La suspension des manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) suite à la rencontre avec les religieux et les exactions des forces de l’ordre sur les civiles à Conakry sont les principaux débattus ce samedi 1er février 2020, à l’Union des Forces Républicaines. La rencontre, tenue au siège du parti à Matam, a mobilisé les responsables du bureau politique de l’UFR et de nombreux militants, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Honorable Ibrahima Bangoura, vice-président de l’UFR

Dans son intervention, l’honorable Ibrahima Bangoura est revenu sur le contenu de la rencontre entre le FNDC et les religieux et qui a favorisé la détente actuelle. « Au cours de cette rencontre, il s’agissait pour le Conseil National des Religieux de Guinée de présenter au FNDC la déclaration qu’ils avaient faite la veille. Mais lors de cette rencontre, beaucoup de déclarations importantes ont été faites. La première, c’est celle faite par le Conseil National des Religieux de Guinée, qui a demandé trois choses. La première chose, c’est de demander au pouvoir en place de suspendre l’organisation des élections législatives jusqu’à ce que les parties prenantes au processus se retrouvent pour l’organisation d’élections justes, libres, crédibles, indépendantes et inclusives. Après, ils ont demandé à ce que le FNDC suspende ses activités, notamment les manifestations jusqu’à ce que ce qui est prévu au niveau du dialogue aboutisse. Après, le coordinateur national du FNDC, a pris la parole, en disant que tout ce qui s’est passé, ne s’est passé sans qu’il n’ait pris des précautions auprès de tout le monde. Il a dit que le FNDC, avant de commencer ses manifestations a rencontré le Conseil National Religieux. En leur disant que le président de la République et le pouvoir veulent organiser en Guinée un troisième mandat, mais que ce troisième mandat était contre notre constitution sur laquelle le président de la République avait prêté serment deux fois… Donc, en cas de violation de cette constitution, en s’obstinant à organiser les élections pour que lui il s’adjuge un troisième mandat, que le FNDC allait se dresser en bloc contre un seul homme, contre parjure et que malheureusement, cet avertissement n’a pas eu écho. C’est pourquoi, avec l’obstination du pouvoir, ils ont enclenché les évènements que nous avons connus depuis le 14 octobre 2019 », a expliqué monsieur Bangoura.

Honorable Saïkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR

Abondant dans le même sens, l’honorable Saïkou Yaya Barry, n’a pas été tendre avec Alpha Condé. « Nos leaders sont respectueux des valeurs qui régissent notre société. Il est de notre devoir en tant que musulman ou chrétien, d’écouter l’imam ou le prêtre, qui prêche la vérité, le soutien mutuel entre les citoyens. Ceux-là sont au-dessus de la politique. Il était de notre devoir d’accepter la demande de ceux-là qui s’arrêtent devant nous pour prier. C’est ce qu’on a fait. De l’autre côté, nous savons qu’Alpha n’a aucune considération pour les religieux. Nous savons qu’il gère le pays avec arrogance, avec dédain. Pour lui, le guinéen ne représente absolument rien. Il nous considère tous comme des sujets. Il veut nous utiliser comme des bêtes sauvages. C’est ce que nous ne pouvons pas accepter pour lui. On ne pourra jamais accepter qu’il nous colonise de nouveau, lui seul avec son système. Mais pour nous, c’est un devoir parce que nous sommes musulmans ou chrétiens de respecter ce qu’ont dit nos religieux. Ce gouvernement se comporte comme s’ils étaient des renégats, comme s’ils n’étaient pas des personnes. Des hors-la-loi. Alpha s’en fout des religieux », a-t-il martelé.

Honorable Hadja Aissata Daffé, présidente des femmes de l’UFR

Pour sa part, la députée Hadja Aissata Daffé, a montré son indignation face aux exactions commises sur les citoyens par les forces de l’ordre, notamment la dame utilisée comme « bouclier humain » par les forces de sécurité à Wanindara. « Au nom de toutes les femmes républicaines ici présentes, d’ici jusqu’à N’zérékoré, jusqu’à Yomou, à l’étranger, nous condamnons fermement les actes subis par madame Fatoumata Bah à Wanindara. Vraiment, c’est regrettable. C’est inimaginable qu’on puisse détenir une femme de la sorte. Alors, nous profitons de l’occasion pour demander au gouvernement que vraiment ceux qui ont eu à traîner, à faire subir ces exactions à madame Bah, soient traduits devant la justice. »

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel: + 224 622 07 93 59

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