Comme annoncé précédemment, une délégation de l’UFDG, conduite par Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président du parti, a animé un meeting hier, dimanche 23 février 2020, à Labé. Cette mission de la principale formation politique d’opposition du pays est allée sensibiliser les habitants de cette ville à se mobiliser pour empêcher la tenue des élections législatives et le référendum constitutionnel du 1er mars prochain. Les opposants ont invité leurs partisans à se préparer à mener la bataille appelée par le président Alpha Condé, qui a demadé à ses militants de frapper tous ceux qui tenteraient d’empêcher le vote, rapporte un correspondant de Guineematin.com sur place.

C’est un Fodé Oussou très remonté, après sa « séquestration » à Mamou, qui s’est retrouvé en meeting dans la commune urbaine de Labé, après les villes de Dalaba et de Pita. Devant une immense foule de militants et de sympathisants du principal parti d’opposition en Guinée, le député a tout d’abord, tenu à féliciter les populations de Labé pour leur combat contre le projet de nouvelle constitution qui ouvrira le boulevard à un troisième mandat pour le président Alpha Condé.

« Lorsque le FNDC a donné des consignes pour la lutte, Labé s’est singularisée. Vous vous êtes battu. Et, vous avez eu en face de vous un dictateur (le gouverneur Madifing Diané) reconnu depuis le temps de Sékou Touré et qui avait comme mission d’effrayer la population de Labé. Vous avez prouvé qui vous êtes ; car, le résultat de Labé ville est incontestable », a dit Dr Fodé Oussou Fofana en Poular (la langue du terroir).

Tout en présentant son leader (Cellou Dalein Diallo) comme le « gouvernant idéal » qu’il faut à la tête de la Guinée, le vice-président de l’UFDG a accusé l’actuel chef de l’Etat guinéen de semer les graines de la division dans le pays. « Nous suivons Cellou Dalein Diallo parce que nous savons que s’il devient président de la République, il mettra tous les Guinéens sur le même pied d’égalité, sur tous les plans. Toutes les ethnies sont unies…Aux élections présidentielles de 2010, Alpha Condé et Jean Marie Doré avaient formé un complot au palais du peuple autour d’un faux empoisonnement. Cellou Dalein a pris le micro et il a appelé tout le Foutah à ne s’attaquer à aucun Malinké. C’est vous dire que toutes les ethnies sont unies, mais c’est Alpha Condé qui veut les diviser », soutient l’opposant.

Parlant du scrutin couplé (élections législatives et référendum constitutionnel) prévu pour le 1er mars 2020 en Guinée, ce proche de Cellou Dalein Diallo a réitéré la ferme intention de l’opposition d’empêcher ces élections. Il a aussi invité les populations de Labé à « chasser » tout sous-préfet qui fera la propagande du RPG Arc-en-ciel.

« Nous ne voulons pas de ces élections. Parce que selon Alpha Condé, le fichier électoral contient 8 millions d’électeurs. Et 5 millions se trouvent en Haute Guinée. Çà, ce n’est pas une élection. Seulement n’acceptez jamais de cultiver l’ethnocentrisme entre vous. Il n’ y a aucun problème entre les ethnies. En plus de cela, les maires sont élus par nous. Leur tutelle, c’est le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, mais ils ne sont pas nommés par Bouréma Condé. Si Bouréma Condé (le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation) est un ministre qui respecte la loi, ces maires doivent le respecter. Mais, s’il vient avec un mouchoir du RPG, il ne mérite ni respect ni considération…

Si un sous-préfet laisse son travail et fait la propagande du RPG, il n’est plus sous préfet, chassez-le. Concernant les élections, dire que si tu n’as pas ta carte d’électeur tu n’auras pas de carte d’identité ou de passeport, c’est archi-faux. Cette carte n’a aucune valeur parce qu’il n’y aura pas d’élections en Guinée », a-t-il assuré.

Réagissant aux propos du chef de l’Etat guinéen qui a appelé à « frapper ceux vont tenter de saccager les bureaux de votes », le vice-président de l’UFDG a laissé entendre que la « guerre » sera pire que celle qui a eu lieu entre les peulhs (musulmans) et Diankèwali (un chef animiste) à Tourban, lors de l’instauration de l’islam dans cette partie de l’actuelle Guinée Bissau.

« Alpha Condé a dit que quiconque s’oppose à la tenue de ces élections et du référendum, de le frapper. Nous, on a dit : Dieu merci. Parce que je vous garantie que cette fois-ci, beaucoup seront frappés. Ça sera pire que la guerre sainte qui a opposé Diankèwali et les peulhs à Tourban. C’est Alpha Condé qui a ouvert le bal. On va se frapper jusqu’à ce qu’on se rende compte à qui revient le dernier mot. On verra ! Mais, le 1er mars, il n’y aura pas d’élections en Guinée », a promis Dr Fodé Oussou Fofana.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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