Les violences meurtrières enregistrées ces derniers jours en Guinée suite aux manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont polarisé les débats à l’assemblée générale du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES) ce samedi, 25 janvier 2020. Mohamed Kaba, coordinateur chargé des affaires administratives du parti, a dénoncé ces assassinats qui ont eu lieu à Labé avant de fustiger la volonté d’Alpha Condé de confisquer le pouvoir, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

D’entrée de jeu, Mohamed Kaba a dénoncé la barbarie des forces de l’ordre, accusées d’avoir tué 3 personnes à Labé le jeudi, 23 janvier 2020. « Nous avons connu une semaine émaillée de beaucoup de violences, une semaine émaillée d’inhumanité où nous avons vu des principes sacro-saints de notre culture violés t rejetés, profanés. Nous avons vu des imams qui ont été traités de façon misérable, nous avons même vu des gens qui étaient dans l’exercice de leur métier, je veux parler de l’ambulancier qui a été battu à mort, c’est inadmissible et intolérable. Et il faut que la justice soit faite, la vie humaine est sacrée et protégée par le créateur lui-même, on ne peut pas la violer comme on est en train de le faire actuellement. C’est extrêmement grave et ça doit attirer l’attention de toute la population guinéenne et tous les humains de façon générale », a dit monsieur Kaba.

Pour Mohamed Kaba, le pouvoir du président Alpha Condé est responsable de toutes ces violences que connait le pays actuellement. « Toutes les violences que nous avons aujourd’hui sont la responsabilité de ce pouvoir. Pourquoi ? Parce qu’il va dans un sens qui n’est pas celui sollicité par le peuple de Guinée, il va dans un sens où il offusque le peuple de Guinée, il va dans un sens où il veut priver le peuple de Guinée de ses droits, les plus importants et fondamentaux. C’est ça la vérité. Il n’y a aucun problème, le véritable problème, c’est un problème de holdup, c’est un problème de nous confisquer nos droits », accuse-t-il.

En outre, le coordinateur chargé des affaires administratives du PADES a critiqué la volonté du gouvernement de coupler les législatives avec le référendum constitutionnel. « Vous avez vu dans quel contexte on organise les élections législatives sont entrain d’être réalisées. Nous avons suffisamment parlé de ça ici, tout est fait pour ne pas qu’il y ait d’élections crédibles. Rien n’est fait pour qu’il y ait la paix. Parce que la paix est un processus. Lorsque les éléments de ce processus ne sont pas respectés, nous entrons dans un cycle qui n’est pas bon. Et aujourd’hui, nous avons un pouvoir qui ne fait qu’exacerber cela. Vous avez suivi le jeudi dernier, le compte-rendu du conseil des ministres, où le gouvernement demande au président de la République de coupler les législatives avec le référendum pour le troisième mandat ? Ça prouve à suffisance, pour ceux qui ont encore un minimum de doute, ça prouve à suffisance que la volonté exprimée par ce pouvoir, c’est de se maintenir vaille que vaille, c’est de le confisquer, c’est de rester et faire en sorte que la personne pour laquelle il se bat meurt au pouvoir, c’est ça la vérité ».

Pour finir, Mohamed Kaba invite les guinéens à ne pas céder à la manipulation du pouvoir qui veut dénaturer le combat du FNDC contre le 3ème mandat. « Il faut préciser qu’ils sont entrain de nous entraîner vers une pente glissante. Quelle est cette pente ? C’est la pente l’ethno-stratégie. Il faut faire attention. Aujourd’hui, le pouvoir est entrain de nous amener vers ce terrain. Le FNDC n’est pas dans l’ethnocentrisme, le FNDC n’est pas dans le communautarisme, n’est pas dans le régionalisme. Le FNDC, c’est pour défendre la Constitution et les Droits. Il faut le FNDC reste dans cette dynamique et ne se laisse pas distraire. On est entrain aujourd’hui de détourner ou de vouloir diaboliser cette mode de lutte vers un terrain que nous refusons d’emprunter. Ce chemin, nous n’allons jamais l’emprunter. Nous savons que les Guinéens sont tous des frères et sœurs et nous n’allons pas accepter qu’on parle d’ethnie, de région, ou qu’on parle de communauté », a-t-il laissé entendre.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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