de ce jeudi, 16 janvier 2020.

Pour Pépé Francis Haba, ce décret du président Alpha Condé est inopportun d’autant plus que la Guinée traverse une crise sociopolitique sans précédent. « C’est la provocation de trop, une manifestation de la volonté du Président de la République de briguer un 3e mandat et de mourir au pouvoir. Si non, comment peut-on comprendre que la campagne soit annoncée alors que le pays fait face une vive tension sociopolitique ? Comment est-il possible qu’une élection soit organisée dans notre pays en l’absence des principaux partis d’opposition que sont l’UFDG, représentée à l’Assemblée par 37 députés ; l’UFR, avec 10 députés) ; l’UPG avec 2 députés ; le PADES avec 1 député et notre parti l’UGDD qui a aussi 1 député. Si cette mascarade électorale a lieu, cela signifierait que certains seront privés de leurs droits de représentativité dans le futur parlement. Ce qui créerait une situation de frustration et mettrait le pays au bord de l’implosion », soutient-il.

A la question de savoir si l’annonce du début de la campagne électorale n’affaiblit la position des partis qui ont opté pour le boycott, Pépé Francis Haba répond : « non, je ne le pense pas. L’opposition politique n’entend pas boycotter ces élections. Nous avons dénoncé les conditions évidentes et chaotiques du recensement qui a conduit à un corps électoral indigne de notre pays, constituant 68% de la population guinéenne dont l’essentiel se trouve dans le fief du pouvoir. Nous avons demandé une reprise de ce recensement et le renoncement du Président à son projet de réforme constitutionnelle. Notre participation à cette élection dans les conditions actuelles signifierait à cautionner la présidence à vie du Président Alpha CONDE. Mais une chose reste claire, ces élections législatives n’auront pas lieu. C’est pourquoi au sein du FNDC, nous sommes déterminés à résister activement avec le peuple de Guinée », a-t-il martelé.

Léon Kolié pour Guineematin.cm

Tel. 661 74 99 64

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