Dans la matinée de ce lundi, 03 février 2020, les élèves du lycée-collège de Kountia (situé dans la préfecture de Coyah) sont sortis massivement pour manifester dans la rue. Et, ce n’est pas simplement l’absence de leurs enseignants (en grève) qui a énervé ces élèves. Ils se sont surtout sentis provoqués par ce qu’ils ont appelé la fausse impression de la direction de l’école qui fait croire que les cours se déroulent normalement en cette période de grève générale du SLECG.

Comme c’est le cas dans plusieurs écoles publiques de la Guinée, depuis le déclenchement de la grève du SLECG, le 09 janvier dernier, les élèves du lycée-collège de Kountia étaient dans la rue ce matin pour réclamer le retour des professeurs en classe. Interrogé par un reporter de Guineematin.com qui est arrivé peu après cette manifestation, Tamba Charles Kagbadouno, président du comité de coordination du lycée-collège de Kountia a dit que les cours ne sont plus donnés dans cet établissement scolaire.

Tamba Charles Kagbadouno, président du comité de coordination du lycée-collège de Kountia

« On voit que la direction n’est pas là pour soutenir une éducation générale. Quand c’est chaud, la direction ne soutient que son côté. On a appris que la direction a dit que ça étudie bien ici. Lorsque l’inspection est venue dans notre école pour s’enquérir des réalités, la direction, au lieu de dire que ça n’étudie pas, a dit que ça étudie bien. Étant des leaders avertis, on a fait une réunion avec tous les membres du comité de coordination et tous les chefs de classe pour faire une sensibilisation et aussi faire un appel collectif pour sortir dans la rue afin de montrer que ce que nos responsables disent n’est pas vrai », a-t-il révélé, précisant que c’est seulement quatre professeurs qui, par pitié, acceptent de leur donner normalement les cours.

Bouna Kouyaté, proviseur du lycée Kountia

Pour sa part, Bouna Kouyaté, proviseur du lycée Kountia, a reconnu que les cours se déroulement partiellement dans son école depuis le déclenchement de la grève du SLECG.

« Depuis le début de cette grève le 09 janvier, les cours se déroulent partiellement ici au lycée-collège de Kountia. Parce que sur les 37 professeurs programmés, 10 seulement ne viennent pas. Eux, ils ont accepté de suivre la grève. Sinon, les autre viennent donner les cours », a soutenu le proviseur.

Concernant la manifestation de ses élèves ce matin, Bouna Kouyaté a révélé qu’il était au courant du mécontentement qui couvait. « C’est hier que j’ai reçu des informations comme quoi les enfants disent qu’ils veulent voir la totalité des professeurs. Alors, j’ai dit que je ne comprends pas. Mais, dans tous les cas, attendons le matin pour essayer de les sensibiliser pour leur dire qu’il y a eu une négociation entre le gouvernement et le syndicat et que les professeurs allaient bientôt reprendre les cours. Après la montée des couleurs, on a vu un débrayage total. Ils ont dit qu’ils ne rentrent pas en classe et qu’ils veulent faire une marche pacifique. Tout est parti de là… », a expliqué proviseur du lycée-collège de Kountia.

Interrogé sur les accusations selon lesquelles la direction fait croire que ça étudie bien au lycée-collège de Kountia, Bouna Kouyaté a nié, soutenant que la totalité des professeurs ne viennent pas.

Bouna Kouyaté, proviseur du lycée Kountia

« Comment on fait croire que ça étudie bien ? On ne le fait pas croire ! La totalité des professeurs ne viennent pas. Mais, les professeurs qui viennent font cours ; les cahiers et les registres en font foi. En tout cas, la totalité des professeurs ne viennent pas ; ça, je persiste et signe. Ceux qui viennent donnent normalement les cours ; mais, c’est quand ils ont cours qu’ils viennent à l’école. Ils suivent l’emploi du temps. Aujourd’hui par exemple, dix étaient présents. Je ne sais pas si c’est une manipulation ; mais, les professeurs qui viennent émargent dans le cahier pour dire que j’ai donné tel cours », s’est défendu le proviseur du lycée Kountia.

Enfin, Bouna Kouyaté a profité de notre entretien pour demander aux élèves de reprendre le chemin de l’école.
« Les élèves doivent revenir en classe et accepter de communiquer avec la direction. D’abord, c’est la première remarque. Je leur ai dit pourquoi ne pas venir poser le problème à monsieur le proviseur que nous voulons tel ou tel professeur ? Tous les jours, on remonte la situation exacte de l’école à la DPE. Il n’est pas dit que les professeurs ne viennent du tout à l’école ; ça, je ne suis pas d’accord ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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