Guinée : « Alpha Condé a peur de l’UFDG »

Honorable Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG

Comme annoncé dans nos précédentes dépêches, à l’absence de Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG, c’est son vice-président, Dr. Fodé Oussou Fofana, qui a présidé l’assemblée générale hebdomadaire d’hier, samedi 1er février 2020. Ce dernier a mis l’occasion à profit pour prévenir qu’il n’y aura aucun référendum constitutionnel en Guinée.

Dr Fodé Oussou Fofana a aussi ajouté que, dans les conditions actuelles, il n’y aura pas d’élections dans le pays. Tout en dénonçant le processus électoral en cours, le président des libéraux-démocrates à l’Assemblée nationale a dit que le président Alpha Condé a peur de l’UFDG, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était au siège de la principale formation politique d’opposition en Guinée.

Selon le vice-président de l’UFDG, le problème actuel de la Guinée (la crise politique) n’est pas compliqué. Mais, dit-il avec insistance, le président Alpha Condé a peur d’aller à la compétition. « Ce qu’on demande à monsieur Alpha Condé, c’est d’organiser des élections. Mais, il a peur de l’UFDG. Il a tellement peur qu’il ne veut pas aller en compétition avec nous. Sinon, si le RPG est un parti, monsieur Alpha Condé pense qu’il va gagner, il devait organiser les élections crédibles et transparentes », a dit Dr Fodé Oussou Fofana.

Selon lui, l’UFDG a bien fait de ne pas accepter le fichier électoral actuel. Car, estime-t-il, ce fichier fait la honte de l’Afrique.

« Vous voulez organiser des élections avec un fichier électoral où il y a huit millions et quelques personnes. Vous voulez organiser les élections où, à Dakar, en Angola, au Foutah, partout où vous ne pouvez pas gagner, vous refusez qu’on enrôle les gens. A visage découvert, vous mettez des enfants de 10 ans dans le fichier. La moyenne du corps électoral, c’est entre 35 et 40% dans la sous-région. Nous sommes à 70% en Guinée. On demande qu’il corrige, il dit qu’il ne va pas le faire. D’ailleurs, on a eu une occasion. Comme l’UFDG ne vient pas, c’est mieux… vous voyez même certains partis dire à Alpha : ‘’pardon, il ne faut pas que l’UFDG vienne. Parce que c’est la seule occasion pour nous d’être députés’’. Je vais vous dire clairement, nous avons bien fait de ne pas nous associer à ça. Si on s’était associé à ça, on serait tenu comptable de ce fichier électoral qui fait la honte de l’Afrique. Personne ne soutient monsieur Alpha Condé avec ça », a indiqué Dr Fodé Oussou Fofana.

Parlant des conditions de l’UFDG pour aller aux élections législatives, le vice-président de la principale formation politique d’opposition en Guinée estime qu’ils n’ont pas changé de discours.

« Nous avons dit que nous voulons des élections crédibles. Les conditions que nous avons posées sont très claires. Il faut qu’on finisse d’abord avec les élections communales, il faut que le fichier électoral reflète la réalité, il faut qu’on ait une CENI (commission électorale nationale indépendante) avec un président qui est neutre et il faut que monsieur Alpha Condé renonce à son projet de troisième mandat », a-t-il dit.

S’agissant de la suspension des manifestations du FNDC contre le troisième mandat pour le président Alpha Condé, ce cadre du bureau politique national de l’UFDG a rassuré qu’ils vont honorer la promesse qu’ils ont faite aux leaders religieux. Cependant, il précise que le chef de l’Etat a déjà donné sa réponse sur la question.

« Nous sommes dans un pays à 90% musulmans. Nous tenons compte non seulement des musulmans ; mais, aussi, des chrétiens… Nous avons rencontré les imams qui nous ont dit : ‘’nous vous demandons de sursoir à vos manifestations. Donnez-nous une semaine, nous allons voir si on peut infléchir la position du président… Nous avons accepté cette demande. Mais, lui (Alpha Condé), il a déjà réagi. Il a déjà démontré à la face du monde que les imams, les archevêques, ne sont pas son problème. Parce que s’il avait du respect et de la considération pour ces personnalités, il n’aurait pas dit à Fria qu’il va faire son référendum, vaille que vaille… Si un individu comme Bantama Sow va à Mamou pour faire la campagne, c’est parce que nous avons du respect pour les imams. Sinon, même si tu donnes de l’alcool, de la drogue à Bantama Sow, il ne peut pas tenir un discours à Mamou. Parce qu’on va lui rappeler que nous sommes dans une République et que nous ne sommes pas d’accord… Nous avons donné une semaine aux imams. On espère qu’ils vont aller rencontrer monsieur Alpha Condé et venir nous faire le compte rendu. Ils vont dire que vous (le FNDC) nous avez respecté ; mais, lui (Alpha Condé), il a dit qu’il n’a pas de respect pour nous. A Partir de maintenant, on vous laisse. L’imam va enfin quitter ; et, nous allons faire le combat avec monsieur Alpha Condé. On va voir qui est qui. Parce que quand vous respectez la vérité, vous vous battez pour la justice, vous n’avez pas le droit d’avoir peur », a expliqué Dr Fodé Oussou Fofana.

Visiblement très déçu de l’entêtement du président Alpha Condé d’aller au référendum (malgré la situation actuelle du pays), le vice-président de l’UFDG a prévenu qu’il n’y aura ni référendum, ni élections.

« Ce n’est pas parce que vous criez, vous voulez être député, qu’il y aura le référendum. Je vous dis ici et maintenant qu’il n’y aura pas de référendum dans ce pays… Pourquoi, parce que monsieur Alpha Condé n’écoute personne. Dans la constitution actuelle, rien ne l’autorise à changer de constitution. Ses prérogatives s’arrêtent dans les amendements… Selon monsieur Alpha Condé, dans la nouvelle constitution, il y a l’égalité entre l’homme et la femme. Il parle aussi de la protection de l’écologie, le partage des revenus miniers et un fonds pour la jeunesse… ça fait pitié. Et, je comprends pourquoi le porte-parole de la mouvance présidentielle a dit qu’avec cette nouvelle constitution, la Guinée va sortir de la misère et de la précarité. Tout ce qu’on demande à monsieur Alpha Condé c’est d’organiser les élections et partir… Si monsieur Alpha Condé ne respecte pas l’imam et l’archevêque, il pense qu’il peut faire ce qu’il veut… il oublie qu’il est président parce que les Guinéens l’ont élu président, il trouvera le peuple de Guinée- comme en 1958- débout devant lui. Nous restons fermes. Il n’y aura pas de référendum, il n’y aura pas d’élection », a martelé Dr Fodé Oussou Fofana.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tél. : 622 97 27 22

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