Pour la deuxième fois en une semaine, le SLECG a tenu une assemblée générale ce samedi, 1er février 2020, à son siège national sis à Donka (Conakry). La rencontre a regroupé des enseignants membres de l’organisation syndicale venus de la capitale et de certaines préfectures voisines. Une occasion pour Aboubacar Soumah de galvaniser les troupes et inciter les enseignants à poursuivre la grève déclenchée il y a trois semaines par le SLECG, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Aboubacar Soumah, secrétaire général du SLECG

« Nous allons continuer la grève tant que le gouvernement ne fait pas appel à nous SLECG, pour qu’on négocie avec une proposition sur les 8 millions de francs guinéens et l’engagement des contractuels à la fonction publique. Tant que cela n’est pas fait, nous allons continuer la grève quelles que soient les conséquences » a annoncé le secrétaire général du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée.

Le bouillant syndicaliste déplore l’attitude du gouvernement guinéen qui, dit-il, au lieu de chercher à négocier avec le SLECG pour mettre fin à sa grève, tente plutôt de faire croire que tout va bien à l’école. « Ils disent que les élèves sont en classes, les enseignants sont en classes et les cours vont bon train. Quel mensonge ? Aujourd’hui, ils sont allés faire composer les enfants par des bandits qu’ils ont ramassés dans les quartiers. Les enfants sont là, ils voient la vérité ; les parents sont là, ils voient la vérité.

Et après tout maintenant, ils vont dire que c’est le SLECG. Alors que dans les conditions normales, une grève qui fait trois jours, une semaine, il faudrait faire appel à l’institution qui l’a déclenchée pour négocier. Si on a une conscience, si on est soucieux de l’avenir du pays, on ne peut pas trainer une grève jusqu’à deux mois ou trois mois sans appeler cette institution pour que vous puissiez négocier et trouver la solution. C’est en Guinée seulement qu’on peut trouver ça », a dit Aboubacar Soumah.

Le leader du SLECG a regretté par ailleurs, le gel des salaires des enseignants grévistes constaté dans plusieurs localités du pays. Mais malgré cette situation, il exhorte les membres de son organisation syndicale à ne pas abandonner le combat. « Ils disent que nous sommes pauvres, on ne peut pas résister. Ils n’accordent aucun respect à notre corporation. Donc chers camarades, acceptons de souffrir et abandonnons ce salaire-là. Continuez à observer la grève !

C’est le moment pour nous de faire attention pour ne pas être manipulés par les petits directeurs d’établissements et les petits DPE qui vous disent de venir. Nous sommes en grève, et en temps de grève, il n’y a pas de contact entre les autorités et vous. C’est la loi qui nous le confère. N’ayez pas peur, personne ne sera radié », a rassuré le secrétaire général du SLECG.

Il en profité aussi pour faire appel à toutes les bonnes volontés à soutenir les enseignants dont les salaires sont gelés en cette période difficile. « Nous demandons aux commerçants de bien vouloir accepter d’octroyer des crédits aux enseignants pour que nous puissions traverser la crise. Nous demandons à toutes les personnes de bonne volonté de faire face aux enseignants pour que nous puissions traverser cette crise », a-t-il lancé.

A rappeler que le SLECG dirigé par Aboubacar Soumah a appelé ses membres à observer une grève générale et illimitée à partir du 9 janvier 2020. Ces enseignants réclament ainsi une proposition du gouvernement par rapport à leur revendication relative à l’obtention d’un salaire mensuel de 8 millions de francs. En guise de représailles, le gouvernement a bloqué les salaires de nombreux enseignants grévistes au compte du mois de janvier.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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