Chérif Mohamed Abdallah, président GOHA

Alors que la Guinée traverse une situation sociopolitique compliquée, née de la volonté du président Alpha Condé de s’accrocher au pouvoir au-delà de son mandat légal, le secteur économique ne se porte pas mieux dans notre pays. Pire, des informations en provenance de la douane font état « de la suspension de toutes les importations de marchandises par les frontières terrestres en direction de la Guinée jusqu’à nouvel ordre ». Chérif Mohamed Abdallah, président du Groupe Organisé des Hommes d’Affaires (GOHA), qui a joint au téléphone un reporter de Guineematin.com dans la journée de ce jeudi, 6 février 2020, dénonce une mesure contraire aux lois et traités dont la Guinée est signataire.

Cette mesure du gouvernement est très mal perçue et provoque une levée de bouclier chez les opérateurs économiques. Selon Cherif Mohamed Abdallah, président du GOHA, cette décision n’est pas de nature à faciliter la tache aux commerçants. « Ça, c’est des mesures que le gouvernement est entrain de prendre pour juste freiner les activités économiques et la libre circulation des biens et des personnes au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Nous ne savons pas pour quoi le gouvernement peut aller jusqu’à dire que les opérateurs économiques ne vont pas faire rentrer ou faire sortir des marchandises de notre pays. C’est juste pour freiner les opérateurs économiques, augmenter les problèmes que nous avons. La libre circulation des personnes et des biens, ça dépasse la Guinée, surtout que notre pays est membre à part entière de la CEDEAO ».

Selon nos informations, cette mesure serait liée à « des alertes de menaces d’attaques terroristes et d’introduction d’armes en Guinée ». Pour Chérif Mohamed Abdallah, étant donné que l’Etat à tous les services à sa disposition pour faire face à une éventuelle menace, la suspension de activités des opérateurs économiques n’est qu’une maladresse. « Si c’est une mesure qui concerne la sécurité nationale, les opérateurs économiques sont intéressés par la sécurité mieux que quiconque en République de Guinée. Parce que les opérateurs économiques marchent avec leurs biens. Sur le plan sécuritaire, la police est là pour ça, tout comme la gendarmerie, la douane et l’armée. Cela ne doit pas avoir un impact sur les activités des opérateurs économiques, sur leurs mouvements, sur leurs va-et-vient », soutient-il.

Pour Chérif Abdallah, si jamais cette mesure porte préjudice aux opérateurs économiques, des plaintes seront formulées contre l’Etat guinéen. « Ce que je vais dire aux opérateurs économiques, tous ceux qui vont subir des préjudices par rapport à cette mesure, c’est de préparer des dossiers pour les déposer au GOHA. Nous porterons plainte contre l’Etat Guinéen par rapport à ça, à la Cour de Justice de la CEDEAO. Parce qu’on ne va pas tergiverser, on ne pardonnera pas du tout ».

En outre, le président du GOHA invite ses pairs à faire preuve de vigilance. « Les opérateurs économiques doivent faire extrêmement attention, de ne pas garder beaucoup de choses dans leurs magasins, parce qu’on ne sait jamais avec l’insécurité, les pillages et la destruction de biens de façon permanente. Les opérateurs économiques n’ont qu’à diminuer les importations, même au niveau du port. Il faut garder le strict minimum pour être en sécurité avec nos biens ».

Alpha Kanso pour Guineematin.com

Tél 628 17 99 17

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