De nombreux citoyens guinéens exercent la chaudronnerie, métier qui consiste à façonner les métaux. Une activité qui leur permet de subvenir à leurs besoins quotidiens. Mais depuis quelques jours, ce secteur d’activité est paralysé par le manque de courant électrique, surtout à Conakry. Une situation qui a un impact sérieux sur le revenu des chaudronniers et sur leur relation avec leurs clients. Rencontrés par un reporter de Guineematin.com hier, jeudi 06 février 2020, ces chaudronniers ont expliqué les difficultés qu’ils rencontrent à cette période de manque de courant électrique.

Dans la matinée de ce jeudi, chez maître Mamadou Oury Diallo, responsable adjoint de l’établissement Thiam et Frères, les activités sont aux arrêts, les matériels de travail rangés par endroits, des portes et fenêtres inachevées sont visibles à divers endroits. Le manque d’électricité y est sans doute pour quelque chose.

maître Mamadou Oury Diallo, responsable adjoint de l’établissement Thiam et Frères

Interrogé sur la question, maître Mamadou Oury Diallo n’a pas caché les difficultés qui l’assaillent actuellement. « Les difficultés que nous rencontrons sont énormes, parce que ça bouleverse le programme du travail. Le courant peut venir durant 2 heures et repartir. Il y a beaucoup de délestages. C’est quelque chose que nous ne contrôlons pas. Quand il n’y a pas le courant la journée, ça ralenti le travail, on est obligé de répartir les travailleurs en deux groupes. Un pour la journée et l’autre pour la nuit. Mais, le boulot de la nuit et celui de la journée ne se font pas de la même façon. On a une solution avec un groupe électrogène, mais ça ne peut pas contenir tout ce que nous soudons. Si nous avons des urgences, nous dépensons beaucoup en carburant. Imagine, on paye la facture d’Electricité de Guinée (EDG), on paye aussi du gasoil pour le groupe. Ça nous pénalise nous et nos employés. Nous sommes facturés chaque deux mois par l’EDG, on nous facture un peu plus d’un million de francs guinéens. Il n’y a pas de courant et les factures continuent à venir. Si on ne paye pas à temps, ils viennent couper le fil », a-t-il fait savoir.

Mamadou Saliou Mané, un autre soudeur rencontré à Nongo

Pour sa part, Mamadou Saliou Mané, un autre soudeur rencontré à Nongo, a fait savoir que les délestages sont sources de polémiques entre eux et les clients. « Nous sommes là depuis 7 heures, il n’y a pas le courant. Nous pouvons même rester jusqu’à 19 heures sans travailler. Ce qui nous fatigue énormément, c’est surtout l’aspect clientèle. Quand tu donnes un délai, le client lui ne connait pas que tu as des problèmes de délestages. C’est ce genre de difficultés que nous rencontrons. Actuellement, quand ils viennent, on est juste obligé d’élargir le délai de travail et cela ne leur plait pas trop. Ça crée le manque de confiance dans le travail. Pour ne pas les perdre, on est obligé de se démerder pour trouver un groupe électrogène et faire leur travail. Ce qui nous coûte très cher. Tous les intérêts que nous gagnons vont dans le carburant ».

Amadou Oury Baïlo Keïta

Maitre Amadou Oury Baïlo Keïta, rencontré à Kaporo, connait les mêmes difficultés que les précédents intervenants. Il a profité de notre entretien pour lancer un appel au gouvernement guinéen qui peine encore à satisfaire la demande des citoyens en énergie électrique. « Le gouvernement et EDG doivent savoir que nous n’avons pas d’autre travail que ça. C’est ici que nous gagnons la dépense de nos familles. Si on ne travaille pas par manque de courant, ça nous pénalise beaucoup. Nous avons des familles. On leur demande de penser à nous. On demande vraiment à l’Etat de nous aider, de fournir encore plus d’efforts, c’est ce qu’on souhaite », a-t-il lancé.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel: 622 07 93 59

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