La fermeture des frontières terrestres à l’importation entre la Guinée et les pays voisins préoccupe bon nombre de guinéens. Le pouvoir invoque des mesures de sécurité, notamment la menace djihadiste, pour justifier cette mesure pour le moins impopulaire. Dans les rangs du Parti pour le Progrès et le Changement (PPC), l’on dénonce cette mesure d’un pouvoir qui ne parvient pas à faire face aux besoins de sa population et qui passe par la répression. L’annonce en a été faite ce samedi, 15 février 2020, par Aboubacar Biro Soumah à l’occasion de l’assemblée générale du parti PPC qu’il dirige, a constaté le reporter que Guineematin.com a dépêché sur place.

Selon le président du PPC, le motif évoqué par le gouvernement guinéen pour fermer les frontières ne tient pas. « Aujourd’hui, il y a combien de camions stationnés à la frontière avec des marchandises à l’intérieur ? On bloque ces camions en disant que les djihadistes veulent entrer dans le pays. Mais le djihadiste dans ce pays, c’est le pouvoir en place. Un pouvoir qui réprime, tue, emprisonne, et blesse sa population, un pouvoir qui saccage, qui renverse les marmites, c’est un pouvoir djihadiste », a-t-il lancé.

Aboubacar Biro Soumah, président du PPC

Pour Aboubacar Biro Soumah, rien ne peut justifier cette fermeture des frontières. « Nous avons à faire à un pouvoir qui n’aime pas la Guinée, mais qui aime les richesses du sous-sol. Nous avons un président qui n’a pas pris le pouvoir pour nous aider, mais il a pris le pouvoir avec ses complices pour s’accaparer des richesses du pays. C’est ce qui fait qu’il est en train de tout préparer pour nous massacrer. Si non, il y a eu des djihadistes au Mali. Mais, les maliens n’ont pas fermé les frontières pour dire que les guinéens ne rentrent pas chez eux. Il y a eu des rébellions, mais ils n’ont pas fermé leurs frontières. En Guinée, il y a eu Ebola, mais le Mali n’a pas fermé les frontières. Ce pouvoir ne respecte pas les normes internationales, parce que la Guinée est un pays membre de la CEDEAO. Toutes les marchandises de la CEDEAO sont libres de circuler d’un pays à un autre ».

Pour Aboubacar Biro Soumah, le pouvoir veut se cacher derrière cette fermeture des frontières pour offrir des vivres aux citoyens et acheter leurs consciences. « Ils vont distribuer le riz pour acheter leur conscience. Ils vont dire, comme vous êtes affamés, le pouvoir est venu pour vous aider. Alors que c’est le pouvoir même qui est en train d’affamer ses propres citoyens », soutient le président du PPC.

Au terme de cette rencontre, Aboubacar Biro Soumah a appelé ses militants à sortir massivement le mercredi 19 et le jeudi 20 février 2020 au compte des manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) contre le 3ème mandat pour Alpha Condé.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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