Fodé Oussou se fâche : « si tu ne dis rien devant l’injustice, c’est que tu es du côté de l’oppresseur »

Honorable Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG

Comme annoncé précédemment, l’UFDG a tenu son assemblée générale hebdomadaire ce samedi, 25 janvier 2020. Prenant la parole à cette occasion, Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président du parti, a magnifié le caractère pacifique de Cellou Dalein Diallo, précisant qu’il est tout sauf ethnocentriste.

Selon lui, n’eut été son attitude de 2010, la Guinée aurait basculé à l’entre-deux tours de la présidentielle de 2010, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Fodé Oussou Fofana est très en colère contre le pouvoir de Conakry qui veut communautariser le combat du FNDC. Selon lui, Cellou Dalein Diallo a toujours été un homme de paix, rappelant son comportement de 2010. « J’ai eu l’insigne honneur d’être le directeur de campagne du président Cellou Dalein en 2010 et en 2015. Je suis témoin de beaucoup de choses, notamment de l’élection de 2010. Vous savez qu’en 2010, le président Cellou Dalein Diallo a été 1er sur 24 candidats et il a eu à peu près 44%. Monsieur Alpha Condé est venu en 2ème position avec 18%. Vous avez été témoin que le président Alpha Condé a refusé qu’on organise les élections à l’époque, soit deux semaines après le 1er tour. Elles n’ont eu lieu qu’après 4 mois. On a vu les sages de la Haute Guinée se déplacer pour venir dire au président Sékouba Konaté (président de la transition d’alors) qu’ils ne sont pas d’accord et que tant que les 24 points cité par monsieur Alpha Condé ne sont pas réglés, qu’on n’ira pas aux élections. Alpha Condé en a profité pour créer cet empoisonnement bidon. Il a commencé à opposer les ethnies. Ils ont dit clairement que ce sont les Peuls qui ont empoisonné les Malinkés et les Soussous. Les conséquences de ça, c’est qu’à Siguiri, à Kouroussa, à Kankan, on a chassé les Peulhs de ces régions. Ce n’était pas juste. On a pensé à l’époque que la Guinée allait brûler parce que les gens avaient commencé à se révolter au Fouta. J’étais avec le président Cellou Dalein Diallo. Il a pris son téléphone, il a appelé Mamou, Dalaba, Pita, il a appelé en disant je vous prie de ne pas réagir. Ceux qui ont fait ça ne sont pas vos voisins qui sont là-bas. Qu’on ne peut pas créer des problèmes à un Malinké qui est avec vous parce qu’un autre Malinké a mal réagir», a rappelé Fodé Oussou.

Par ailleurs, le vice-président de l’UFDG a dit qu’il croyait qu’Alpha Condé se comporterait comme le président de tous les Guinéens une fois à la magistrature suprême. Parce qu’après ces malheureux évènements survenus en 2010 en Haute Guinée, de larges sensibilisations avaient été faites dans ce sens. « Il ne faut pas qu’on tombe aujourd’hui dans le piège. Quand on parle de l’axe Hamdallaye-Bambéto et Cosa, croyez-moi qu’il n’y a pas que les Peulhs sur cet axe. Il y a 129 jeunes tués, mais croyez-moi, que parmi ces jeunes, il y en a qui ont leur mère soussou, qui ont des liens avec des malinkés. Personne ne peut dire que lui il est peulh, malinké ou soussou à 100%. Parce que si tu es peulh, tu épouse une femme malinké, l’enfant que vous aurez sera peulh et malinké à la fois. C’est ce combat que nous, nous avons envie de mener avec le président Cellou Dalein Diallo. Et quand nous écoutons le président Cellou Dalein, nous sommes fiers de lui. Monsieur le président nous ne sommes pas derrière vous parce que vous êtes le président du parti. Vous n’avez jamais dit un seul jour lors de nos échanges en confidence, vous n’avez jamais parlé spécifiquement de Labé, Pita, Dalaba, vous ne prononcez pas ces mots. Vous ne parlez que de la Guinée. Nous, nous ne sommes pas Peulhs, mais nous sommes avec vous parce que vous défendez des valeurs », a-t-il laissé entendre.

En outre, Fodé Oussou a dit sa tristesse de voir des gens tués par balles à l’occasion des manifestations en Guinée, sous le silence coupable des collaborateurs du Chef de l’Etat. « Je suis choqué, je suis révolté, quand on tue et vous voyez des gens auprès de monsieur Alpha Condé, incapables de lui dire la vérité. Dans une situation d’injustice, si tu ne dis rien, c’est que tu es du côté de l’oppresseur. Monsieur le président de l’UFDG, croyez-moi qu’au tour de vous : Alain Touré, Kalémodou Yansané, et moi-même, si on se retrouvait pour que vous parlez d’une région, on ne serait pas là. Je ne sais pas comment ces gens-là peuvent rester à côté de monsieur Alpha Condé qui tient des discours ethniques ; des gens qui sont des Peulhs quoique l’on dise et ils sont là-bas ils sont peulhs, ils devaient se retrouver et dire la vérité à Alpha Condé. Si j’étais à la place de Bah Ousmane, de Mouctar Diallo, de Bantama Sow, de Tibou Kamara, je n’aurai que deux choix : lui dire que monsieur le président ce que vous êtes en train de faire n’est pas normale ; s’il n’accepte pas, je démissionne », a-t-il indiqué.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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