Comme annoncé précédemment, Souleymane Barry, élève en classe de 8ème année et originaire de la sous-préfecture de Mitty, préfecture de Dalaba, a été tué par balle dans la soirée d’hier, jeudi 20 février 2020. Les parents du collégien accusent des agents de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) numéro 13 d’être responsable de sa mort et annoncent qu’ils vont porter plainte, a appris un reporter que Guineematin.com a dépêché à Wanindra dans la matinée de ce vendredi.

La mort de Souleymane Barry vient allonger la liste déjà longue de guinéens tués par balles en marge des manifestations politiques. Sa famille est très attristée par cette perte brutale. Selon, monsieur Mamadou Barry, oncle du défunt, le garçon a reçu la balle dans son quartier alors qu’il se rendait à la mosquée.

Mamadou Barry, oncle de feu Souleymane Barry

« Souleymane Barry a reçu la balle alors qu’il partait à la mosquée. Lorsqu’il a été atteint, nous l’avons envoyé à Ignace Deen. On nous a dit d’aller à l’hôpital Donka pour chercher du sang, car il en avait beaucoup perdu. Arrivé là-bas, j’ai donné mon sang. Nous sommes encore retournés à l’hôpital. Hadja Halimatou Diallo (épouse du Chef de file de l’opposition) nous a beaucoup assistés. Ensuite, les médecins l’ont fait entrer au bloc opératoire. Mais, après l’opération, à 00 heure, Souleymane Barry ne s’est jamais réveillé. Nous accusons la BAC 13 d’en être responsable, c’est eux qui ont tué notre garçon, alors qu’il partait à la mosquée pour lire le coran. Nous sommes très tristes. Tu mets un enfant au monde et quelqu’un se donne l’audace de venir le tuer comme un singe. Nous souhaitons que ce régime-là s’en aille maintenant, nous a avons marre de ce régime ».

monsieur Boubacar Barry, père du défunt

Pour sa part, monsieur Boubacar Barry, père du défunt, n’en revient toujours pas. Parti présenter les condoléances à Dalaba suite au décès d’un de ses jeunes frères, c’est au retour de ce voyage qu’il a été mis au courant de la mort par balle de son fils cadet. « J’ai été accueilli, dès mon retour de Dalaba hier, par cette triste nouvelle. Je suis triste et sans mot par rapport à la mort par balle de mon enfant. Je pardonne à mon fils ; mais, je ne pardonnerai jamais à celui qui lui a ôté la vie. Les agents qui ont tué mon fils sont bien connus, c’est la BAC 13. Je vais porter plainte à la justice contre eux, même si je n’ai pas espoir que justice sera rendue. Je le dis parce qu’avant mon fils, plusieurs autres jeunes gens ont été tués ainsi, et jusque-là, aucun coupable n’a été présenté aux guinéens. Mon fils était un bon garçon, un enfant sérieux, qui ne m’a jamais fait pleurer. Je l’aimais plus que tous mes enfants, car il était le seul, en plus de l’école française, à être régulier dans l’apprentissage du coran », a-t-il fait savoir, les larmes aux yeux.

Madame Fatoumata Binta Barry, mère du défunt Souleymane Barry

Inconsolable, Madame Fatoumata Binta Barry, mère du défunt Souleymane Barry, est revenue sur les derniers mots qu’elle a eus avec son fils. « Quand je sortais, j’ai dit à mon fils d’aller lire le Coran. Et en bon fils, c’est ce qu’il a fait. Il partait à la mosquée pour lire le Coran et c’est en cours de route qu’il a été tué. Mon fils n’est jamais sorti dans les rues pour manifester. Et, des hommes sans cœur sont venus ôter la vie à mon enfant à côté de notre maison. Ils ont tué mon fils alors qu’il n’a rien fait. Et en cours de route, quand on allait à l’hôpital, ses bourreaux nous ont suivis pour nous attaquer encore. Je ne pardonnerai jamais à ceux qui ont tiré sur mon fils, je ne leur pardonnerai jamais », insisté la maman,très émue.

Issa Soumah, maire de la commune de Ratoma

Enfin, monsieur Issa Soumah, maire de la commune de Ratoma, en compagnie de certains de ses adjoints, s’est rendu dans la famille mortuaire pour présenter ses condoléances. Il a encore dénoncé ces tueries d’adolescents dans sa commune. « C’est un sentiment de stupeur et de tristesse pour moi. Récemment, j’ai dénoncé le fait qu’on tue des enfants chez moi. Aujourd’hui, celui qui est mort n’avait que 13 ans. J’ai demandé aux autorités de prendre des dispositions pour empêcher qu’on tue des enfants chez-moi. On ne tue pas des enfants à Kaloum, on ne fait pas ça à Matam, ni à Matoto ou à Dixinn, c’est seulement ici qu’on tue les gens. Qu’on arrête de tuer les gens dans ma commune. Nous allons prendre des dispositions en rapport avec l’ensemble des conseillers de la commune pour voir ce qu’il y a lieu de faire pour faire arrêter ces tueries », a-t-il promis.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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