Le ministre de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation, Mory Sangaré, poursuit son offensive dans les capitales régionales pour tenter de ramener les enseignants grévistes dans les salles de classe. Après Boké, Kindia et Mamou, la délégation ministérielle a été accueillie à Labé ce jeudi, 6 février 2020. Le ministre a réitéré ses menaces contre les enseignants qui sont en grève depuis le 09 janvier dernier, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La rencontre entre le ministre Mory Sangaré et les acteurs du monde éducatif a eu lieu dans la salle de l’amphithéâtre de Labé. Le ministre a laissé entendre que la grève du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs (SLECG), déclenchée par Aboubacar Soumah, a échoué. Il les invite à revenir en classe. « Je suis venu pour donner des informations et à chacun de prendre cela comme il veut. Depuis le 9 janvier, nous assistons à une grève des enseignants en Guinée. Lors de son discours de l’an, le président Alpha Condé a instruit de prendre en charge la situation des enseignants. Tout le monde s’est fait recensé. Moi-même, j’ai été recensé par Amara Moussa Doumbouya dans mon bureau. C’est après cela que le syndicat d’Aboubacar Soumah a déclenché une grève. Et le 9 janvier, les enseignants ont suivi la grève petit-à-petit. C’est une situation préoccupante parce que jusqu’à présent, il ya certains de mes collègues qui sont en colère et qui ne décolèrent toujours pas. C’est pourquoi du haut de cette tribune, je lance un appel à nos collègues enseignants de revenir à de meilleurs sentiments. Des fois on gagne, des fois on perd. Cette fois-ci, vous avez échoué. Je vous prie de refaire de nouvelles revendications plus légitimes. Il ne faut pas qu’ils espèrent à leurs revendications, parce que les chances sont très minces ».

En outre, Mory Sangaré a menacé les enseignants grévistes qui vont refuser de répondre à son appel. « Les salaires des grévistes n’ont été que dévirés. Si les enseignants grévistes reprennent les cours, leurs salaires sont à portée de main. Mais, si nous atteignons un certain seuil, nous serons obligés de faire remplacer les grévistes par des retraités, ou des étudiants sortis de l’ISSEG ou un élève maître sorti de l’école normale et ces derniers viendront tenir les cours jusqu’à la fin du mois de juillet. Et ils prendront tous ces salaires en lieu et place de l’enseignent titulaire. »

Comme à Kindia, Mory Sangaré s’en est pris aux membres du SLECG qui se reconnaissent dans le combat du FNDC. « J’aurai appris qu’il y a certains grévistes qui ont un rapport avec le FNDC. Sachez que le FNDC va prendre fin le 2 mars prochain. Si un FNDC doit continuer peut être ça sera pour soutenir la nouvelle constitution, pas en tout cas l’ancienne parce qu’on l’aura changé. Et tous ceux qui s’agitent, tout ceux qui brûlent des pneus n’ont rien compris… Je vous demande de bien réfléchir. On se bat pour un but. Et j’aurai appris qu’il ya deux enseignants qui sont candidats aux législatives. Un à l’uninominal et un autre suppléant, soutenez ceux-ci au moins », a dit Mory Sangaré.

Il a été aussitôt hué par certains enseignants, membres du SLECG présents dans la salle qui désapprouvent son discours militant.

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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