Antonio Souaré et Salifou Camara Super V

Le dossier judiciaire opposant la Fédération Guinéenne de Football (Féguifoot) à quatre de ses anciens dirigeants s’est ouvert hier lundi, 24 février 2020, au tribunal de première instance de Kaloum. Salifou Camara, connu sous le nom de Super V, ancien président de la Féguifoot ; Ibrahima Blasco Barry, ancien secrétaire général de la Féguifoot ; Aboubacar Morthon Soumah, ancien agent comptable ; et Aly Camara, sont poursuivis pour des faits d’abus de confiance et d’atteinte à l’image d’autrui, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon nos informations, il est reproché à ces quatre personnes des faits de détournement de fonds, portant sur la somme de 28 milliards francs guinéens pendant la période de 2013 à 2015.

Les prévenus, qui comparaissent libres, ont nié les faits pour lesquels ils sont poursuivis en plaidant non coupables à la barre. Ibrahima Blasco Barry se dit être surpris d’être cité dans cette affaire alors qu’il devait être « décoré » pour service rendu à la nation. « C’est avec une grande surprise que je me vois cité dans une affaire de détournement de 28 milliards. Je suis à la fédération depuis 1994 et je n’ai jamais été accusé de quoi que ce soit. De 2013 à 2015, il y a chaque année des audits des comptes de la fédération et un rapport est adressé à la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) sur l’utilisation de tous les fonds que la fédération reçoit. Je ne comprends pas comment ce que ces audits n’ont pas pu prouver peut aujourd’hui être évoqué pour m’incriminer. »

Cité dans une affaire de 800 mille Euros de la société de téléphonie mobile MTN, Ibrahima Blasco Barry a botté en touche. « Je suis également étonné qu’on m’accuse d’avoir détourné les 800 mille euros de MTN. En fait, la Guinée devait postuler pour l’organisation de la CAN de 2019 ou celle de 2021; il n’y avait pas d’argent. Il fallait donc trouver de l’argent pour monter un dossier de candidature. Pour cela, nous avons recruté un cabinet pour le montage de notre dossier de candidature. Pour payer ce cabinet international, et en collaboration avec le gouvernement, MTN a offert une enveloppe de 800 mille euros qui a servi à payer ces experts. Ceci nous a permis de défendre le dossier de la Guinée et d’obtenir l’organisation de la CAN de 2023. Au lieu de me retrouver ici, je crois que je devais plutôt être décoré de médailles », a-t-il laissé entendre.

Pour sa part, Salifou Camara Super V soutient que cette affaire est une cabale montée par l’actuel président de la FEGUIFOOT, Antonio Souaré, depuis 2011 pour le salir et récupérer le poste qu’il occupait. « Dans cette affaire, il y a des non-dits qui remontent depuis 2011. C’est monsieur Mamadou Antonio Souaré, dans son envie de me remplacer à la tête de la FEGUIFOOT, qui a incité un dysfonctionnement profond à la fédération. Il a approché certains travailleurs dans le but de créer des crises pour que l’on dise que la fédération ne fonctionne pas normalement. Avec cette situation, on pourrait mettre en place un comité de normalisation et à l’issue, on allait me faire partir. Ensuite, il a organisé un tract pour me salir, d’abord à l’interne, puis à l’international », accuse Super V.

Pour arriver à ses fins, poursuit-il, Antonio Souaré aurait commandité des audits en confiant la tâche à un de ses amis à qui il aurait donné une importante somme d’argent. « Alors, Antonio Souaré a commandité un audit. Même cet audit n’a pas été organisé dans des conditions normales. Il a confié cet audit à son ami, Mory Cissé, à qui il a payé 73 mille dollars par mois et qui lui a déposé un rapport à usage personnel. C’est ce rapport qu’il utilise pour nous accuser de corruption », soutient Super V.

En outre, l’ancien président de la FEGUIFOOT met en doute l’audit qui l’incrimine, surtout qu’il affirme n’avoir jamais été entendu par les auditeurs. « Cet audit ne m’est pas opposable pour la simple raison qu’il n’a pas été fait conformément aux statuts de la FEGUIFOOT. En plus, je n’ai jamais été entendu par les auditeurs pour une confrontation avec les faits qu’on me reproche aujourd’hui. Il ne me désigne pas non plus pour avoir détourné quoi que ce soit. Et mieux, même si les faits qu’on me reproche aujourd’hui s’avéraient, ils ne peuvent pas constituer d’infractions car ils sont frappés de prescription. Je tiens à rappeler que les faits dont il est question remontent en 2013 jusqu’en 2015 ».

Après des débats et une projection de quelques séquences de preuves par le camp Super V, la présidente du tribunal a renvoyé l’affaire au jeudi 27 février pour la suite des débats.

Alsény KABA pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Alpha Guineematin.com