Me Salif Kébé, président de la CENI

La Guinée s’achemine lentement vers les contestées élections législatives couplées au référendum tout aussi décrié du 1er mars 2020. La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) avait annoncé que la distribution des cartes d’électeurs devait commencer ce lundi, 10 février 2020. Mais, le constat des reporters de Guineematin dans de nombreux quartiers des cinq communes de Conakry révèle que l’opération n’est pas effective. Un autre rendez-vous manqué de la CENI, engluée notamment dans des difficultés financières.

Des reporters de Guineematin ont fait le tour de certains quartiers de Conakry ce lundi matin : Sonfonia Centre, Sonfonia Gare (Ratoma), Hafia Minière, Landréah (Dixinn), Sangoyah Pharmacie, Matoto Centre, Simbaya Gare (Matoto), Manquepas (Kaloum)… Le constat reste le même dans ces quartiers où les cartes d’électeurs pour les législatives ne sont pas encore arrivées sur place.

A Matoto, un responsable local a confié à un de nos reporters qu’une rencontre a eu lieu hier dimanche à la mairie pour la réception des cartes d’électeurs. « Finalement, on n’a pas vu une seule carte », a dit un chef de quartier. Ailleurs, les chefs de quartiers n’ont aucune idée sur le sujet.

Selon une source bien introduite, la CENI est confrontée à d’énormes difficultés par rapport à cette question des cartes d’électeurs. « D’abord, la CENI n’a pas suffisamment d’argent pour cette autre étape du processus électoral. Hier dimanche, 09 février 2020, elle avait programmé une formation des agents chargés de la distribution des cartes d’électeurs. Mais, faute d’argent, l’opération est reportée à demain mardi. Il reste à savoir si la date là aussi sera respectée », a dit notre interlocuteur sous anonymat.

Par ailleurs, notre source explique que la CENI se trouve aujourd’hui devant un dilemme. « La CENI se demande s’il faut confier la distribution des cartes aux CECI (Commission Electorale Communale Indépendante) ou aux chefs de quartiers. Les responsables des CECI ont expliqué à la CENI que leurs agents ont peur de repartir dans les quartiers, surtout là où les affiches ont été déchirées et brûlées. Ils avaient été attaqués physiquement sans que la CENI ne le révèle au public. L’autre problème, c’est les chefs de quartiers. Ils sont également hésitants à s’engager. Ils ont reçu des lettres anonymes les mettant en garde contre toute implication dans la distribution des cartes d’électeurs ». Autant dire que la tache sera compliquée.

En outre, un autre problème risque de se poser sur le terrain avec la diminution du nombre de points de distribution des cartes par la CENI. Notre informateur dit qu’on est passé de 362 à 50 points dans la commune de Ratoma. « L’autre problème, c’est le nombre de points de distribution dans la commune de Ratoma. Si nous passons de 362 à 50, c’est qu’il y a un réel problème. Habituellement, les citoyens prenaient leurs cartes dans les lieux où ils se sont fait recenser. Désormais, la CENI a nettement revu les choses. Par exemple, pour le quartier de Koloma Soloprimo, il y a un seul point de distribution pour près de 20 000 électeurs. C’est un vrai problème ça. C’est la même chose qui va se produire à Wanindara où il n’y a que 3 points de distribution pour plus de 30 000 électeurs. Il y aura une véritable cacophonie si les gens sont intéressés », soutient notre source.

Alpha Kanso pour Guineematin.com

Tél: 628 17 99 17

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