Honorable Ibrahima Diallo, député uninominal de Lélouma

Accusé par le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), le Général Bouréma Condé, d’être le principal responsable des violences enregistrées récemment dans la commune urbaine de Lélouma, le député uninominal de la localité, Dr Ibrahima Diallo s’inscrit en faux contre les propos de l’émissaire en chef du président Alpha Condé en Moyenne Guinée pour négocier la paix avec les populations locales, à travers les notables.

Conduisant une délégation gouvernementale officiellement dépêchée en Moyenne Guinée par le président Alpha Condé, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le Général Bouréma Condé a, au cours d’un meeting qu’il a présidé hier, mercredi, 5 février 2020 dans la préfecture de Lélouma, accusé le député uninominal de la localité, Dr Ibrahima Diallo d’être le principal responsable des violences qui ont secoué cette préfecture ces derniers temps le coin.

La réaction du mis en cause ne s’est pas faite attendre : « il n’y a eu que les membres de la délégation qui ont parlé. Ils n’ont pas permis aux gens de Lélouma de prendre la parole pour expliquer ce qui s’est réellement passé. Dans son discours, le Général Bouréma Condé a pointé du doigt le député uninominal. Je pensais que c’était le ministre de l’Administration du Territoire qui était parti à Lélouma. Mais, pas un Juge d’Instruction pour accuser le député uninominal de Lélouma. Sinon, un député, c’est le représentant du peuple, c’est celui qui défend les intérêts du peuple. Je ne suis pas un casseur, je ne suis pas un homme violent. Le député uninominal est connu pour sa sagesse. J’ai commencé à représenter Lélouma au moment où je n’avais même pas 16 ans. Toute ma vie, je suis consacré aux activités de développement de Lélouma » a indiqué le parlementaire de Lélouma.

Sur le sujet en question, l’honorable Dr Ibrahima Diallo assume effectivement son engagement personnel auprès du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) : « nous avons tenu une réunion préparatoire relative à l’organisation de ces manifestations. Réunion à laquelle on avait invité les forces de sécurité pour être témoins de la manière dont nous voulons organiser nos manifestations. Et la police et la gendarmerie avaient envoyé des représentants à cette réunion. On s’était entendu qu’il ne devait pas avoir casses à Lélouma. Etant entendu que tout ce qui est à Lélouma a été construit par nous-même. Nous les avons réalisés avec des briques que nous fabriqués dans le cadre de la production scolaire imposée à l’époque par la Révolution » a-t-il aajouté.

Ainsi, le jour de la manifestation, lorsque les gens se sont retrouvés à la place des Martyrs, toute la ville était paralysée, tous les lieux de travail étaient fermés sauf le bureau du préfet. Les manifestants ont estimé que ce n’était pas normal que le préfet ouvre son bureau alors que toute la ville est paralysée.

« Les manifestants ont alors envoyés certains responsables de la société civile pour lui inviter de fermer son bureau et de rentrer à sa résidence pour calmer les esprits. Il n’a pas accepté. Ils m’ont alors appelé, parce que je n’étais pas encore arrivé sur le terrain. Je suis allé chez le préfet avec certains sages pour lui faire comprendre que la population n’a rien contre lui mais que puisqu’il s’agit d’un mouvement d’ensemble soutenu à 100% par toute la préfecture de Lélouma contre les élections, le 3ème mandat et le référendum il doit accepter de rester à la résidence au nom de la paix. Au départ, il ne voulait pas. Mais, le commissaire centrale de police et le commandant de la gendarmerie l’ont encouragé à écouter mes conseils. Ce qui fait que le premier jour, il n’y a pas eu problèmes. Mais, le soir, nous avons appris qu’il y a du renfort qui vient. Lélouma ayant une expérience amère du renfort qui était venu, une fois, sévir contre la population, je suis revenu vers le préfet pour partager mon inquiétude avec lui. Il m’a juré qu’il n’était pas informé du renfort. Au moment où on échangeait, on a été informé que le renfort est arrivé. Nous avons envoyé une délégation de la société civile pour les rencontrer. Le préfet a, lui-même, promis qu’il allait les loger au Centre d’Accueil pour éviter qu’ils apparaissent devant les manifestants. Il a fait cette promesse devant les chefs des services de sécurité et des sages de la localité. Malheureusement, le lendemain, dès les premières heures les agents étaient déployés sur le terrain face aux manifestants. C’est ce qui a irrité les manifestants et a provoqué des confrontations entre manifestants et hommes en uniforme. Un policier a reçu une balle au niveau de son pied et le commandant de la gendarmerie a reçu un projectile. Tout cela de la part forces de sécurité. Mais, pas de la part des manifestants. Moi-même, je suis allé à l’hôpital préfectoral saluer le commandant de la gendarmerie qui était blessé. Quand le renfort a quitté Lélouma, c’est le préfet lui-même qui m’a appelé pour me dire les enfants ont caillassé les véhicules qui étaient garés devant sa résidence. J’ai été surpris parce que pour moi les voitures étaient garées à la devanture de la gendarmerie. Comme s’était le cas pour le premier jour. Je suis venu trouver qu’effectivement la tension était vive avec les enfants. J’ai rassuré que le problème n’était pas entre la population et le préfet de Lélouma. Je suis allé rencontrer les enfants avec les imams et le chef du quartier Pétel. Nous avons expliqué aux enfants qu’ils pouvaient aller manifester ailleurs et scander tous les slogans du FNDC. Mais, qu’ils n’avaient rien à voir avec le préfet. Ils ont rétorqué que puisque le préfet a envoyé des renforts pour les attaquer qu’eux aussi vont l’attaquer. Nous avons réussi à calmer les enfants, je suis allé à la maison. Le préfet m’a appelé encore pour me dire que les enfants sont revenus. Je suis revenu sur le terrain. En concertation avec le maire, nous avons décidé de le couvrir pour l’emmener à un lieu sûr, en attendant de désamorcer la crise. Je suis allé à la mosquée chercher les notables pour qu’on vienne ceinturer le bloc administratif et la résidence du préfet en vue de protéger les édifices. Mais, il était trop tard. Nous sommes venus trouver que les bâtiments ont été touchés » a-t-il indiqué.

Ce responsable de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) s’interroge alors aujourd’hui sur les motivations réelles du ministre Bouréma Condé : « après tout ce qui s’est passé en Guinée, il y a eu combien de personnes tuées, combien de magasins pillés ? On ne connait pas encore les auteurs, à Lélouma, il désigne le député uninominal comme auteur. Moi, je suis prêt à le répondre partout où il voudra.»

Pour conclure, notre interlocuteur fait remarquer que le Général Bouréma a dévié, à Lélouma, la mission à lui confier par le chef de l’Etat. Celle de prôner la paix.

« Il n’est pas parti là-bas pour parler de paix. Il est parti pour intimider Lélouma. Lélouma a peur de la loi, mais Lélouma n’a pas peur d’une personne.»

Par ailleurs, Dr Ibrahima Diallo dénonce la politique de diviser pour régner que le Général Bouréma Condé a affiché devant les notables qui ont accepté de recevoir sa délégation : « il aurait même dit qu’il y a des sous-préfectures de Lélouma qui cherchent actuellement à être érigées en préfectures. Vous avez vu le message qu’il a délivré à Lélouma, au lieu de parler de paix. Il l’a dit pour intimider les gens qui étaient devant lui.»

Il est à rappeler que la dernière rencontre entre le député de Lélouma et le ministre Bouréma Condé remonte à Sagalé à l’occasion de l’assassinat du jeune frère du Khalif Général de la contrée.

« Ce jour, il était venu extirper le prévenu pour Conakry. J’avais pris la parole pour lui dire que le l’Etat voulait qu’il y ait justice dans cette affaire il y aura justice parce que le présumé auteur était déjà entre les mains de la loi. Et que s’il n’y a pas lumière dans cette affaire, c’est parce qu’il y a des raisons que la raison ignore. Depuis, personne n’en a plus parlé. Même l’accusé est mort en prison dans des conditions non encore élucidées » a-t-il conclu.

Depuis Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

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