Le procès de Babou Faye (un ressortissant sénégalais vivant en Guinée) s’est ouvert hier, lundi 10 février 2020, devant le tribunal correctionnel de Kaloum. Ce jeune homme de 41 ans est poursuivi pour escroquerie, faux et usages de faux. Il a été trimbalé en justice par un de ses compatriotes (vivant également en Guinée), Seringue Gueye, qui lui réclame plus de 70 millions de francs guinéens, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était tribunal de Kaloum.

A la barre, Babou Faye a plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés. Et, pour sa défense, ce prévenu a accusé la partie civile d’avoir comploté contre lui pour lui faire endosser une transaction financière de 48 millions de francs guinéens. « Je suis allé chez Seringue Gueye pour des conseils. Je voulais faire le transport entre la Guinée et le Sénégal. Et, on m’a dit qu’il était le seul qui était en train de faire ce transport… C’est à cette occasion qu’il m’a proposé de gérer ses deux camions… Je ne lui ai jamais demandé de payé 40 millions », s’est défendu Babou Faye.

En effet, selon les informations, Seringue Gueye était propriétaire de deux camions dont il a confié la gestion à Babou Faye. Chaque deux semaine, ce dernier devait lui faire un versement qui devait varier en fonction des voyages effectués. Mais, leur collaboration n’a duré qu’un mois ; et, pendant cette période, le contrat qui les liait a souffert d’inapplication. Babou Faye ne se serait jamais acquitté de ses engagements. Et, pire, il aurait poussé Seringue Gueye à verser 48 millions de francs guinéens, à titre de caution, dans un compte qu’il attribuait à la société « Ciment de Guinée ». Mais, en réalité, ce compte approvisionné par Seringue Gueye appartenait à la société « Atelier du chef » dont Babou Faye se réclame être le propriétaire.

Devant le tribunal, le prévenu a laissé entendre qu’il n’était pas au courant du versement de cet argent dans son compte.

« Je suis hôtelier ; et, je suis le fondateur de la société Atelier du chef. Je ne m’y connaissais pas en transport ; mais, je voulais faire le transport entre la Guinée et le Sénégal. Je suis allé à l’ambassade de Sénégal pour demander les formalités, c’est là-bas qu’on m’a dit d’aller chez Seringue Gueye pour des conseils… Je suis allé expliquer à Seringue Gueye mon projet. Sur le champ, il m’a proposé gérer ses deux camions qui étaient garés dans une cour à Baïlobayah (dans la préfecture de Dubréka). J’ai accepté et on a commencé le travail… Mais, le problème a commencé quand on m’a appelé pour m’accuser d’avoir émis un chèque sans provision… Je n’ai jamais émis ce chèque. Ma signature a été imitée ; et, ma carte consulaire a été falsifiée. Je n’ai jamais demandé à Seringue Gueye de payer une caution… C’est en complicité avec Diaby qu’il a réussit à mettre les 48 millions dans mon compte. Je n’ai pas été informé ; et, quand j’ai découvert cet argent dans le compte de ma société, j’ai saisi la banque (BICIGUI) d’une lettre… Seringue Gueye dit que j’ai fait 10 voyages avec ses camions et je lui ai délivré un chèque sans provision. Tout çà, c’est faux. Je n’ai fait que trois voyages ; et, je n’ai émis aucun chèque. C’est Diaby qui l’a fait… Mais, pour m’enfoncer dans ce problème, Seringue Gueye a soudoyé l’un des chauffeurs pour qu’il dise qu’il a fait neuf (9) voyages », a expliqué Babou Faye.

Appelé à la barre, la partie civile a botté en touche les propos de Babou Faye. Et, avec une voix qui tremblote, Seringue Gueye s’est employé à charger le prévenu qu’il accuse d’avoir profité sa confiance pour le tromper.

« Faye est venu chez moi, il m’a proposé de lui confié la gestion de mes camions. Je lui ai dit que je voulais un contrat avec la société Ciment de Guinée. Il m’a dit qu’il pouvait l’obtenir. Je lui ai confié les camions. Il a écrit un contrat qu’il m’a fait signer… Après, il est venu me dire que Ciment de Guinée exige les cartes grises des camions, les permis de conduire des chauffeurs et une caution de 48 millions pour signer un contrat. Je lui ai donné les pièces qu’il a demandées. Et, quand j’ai voulu lui donner en espèce les 48 millions, il a dit que l’argent doit être versé dans le compte de Ciment de Guinée. Alors, je lui ai dit d’aller chercher le numéro de compte de Ciment de Guinée… Après, il est venu avec un numéro de compte. Il m’a dit que c’est celui de Ciment de Guinée. Ensemble, nous sommes allés à la société générale de banque en Guinée (SGBG) où j’ai retiré 48 millions de mon compte. Ensuite, nous sommes allés à la BICIGUI où on a versé l’argent avec le numéro de compte qu’il m’avait présenté… Il m’avait dit que Ciment de Guinée allait me payer chaque 15 jour. Et, quand on a fait deux semaines de travail, j’ai demandé qu’il (Babou Faye) fasse le versement. Il m’a donné un chèque de 4 millions 800 mille francs guinéens qui correspond au prix de deux voyages. J’ai conduit ce chèque en banque ; mais, la banque me l’a rendu sans payement. Quand j’ai expliqué cela à Faye, il m’a dit d’attendre la fin du mois. A la fin du mois, je suis allé encore à la banque. Ils m’ont dit que le chèque est sans provision. J’ai appelé Faye pour le lui dire. J’ai aussi exigé qu’il me montre celui qui a émis le chèque… Il m’a tellement fait tourner en ville ; mais, comme j’étais déterminé, il m’a donné le numéro de quelqu’un qui était à Ciment de Guinée. J’ai appelé ce numéro et je suis allé à Ciment de Guinée. Dès qu’ils ont vu le chèque, ils ont dit que ce ne sont pas eux qui ont émis le chèque… C’est après ça que j’ai fait arrêter Faye pour qu’il me rende mon argent… En plus des 48 millions, il me doit le prix de 10 voyages. Et, chaque voyage est facturé à 2 millions 400 mille francs guinéens… », a indiqué Seringue Gueye, un vieil homme de 75 ans.

Finalement, le tribunal a renvoyé l’affaire au 17 février prochain pour la comparution des témoins (les chauffeurs Mamadou Saliou Touré et Mamadou Kana Diallo) et la suite des débats.

A suivre !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tél. : 622 97 27 22

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