A l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire du RPG arc-en-ciel ce samedi, 15 février, le ministre conseiller à la présidence de la République, Alpha Ibrahima Keira, a vigoureusement réagit sur la récente résolution du parlement européen, condamnant les « violences meurtrières et les violations de droits humains » qui caractérisent la Guinée ces derniers temps.

Tout en rappelant que la « Guinée est pays souverain », l’ancien ministre de la sécurité a déclaré que cette réaction des eurodéputés est un coup de fouet dans l’océan. Alpha Ibrahima Keira a aussi désigné les « représentants de l’union européenne en Guinée » comme étant les complices de l’opposition guinéenne dans cette campagne de dénigrement qui terni l’image de la Guinée dans le monde, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était au siège national du RPG arc-en-ciel à Gbéssia.

Depuis mi-octobre 2019, la Guinée est en proie à des manifestations organisées par le front national pour la défense de la constitution (une entité qui regroupe l’essentiel de la société civile et les partis politiques d’opposition du pays), qui libre une bataille rude pour empêcher le président Alpha Condé de changer la constitution dans le but de s’octroyer un troisième mandat à la tête du pays. Ces manifestations sont souvent réprimées dans le sang, entrainant des morts par balles, des blessés, de graves violations de droits humains…Et, face à l’ampleur de ces violences, le parlement européen, réunis jeudi dernier à Strasbourg, a pris une résolution pour dénoncer ces bavures et exprimer son « profond regret » face au projet de modification de l’actuelle constitution guinéenne. Les eurodéputés ont aussi haussé le ton, tout en demandant « à l’union européenne et à ses Etats membres de suspendre tout financement et de fourniture de matériel de sécurité et de répression aux forces de sécurité » guinéenne. Mais, comme on pouvait s’y attendre, cette réaction des députés européens n’a pas été du goût du pouvoir de Conakry et le RPG arc-en-ciel (l’actuel parti au pouvoir dans le pays). Cette résolution a été surtout a été perçue comme une « tentative d’intimidation, une ingérence dans les affaires intérieures de la Guinée ». Et, à la faveur de l’assemblée générale du RPG arc-en-ciel, l’ancien ministre de la sécurité, Alpha Ibrahima Keira (sous lequel la répression sanglante des manifestants du FDNC a commencé en octobre dernier), a dit « ses vérités » à la communauté internationale. « Le référendum n’est pas une nouveauté pour le peuple de Guinée. Nous avons eu notre indépendance par référendum… Le peuple de Guinée a toujours voulu qu’il soit consulté pour choisir librement ses dirigeants, son régime politique et son projet de société. Et, c’est pour cette raison qu’il a été appelé aux urnes. Est-ce que les Etats Unis ou l’Europe peuvent nous empêcher de consulter notre peuple ? Est-ce que la Guinée fait partie de l’union européenne ? La Guinée est un pays indépendant et souverain depuis 1958 », a confié Alpha Ibrahima Keira.

Poursuivant son speech, l’actuel ministre conseiller à la présidence de la république a accusé les guinéens vivants en « situation irrégulière » à l’étranger de troquer l’image de la Guinée contre une carte de séjour.

« Aujourd’hui, malheureusement, pour que certains de nos compatriotes qui sont en situation irrégulière en Europe et aux Etats Unis puissent avoir le précieux sésame, c’est-à-dire leurs cartes de séjour, ils sont obligés de mentir sur la vie politique et sociale du pays. Et, de fois, falsifier et troquer l’information, raconter des balivernes (…) pour tromper leurs interlocuteurs, tout en profitant de la naïveté des services d’immigration européens, pour dire que la Guinée est un pays où on ne respire pas, où la police est en train de tuer… », a déclaré Alpha Ibrahima Keira, tout en demandant aux militants du RPG de refuser qu’on « salisse » l’image de la Guinée.

Selon l’ancien ministre de la sécurité, ceux qui écornent l’image de la Guinée pensent que les autorités guinéennes ont des leçons à recevoir de l’Europe. Mais, dit-il d’un ton ferme : « c’est une peine perdue ».

Sur les nerfs, Alpha Ibrahima Keira a invité les diplomates européens en Guinée à rétablir la vérité au près de leurs mandants. Faute de quoi, ils seront considérés comme étant des complices de l’opposition guinéenne.

« Nous n’avons pas de leçon à recevoir de l’Europe. Et, nous (le RPG) disons que ce processus est irréversible. Le président de la république ne fait que jouer son rôle… Le débat est inclusif, participatif ; et, ça se fait devant tous les représentants de l’union européenne. Et, nous invitons ces représentants de l’union européenne en Guinée d’adresser leurs réflexions à qui de droit en Europe, pour rétablir la vérité. Sinon, nous dirons qu’ils sont complices de l’opposition. Ils sont complices de l’opposition. Et, en ce temps, nous prendrons nos responsabilités… », a-t-il menacé.

Apparemment très révolté face à la conduite des eurodéputés sur la crise actuelle de la guinée, l’ancien ministre de la sécurité a invité les partenaires de la Guinée, « qui doutent encore de la réalité de la démocratie, des valeurs de notre société et surtout des progrès inestimables qui ont été faits dans le cadre de la défense des droits de l’homme, la liberté d’expression…en acceptant même de fouler certaines lois au nom du dialogue », de venir sur le terrain pour toucher du doigt la réalité.

« Celui qui est assis à Bruxelles où au Luxemburg, qui veut avoir des idées nettes sur la base de renseignements et de données contradictoires, sur ce que le peuple de Guinée vit, nous lui demandons de s’adresser à nos ambassades et nous allons lui donner le visa, même à titre gracieux, pour qu’il vienne se rendre compte sur le terrain de quel côté se trouve la vérité… Celui qui parle au nom du peuple européen, ce sont les chefs d’Etats européens. Alors, qu’on laisse le chef de l’Etat guinéen parler au nom du peuple guinéen… Les gens sont fatigués du mensonge, de la falsification… », a indiqué Alpha Ibrahima Keira.

Pour ce proche collaborateur du président Alpha Condé, cette attitude du parlement européen n’inspire que la déception. Et, précise-t-il, si « les européens ne nous donnent pas les moyens de rétablir l’ordre, nous allons rétablir l’ordre en fonction de l’application de la loi » sur le maintien de l’ordre.

« On est déçu de voir que des sommités, des gens qui ont été des modèles dans le cadre de la formation de l’élite africaine et européenne se permettent d’accepter la concussion, en se livrant à la publication de résolutions qui ne sont que des coups de fouet dans l’océan ; parce que ça n’a aucune importance. Nous, on ne nous intimide pas, on ne nous effraie pas… Et, comme certains veulent nous faire peur en disant que la Guinée va être sous embargo, nous, depuis 1958, nous sommes sous embargo. On est né dans l’embargo, on a grandi dans l’embargo… Alors, qu’ils ne se fatiguent pas. Nous sommes un Etat souverain. S’ils (les européens) ne nous donnent pas les moyens de rétablir l’ordre, nous allons rétablir l’ordre en fonction de l’application de la loi… Le fait de mettre des jeunes de 10 ans la rue est un délit. Et, pourquoi les parlementaires européens qui connaissent ça ne disent pas à ces organisateurs (le FNDC) qui commettent des actes internationalement illicites ? Donc, qu’ils ne nous réveillent pas dans notre sommeil. Sinon, nous allons leur dire la vérité… Nous irons de manière irréversible à cette nouvelle république. On ne provoquera personne ; mais, nous n’avons peur de personne. On ne nous intimidera pas non plus », a martelé Alpha Ibrahima Keira.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tel : 622 97 27 22

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