Manifestations contre le 3ème mandat : 4 jeunes libérés à Kaloum

Le procès des quatre jeunes interpellés en marge de l’appel du FNDC à une résistance citoyenne, active et permanente contre le 3ème mandant pour Alpha Condé a pris fin ce lundi, 27 janvier 2020, au tribunal de première de Kaloum. Après les réquisitions et plaidoiries des parties au procès, le tribunal n’a rien retenu contre Alsény Bangoura, Almamy Mohamed Bangoura, Abdoulaye Diallo et Mamadouba Sylla. Ils ont été tout simplement été libérés pour délit non constitué, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les quatre prévenus ont été arrêtés la semaine passée à Kaloum dans le cadre des manifestations du FNDC contre le 3ème mandat pour Alpha Condé. A la barre, ils ont nié les faits d’attroupement illégal et de troubles à l’ordre public mis à leur charge.

Dans ses réquisitions, le procureur Ousmane Sankhon n’a pas tourné autour du pot, laissant entendre que les faits ne sont pas établis contre les quatre prévenus. Il a également dénoncé les excès des policiers qui veulent à tout prix trouver un coupable. « Dans cette affaire, ces jeunes sont poursuivis pour attroupement illégal et troubles à l’ordre public. Pour qu’il y ait troubles à l’ordre public, il faudrait que de paisibles citoyens soient perturbés dans leurs activités ou qu’ils soient indisposés à vaquer à leurs occupations. Ces jeunes ont été interpellés de nuit, en train de surveiller des marchandises. Les policiers font souvent dans l’excès car, pour eux, il faut toujours trouver un coupable. Puis que le rôle du ministère public c’est poursuivre à charge et à décharge, nous requérons le renvoi de ces gens purement et simplement pour des fins de la poursuite en application de l’article 544 du code de procédure pénale », a-t-il requis.

Profitant de cette brèche ouverte par le ministère public, l’avocat de la défense, maître Thierno Souleymane Barry, a remercié le procureur avant de dénoncer les péripéties que ces jeunes ont vécu. « Nous remercions le ministère public pour ses réquisitions sages dans la direction d’une bonne justice. Cela n’empêche pas pour autant de dénoncer ici un procès politique, intenté contre ces pauvres jeunes qui n’ont rien à voir avec la politique. Ils ne sont même pas instruits. Ce sont des portefaix qui travaillent au marché Niger et qui gagnent 55 mille GNF lorsqu’ils débarquent et surveillent des marchandises. Comment peut-on troubler à l’ordre public quand on dort ? Il y en a parmi eux qui ont été arrêtés alors qu’ils dormaient. C’est dans ces conditions qu’ils ont été conduits dans un camp militaire avant d’être déférés à la DPJ (Direction de la Police Judiciaire) quelques jours plus tard », a fait savoir l’avocat

Pour la défense de ses clients, l’avocat a demandé l’application stricte de la loi en demandant leur libération pure et simple. « Ces jeunes sont des innocents. Les débats ont démontré ici qu’ils ne sont ni de près ni de loin liés à une quelconque manifestation, encore moins à un trouble à l’ordre public. S’il y a eu des troubles à l’ordre public, ce n’est pas ces jeunes gens qui en sont auteurs. Nous demandons donc qu’il vous plaise de les renvoyer tout simplement des fins de la poursuite. En le faisant, vous aurez rendu une bonne et juste décision à ces jeunes et au peuple de Guinée. En principe, c’est toute la Guinée qui doit des excuses à ces quatre jeunes », a-t-il laissé entendre.

Dans le verdict, le tribunal a suivi les réquisitions du procureur et les plaidoiries de la défense en renvoyant les quatre jeunes gens des fins de la poursuite pour délit non constitué. Il a été ordonné leur remise en liberté immédiate, conformément aux dispositions des articles 627 et suivants du code pénal et 544 du code de procédure pénale.

Alsény KABA pour Guineematin.com

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