Près d’un mois après le début de la grève appelée par le SLECG dirigé par Aboubacar Soumah, le préfet de Labé s’active pour tenter de dénouer la crise. C’est dans ce cadre qu’Elhadj Safioulaye Bah a réuni les acteurs concernés hier, dimanche 2 février 2020. Mais, sa proposition de mettre fin à cette grève a été rejetée par les enseignants grévistes, rapporte un correspondant de Guineematin.com sur place.

Depuis le 9 janvier 2020, date du début de la grève des enseignants déclenchée par le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée, les cours sont fortement perturbés dans les écoles publiques de la préfecture de Labé. Face à cette situation qui perdure, le préfet a décidé de s’impliquer pour essayer de convaincre les enseignants à reprendre le travail. Elhadj Safioulaye Bah a convoqué une réunion regroupant les responsables et plusieurs membres du SLECG à Labé, les autorités éducatives (IRE et DPE), des élèves et parents et d’élèves de la ville.

Le préfet a exprimé sa préoccupation face à cette crise au sein du système éducatif avant d’exhorter les enseignants à accepter de reprendre les cours dès ce lundi, 3 février 2020. « La situation que nous traversons actuellement dans le système éducatif guinéen est préoccupante. Nos enfants ne vont pas à l’école et pourtant nous nous souvenons encore des années précédentes au cours desquelles, Labé a enregistré des taux d’échec qui ne nous honorent pas. Nous ne voulons pas que l’histoire se répète. Et si nous ne faisons pas attention, d’ici 10 ans, Labé n’aura aucun cadre dans la fonction publique. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que le recrutement à la fonction publique se fait par voie de concours.

Et avec le concours, c’est les meilleurs qui seront sélectionnés. Mais l’allure avec laquelle va le système éducatif surtout dans notre région, si ça continue comme ça, difficilement on trouvera des cadres de la fonction publique issus de la région administrative de Labé, surtout avec le départ à la retraite de ceux qui sont en fonction actuellement. C’est pourquoi, je vous demande, vous les enseignants, d’accepter de reprendre les cours ce lundi, 3 février 2020, pour sauver l’éducation de nos enfants en attendant qu’une sortie de crise ne soit trouvée », a sollicité Elhadj Safioulaye Bah.

 

L’inspecteur régional de l’éducation, Bato Donzo, la directrice préfectorale de l’éducation, Hadja Aïssatou Diouldé Diallo ainsi que des élèves réunis en collectif, ont appuyé cet appel du préfet, souhaitant tous que les enseignants acceptent de reprendre le travail dès ce lundi. Mais, c’était compter sans la détermination des membres du SLECG. Ces derniers ont répondu qu’ils ne reprendront le chemin de l’école que le gouvernement acceptera de négocier avec leur syndicat pour trouver une solution consensuelle.

Abdoulaye Diountou Diallo, chargé de l’organisation du SLECG au niveau régional

« La grève continue pour la simple raison que l’Etat fait la sourde oreille à nos revendications et refuse de trouver une solution à la crise. Pire, au lieu de négocier avec le SLECG version Aboubacar Soumah, le gouvernement a fait appel à des syndicats fantômes pour désamorcer la bombe (signer un accord, ndlr). Nous disons donc au préfet et aux autorités éducatives de Labé que nous ne pouvons pas mettre fin à la grève en cours et que celle-ci doit continuer jusqu’au bout », a déclaré Abdoulaye Diountou Diallo, chargé à l’organisation du bureau préfectoral du SLECG à Labé.

Avant de lever la séance, le préfet de Labé a demandé à chaque structure représentée à cette rencontre, d’aller réfléchir et formuler des propositions de sortie de crise qu’elles vont lui faire parvenir. Lui aussi se chargera de remonter ces propositions au plus haut niveau.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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