Quatre jeunes gens, proches du Kountigui de la Basse Côte, Elhadj Sékhouna Soumah, ont été libérés ce lundi, 17 février 2020, par le tribunal de première instance de Mafanco. Jugés pour participation délictueuse à un attroupement et incitation à la révolte, Fayayi Bangoura, Ibrahima Bangoura, Ibrahima Sory Bangoura et Fodé Sacko ont été tout simplement libérés après avoir passé 24 jours de détention à la maison centrale de Coronthie, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ces quatre jeunes avaient été mis aux arrêts le 24 janvier 2020 au plus fort des protestations contre le 3ème mandat qu’Alpha Condé veut s’octroyer à la tête de la Guinée. Ils ont été renvoyés des fins de poursuites pour délit non constitué.

A l’énoncé du verdict ce lundi, c’était la joie dans leurs rangs. Interrogé dans la foulée, Fayayi Bangoura, a dit qu’il s’attendait à cette décision tout en dénonçant leur détention depuis 3 semaines. « Je crois que le tribunal ne pouvait pas faire autrement parce que le procureur lui-même a dit que le dossier était vide. Il n’y avait pas de preuves. Notre désolation, c’est que des innocents comme nous, on a passé trois semaines à la maison centrale. Nous souhaitons que ces manières soient changées en Guinée. »

Abondant dans le même sens, maître Salifou Béavogui s’est réjoui de la libération de ses clients. Il en a profité pour dénoncer les arrestations arbitraires dont sont victimes les opposants au projet de nouvelle constitution en Guinée. « C’est un sentiment de joie et de réconfort pour avoir défendu des innocents qui ont été arrêtés depuis le 24 janvier 2020 et placés sous mandat de dépôt. Tout cela prouve que dans ce pays, il faut qu’on se batte pour les libertés, la démocratie et l’Etat de droit. Les quatre ont été arbitrairement arrêtés, ils n’ont jamais pris part à une manifestation interdite et n’ont jamais incité à la révolte.

Ils ont été simplement arrêtés à cause de leur proximité avec le Kountigui de la Basse Côte. C’est le 14ème dossier du genre sur toute l’étendue du territoire. On arrête de façon arbitraire et spectaculaire et ce sont des arrestations musclées qui n’obéissent à aucune règle de droit. Les procureurs de la République qui, en dépit de nos plaidoiries, conduisent ces innocents en prison ; et, les juridictions de jugement qui, après les débats contradictoires, n’ont pas d’autres choix que de les libérer. Je demande que cela cesse », a lancé l’avocat.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel: 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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