Après le choc, ce fut la consternation pour la famille de Mamadou Moussa Barry, le jeune forgeron de 20 ans, tué par balle dans la nuit du lundi au mardi, 28 janvier 2020, à Cosa. En effet, les hôpitaux sino-guinéen et Ignace Deen de Conakry ont refusé de recevoir le corps du défunt dans leur morgue. Ce qui a obligé sa famille à l’inhumer plus tôt que prévu, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans la matinée du mardi, les proches de la victime et certains membres du FNDC ont pris son corps pour l’emmener à la morgue de l’hôpital de l’amitié sino-guinéenne de Kipé, où ils souhaitaient le garder le temps de prendre des dispositions pour organiser ses obsèques. Mais, les responsables de cet hôpital public ont refusé de recevoir le corps dans leur morgue. La délégation qui accompagne le corps a continué à l’hôpital Ignace Deen de Conakry. Mais là aussi, le corps de Mamadou Moussa Barry a été rejeté. Ils ont dû finalement ramener le corps dans la famille mortuaire pour l’inhumer le même jour. Une situation que déplore profondément Mamadou Issa Barry, oncle du défunt.

Mamadou Issa Barry, oncle de feu Mamadou Moussa Barry

« Mamadou Moussa Barry a été frappé et tué le matin par des gendarmes alors qu’il se rendait à l’atelier de son papa, qui est actuellement souffrant. Mais ce qui me fait le plus mal, c’est le fait qu’on ait refusé de recevoir son corps à la morgue des hôpitaux visités. Nous nous sommes d’abord rendus à l’hôpital sino-guinéen de Kipé. Là, des documents ont été faits, les renseignements ont été pris par les médecins. Mais, dès qu’ils se sont rendus compte qu’il a été tué par balles, ils (les médecins) ont retiré les documents qu’ils nous avaient donnés et nous ont intimé de reprendre le corps de Mamadou Moussa Barry pour l’emmener à l’hôpital Ignace Deen. Alors, nous avons pris le corps pour aller à l’hôpital Ignace Deen. Là-bas, les médecins nous ont dit que pour recevoir le corps de notre enfant, il faudrait qu’ils aient l’accord de l’autorité. Donc, puisqu’on a compris qu’ils ne veulent pas eux aussi recevoir le corps, nous avons jugé utile de l’enterrer parce que c’est depuis le matin qu’il a été tué », a-t-il dit.

Amadou Barry, ami de feu Mamadou Moussa Barry

Mamadou Moussa Barry a été inhumé dans l’après-midi du mardi, 28 janvier 2020, au cimetière de Bantounka. De nombreuses personnes se sont mobilisées pour l’accompagner à la dernière demeure. Parmi eux, Amadou Barry, témoin oculaire du meurtre de son ami. « J’étais en compagnie de Mamadou Moussa Barry lorsqu’il a été tué. Mon ami a d’abord été arrêté par les forces de l’ordre qui lui ont fait ramasser des pneus qui étaient brulés sur la route. Ensuite, les agents ont commencé à le frapper violemment. Quand nous avons voulu lui venir en aide, les agents qui le frappaient ont appelé des renforts. Et quand il a voulu s’enfuir, ils lui ont tiré dessus au niveau de l’abdomen », a révélé le jeune homme.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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