Le procès intenté contre Gnana Doré, directeur général adjoint de la Caisse Populaire d’Epargne et de Crédit, Yété Mali, s’est poursuivi hier, jeudi 23 janvier 2020, devant le tribunal correctionnel de Dixinn. Dans cette affaire, monsieur Doré est jugé pour de présumées malversations financières au détriment de Yété Mali, notamment dans le cadre de l’achat d’une parcelle qui devrait abriter le nouveau siège de l’institution. Pour cette 3ème audience, des témoins clés ont comparu à la barre pour éclairer la religion du tribunal dans cette affaire, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

En effet, la Caisse Populaire d’Epargne et de Crédit, Yété Mali, reproche à Gnana Doré de s’être octroyé des prêts en dehors de toute procédure légale. Elle lui reproche également d’avoir surfacturé l’institution dans l’achat d’une parcelle qui devrait abriter le nouveau siège de Yété Mali. Des accusations rejetées en bloc par le prévenu au cours des deux précédentes audiences.

Après ces deux premières audiences, consacrées à l’audition du prévenu, ce sont les témoins qui ont défilé à la barre ce jeudi. Il s’agit de Karamo Condé, le directeur général de Yété Mali ; de Mamady Mansaré, le responsable administratif et financier ; et de Youssouf Sangaré, le président du Conseil d’Administration (CA).

Appelé à la barre, le directeur général de Yété Mali, Karamo Condé, a expliqué que c’est l’institution qui a manifesté le désir d’avoir un nouveau siège. « A cet effet, au cours d’une assemblée générale, le Conseil d’Administration a mis une commission de recherche d’une parcelle qui n’a aucun problème. C’est ainsi qu’un vaste domaine a été trouvé à Kobaya Plateau, dans la commune de Ratoma. Tout le staff technique s’est déporté sur les lieux. Après toute vérification, la parcelle a été achetée à hauteur d’un milliard de francs guinéens. Chacun a vérifié le terrain et ça a été validé par la signature. Moi j’ai signé, le directeur adjoint a signé l’acte de cession, et le notaire a validé », a dit le directeur.

De son côté, le responsable administratif et financier a dit que c’est Gnana Doré qui présidait la commission de recherche mise en place. Selon Mamady Mansaré, la commission a été mise en place le 2 août 2016 pour l’achat de cette parcelle. « Et le 3 août, l’achat de la parcelle est effectuée par la commission et Cherif Diallo, le cédant de la parcelle, a reçu le montant. Et le 4 août, on a signé l’acte de cession. Mais, la question de surfacturation ne tient pas. Rien n’a été surfacturé », a-t-il soutenu à la barre.

Cependant le représentant de Yété Mali, Labila Doré, soutient mordicus que jusqu’à présent Yété Mali n’est pas en possession de ladite parcelle. « C’est une parcelle de 496 mètres carrés. Mais, jusqu’à date Yété Mali n’est pas en possession de cette parcelle », a-t-il indiqué.

Quand à l’accusation relative à l’octroi de prêts allant jusqu’à 200 millions de francs guinéens par le directeur général adjoint, le président du CA a apporté des précisions. Selon Youssouf Sangaré, « ce sont les membres du Conseil d’Administration qui ont estimé que le directeur général et son adjoint peuvent bénéficier de ces prêts. Cela n’est pas illégal. Le prêt dont Gnana Doré a bénéficié n’est pas hors politique de l’institution. Ce prêt n’est pas frauduleux, il est normal et légal », a-t-il lancé.

Finalement, le tribunal a renvoyé le dossier au jeudi, 6 février 2020, pour la suite des débats et la comparution de Cherif Diallo, celui qui a vendu la parcelle à Yété Mali.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620 589 527/654 416 922

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