Fodé Mamoudou Traoré, DPE de Tougué

Les enseignants de Tougué, dont les salaires sont gelés suite à la grève déclenchée par le SLECG, continuent à se battre pour réclamer leur argent. C’est dans ce cadre qu’ils sont partis prendre en otage le siège de la Direction Préfectorale de l’Education. Les enseignants ont retiré les clés du local et ont campé sur les lieux pendant deux jours, a appris Guineematin.com à travers son correspondant basé à Labé.

Interrogé sur cette situation, Mamadou Saliou Baldé, chargé de communication du bureau préfectoral du SLECG à Tougué, a expliqué que la démarche vise à mettre la pression sur les autorités afin que celles-ci acceptent de leur rendre leurs salaires. « A Tougué, on a décidé d’accentuer la pression sur les responsables en charge de l’éducation qu’on accuse de mauvaise gestion et de partialité. La preuve est que certains de nos collègues enseignants de Tougué qui ont suivi cette grève ont perçu leurs salaires alors que d’autres ont vu leurs salaires sont gelés.

C’est par rapport à toute cette injustice que nous sommes contre ces autorités. Le lundi dernier, nous avons manifesté pour réclamer nos salaires, mais sans suite favorable. C’est pourquoi, le mardi, 11 février 2020, nous sommes partis à la DPE pour montrer toujours notre colère. Malheureusement, on n’a trouvé que le gardien sur les lieux, nous l’avons sommé de fermer les bureaux pour nous remettre les clés et disposer. On a campé sur les lieux jusque vers la soirée.

Mais pour éviter tout problème, puisque si quelque chose se perdait dedans on allait endosser la responsabilité, on a rappelé le gardien, il est venu, on lui a rendu les clés et nous sommes rentrés. Le mercredi matin aussi, nous sommes revenus sur lieux, on a dit au gardien de fermer et nous remettre les clés. Nos collègues enseignantes ont amené des bols et des condiments, elles nous ont préparé à manger sur lieux et on s’est mis à faire du thé », a expliqué l’enseignant.

L’inspecteur régional de l’éducation de Labé, Bato Donzo, en compagnie du directeur préfectoral de l’éducation de Tougué, Fodé Mamoudou Traoré, sont venus trouver les enseignants sur les lieux. Ils les ont conviés à une rencontre dans les locaux de la préfecture pour essayer de décrisper la situation. Grâce à l’intervention des sages de Tougué, les enseignants ont accepté de rendre les clés de la DPE, mais ils ont refusé catégoriquement de reprendre le chemin des classes sans l’aval du bureau national du SLECG.

« Après toute concertation, nous avons dit à l’inspecteur régional de l’éducation et sa suite que pour suspendre ou lever cette grève, il faut deux conditions, à savoir : le dégel de nos salaires et que le gouvernement entame des négociations avec Aboubacar Soumah qui a déclenché cette grève. Mais en attendant, la grève continue ici à Tougué », a laissé entendre le chargé de communication du bureau préfectoral du SLECG à Tougué.

A noter que selon l’inspecteur régional de l’éducation, plus de 80% des enseignants de la région ont vu leurs salaires gelés, pour avoir observé la grève déclenchée le 09 janvier 2020 par le SLECG, dirigé par Aboubacar Soumah. Mais, cela n’a pas dissuadé les grévistes à poursuivre leur mouvement visant à réclamer un salaire mensuel de 8 millions de francs par enseignant.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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