La situation devient plus en plus grave à Labé avec la militarisation de la commune urbaine. De leurs lits d’hôpital, des malades qui étaient sous traitement, ont décidé de quitter les lieux pour rejoindre leurs domiciles respectifs. Une situation qui inquiète les citoyens et le premier responsable de l’hôpital régional, Dr Ataoulaye Sall, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La situation est préoccupante à Labé avec la militarisation de la ville. Les citoyens sont désormais interdits d’accéder à l’hôpital par les militaires qui renvoient tout le monde. D’autres malades ont d’ailleurs quitté les lieux, craignant pour leur sécurité. Cette situation a commencé depuis le vendredi, 24 janvier 2020, lorsqu’un nombre important de patients ont décidé de rentrer à leurs domiciles.

Au chevet de son parent, Mamadou Oury Barry, citoyen venu de Timbi Madina, dans la préfecture de Pita, qui n’a pas de proches à Labé, est très inquiet de la situation. N’ayant pas le choix, il est à l’hôpital régional de Labé. « Je suis au chevet de mon petit frère qui est malade. Mais à vrai dire, la situation nous inquiète. Tous ceux qui ont des parents proches dans la ville ont quitté l’hôpital régional. C’est nous qui avons quitté loin, dans les sous préfectures périphériques, qui restons à présent à l’hôpital. Sinon tous les autres sont sortis. Certains ont été portés au dos, d’autres même sur des brancards, transportés par leurs parents pour les ramener à leurs domiciles respectifs. Nous sommes là malgré nous, car nous avons la peur au ventre. Mais, on s’en remet à Dieu ».

Dr. Attaoulaye Sall, Directeur Général de l’hôpital régional de Labé

Dr. Attaoulaye Sall, Directeur Général de l’hôpital régional de Labé

Le directeur régional de l’hôpital, partage la peine de ses patients tout en précisant que même son personnel parvient difficilement à rallier l’hôpital pour faire leurs activités. D’où la mise en place d’un service minimum pour sauver la vie des patients. « Le problème, c’est que les voies d’accès menant à l’hôpital à tous les niveaux sont bloquées. Les malades, quand ils viennent, ils ont du mal à rentrer à l’hôpital. Puisque les forces de l’ordre sont là, dès qu’ils viennent, ils leurs disent de quitter. Donc, ça ne peut pas aller comme ça. Tous ceux qui sont à l’hôpital n’arrivent pas à trouver à manger. J’étais obligé d’appeler le préfet pour attirer son attention pour qu’il fasse quelque chose, pourvu que ceux qui envoient du manger aux malades puissent avoir accès, que le personnel aussi puisse avoir accès. Mais, toutes les voies sont fermées. Nous fonctionnons actuellement avec un service minimum », a Dr Ataoulaye Sall.

Depuis Labé Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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