La manifestation appelée par le Front National pour la Défense de la constitution (FNDC) contre le 3ème mandat pour Alpha Condé se poursuit ce mercredi, 22 janvier 2020. Alors que la circulation est fluide sur l’Autoroute Fidel Castro de Conakry, certains marchands ont encore peur d’exposer leurs produits, notamment au marché de Matoto. Interrogés par un reporter de Guineematin.com ce mercredi, nombre d’entre eux invitent les autorités et le FNDC à dialoguer pour que notre pays sorte de l’impasse.

De Matoto à l’Aéroport en passant par la Tannerie et Yimbaya, la situation est normale ce mercredi sur l’Autoroute Fidel Castro. Des femmes ont étalé leurs marchandises, les citoyens vaquent librement à leurs occupations. Les stations services sont ouvertes. Toutefois, quelques boutiques et magasins sont fermés par peur d’actes de violence. Les forces de l’ordre sont postées à divers endroits pour parer à toute éventualité.

Quelques citoyens, interrogés sur les manifestations du FNDC, ont invité aussi bien le pouvoir que les opposants au 3ème mandat de chercher à aplanir leurs divergences au bénéfice des guinéens.

Abass Diallo, vendeur de téléphones au marché de Matoto

Abass Diallo, vendeur de téléphones au marché de Matoto : « je n’ai pas fait sortir toute ma marchandise par peur, parce que c’est la manifestation et il peut y avoir des mouvements à tout moment. Nous, les manifestations chaque jour là, ça nous fatigue, parce que nous ne pouvons pas sortir pour revendre nos marchandises. Les manifestations politiques ou du FNDC, on s’en fout de ça. Nous, ce qui nous intéresse, c’est la stabilité et la paix dans ce pays. Vraiment, que le FNDC et le gouvernement essayent de se comprendre pour qu’il y ait la paix. Si nous ne sortons pas, nous ne pouvons pas gagner de quoi manger. Faire trois jours sans sortir, comment peut-on vivre dans ça ? »

Karamo Kaba, marchand de peinture à Matoto

Karamo Kaba, marchand de peinture à Matoto : « la manifestation du FNDC, je ne suis pas pour. Je ne suis pas pour le gouvernement aussi. Pourquoi ? Parce que la vie sociopolitique de notre pays n’est pas bonne à l’heure là. Le gouvernement et le FNDC doivent mettre de l’eau dans leur vin. Vraiment, ça ne va pas dans pays. Tout le temps, c’est des manifestations, des petits mouvements et c’est des petits mouvements qui deviennent des grands mouvements. Dans les autres pays, ça a commencé comme ça. Nous, nous sommes des pères de famille, nous avons notre mère, notre père et nos enfants. Donc, s’il y a de tels mouvements dans le pays et que ça s’enflamme, qu’est-ce que tu vas faire ? Tu vas prendre ta mère, ton père, tes enfants ou te sauver toi-même ? Vraiment, je demande qu’ils s’asseyent au tour d’un table et discuter, pour que nous puissions vivre dans la paix et dans la stabilité ».

Mamadou Bobo Bah, commerçant au marché de Matoto

Mamadou Bobo Bah, commerçant au marché de Matoto : « aujourd’hui, vous voyez que tout est fermé, parce que les gens ont peur. Depuis hier, tout est à l’arrêt, il n’y a pas de commerce. Les commerçants ne sont pas des hommes politiques, ce ne sont pas des syndicalistes. Les commerçants ont besoin d’être en sécurité, parce que parfois, quand on ouvre ici, il y a des gens malintentionnés qui viennent jeter des cailloux, qui veulent s’attaquer à des boutiques et à des magasins. Ce qui fait que beaucoup ont peur d’ouvrir les magasins pour ne pas être victimes d’attaques. Le seul responsable de ce pays, c’est l’Etat. J’invite toutes les parties à la table des négociations au service de l’intérêt général. Parce que s’ils ne s’entendent pas, il n y aura pas de progrès. S’ils ne s’entendent pas, il n’y aura pas la paix ni la quiétude sociale. On ne parle pas de développement dans la violence. Moi, j’appelle personnellement le président de la République à plus de sagesse. Parce que c’est le premier magistrat du pays, il doit appeler tout le monde à la retenue et dire la vérité aux gens. On peut être président de la République dans un pays, c’est quand il y le calme. Quand on est président, on est président de tout le monde, des opposants et de la mouvance présidentielle. Donc, il ne doit pas se contenter seulement de la mouvance ».

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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