Malgré les nombreuses dénonciations, les cas d’enlèvement de citoyens se multiplient tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Le dernier cas en date a eu lieu le dimanche, 23 février 2020, avec le kidnapping de Mamadou Kallan Diallo, président de la Coalition des Etudiants Leaders de Guinée (CELG), une structure opposée à un troisième mandat pour le président Alpha Condé. Les faits se sont produits aux environs de 23 h à Hamdallaye Pharmacie, dans la commune de Ratoma, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon Mamadou Cellou Diallo, secrétaire chargé à la communication de la CELG, ce sont des hommes en uniforme qui ont enlevé son collègue. « Hier dimanche, nous avions un programme ensemble qu’on devait effectuer. C’était pour multiplier les tracts que nous devions distribuer dans les différentes universités, pour inciter les étudiants à expliquer aux parents les dangers à l’adoption d’une nouvelle Constitution… Je devrais partir en première position au cyber. Quand je suis arrivé sur place, j’ai trouvé que l’informaticien avait déjà fermé.

Le président de la CELG devait quitter Sonfonia pour venir. Je lui ai dit de m’attendre à Hamdallaye Pharmacie pour essayer de chercher un autre endroit pour multiplier ces tracts. J’ai quitté Commandayah pour venir le rejoindre là où il m’attendait. Dès que je suis arrivé, je l’ai trouvé avec des hommes en uniforme. Ils étaient en train de lui demander en Soussou, Anah mindé (où est-il, ndlr). Comme il ne comprend pas cette langue, il leur a répondu en français. Il disait en français qui ? Quoi ? … C’est dans ces conditions qu’il a été kidnappé aux environs de 23 h par des hommes en uniforme, qui étaient à bord d’un pick-up blanc non-immatriculé. Ils sont partis vers Bambéto. C’était tellement rapide, c’est comme si c’est dans un film », a expliqué le jeune homme.

Pour Mamadou Cellou Diallo, son ami a été kidnappé à cause de ses opinions, notamment son opposition à l’adoption du projet de nouvelle Constitution. « En fait, ces derniers temps, nous sommes en train de travailler sur le projet portant sur la conscientisation de la population sur les dangers liés à l’adoption d’une nouvelle constitution. Donc, nous avons estimé que le combat contre le 3ème mandat n’était pas un combat politique, ethnique ou régional. C’était un combat citoyen et nous avons décidé, en tant qu’étudiants, d’informer les populations sur les dangers liés à ça », a indiqué le secrétaire chargé à la communication de la CELG.

De son côté, Mamadou Saïdou Diallo, frère de la victime, dit être inquiet depuis l’enlèvement de Mamadou Kallan Diallo, et demande sa libération. « C’est un jeune qui a des convictions. Mais, lorsqu’il s’est engagé dans des luttes pareilles, je lui avais de faire doucement, qu’on est dans un pays où la démocratie n’existe pas. Hier, vers minuit, j’ai un ami qui m’a appelé pour me dire que mon frère a été arrêté. Je ne n’ai pas pu dormir et j’ai mal au cœur à cause de ça. Je demande à l’autorité, à l’Etat ou bien à ceux-là qui l’ont enlevé de nous dire où il est pour qu’on aille le chercher. Il n’est ni politicien, ni autre chose, rien du tout. Il n’a fait qu’exprimer son opinion. Au moins on doit respecter la liberté d’expression. Mais, je ferai tout mon possible pour le récupérer », a-t-il laissé entendre.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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