Dans entretien qu’il a accordé à un journaliste de Guineematin.com, ce mardi 25 février 2020, l’honorable Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale, a réagi à plusieurs sujets d’actualité. Il s’agit entre autres, du retrait de l’OIF du processus électoral guinéen, de la sortie du FNDC qui appelle au départ du président Alpha Condé du pouvoir, et du double scrutin du 1er mars prochain. Des questions brûlantes que ce responsable du parti au pouvoir a évoquées avec son franc-parler habituel.

Décryptage !

Guineematin.com : dans un communiqué diffusé hier, lundi 23 février 2020, sur son site, l’Organisation Internationale de la Francophonie a annoncé son retrait du processus électoral en cours dans notre pays. Comment réagissez- vous à cette décision ?

Amadou Damaro Camara : je ne sais pas de quel processus l’OIF se serait retirée. Ils ont été invités par la CENI depuis novembre 2019, ils ont fini leur mission le 20 février dernier, ils ont remis le rapport de leur activité au président de la CENI, ils se sont proposés de faire la remise le 15 mars après les élections. Et quand tu es commis à une tâche par une institution, et quand tu penses qu’il y a des problèmes, c’est à cette institution qu’il faut d’abord s’adresser. La CENI ne devrait pas apprendre leur prétendu retrait par voie de presse, quand ils ont déjà déposé leur rapport au niveau du président de la CENI. Vous avez vu le communiqué de la CENI, vous avez vu le rapport du président de la CENI.

Donc, le rôle de la CENI n’est pas politique, ce n’était pas à elle de demander un consensus. Mais, ils ont demandé à la CENI de ne pas faire les élections le 28 décembre puisque c’était pour des problèmes techniques ; leur rôle s’arrête strictement au niveau technique. Un fichier n’est pas consensuel, un fichier est technique. On ne dit pas dans ton fief il y a 1000, il faut que dans mon fief il y ait 800. Cela ne se négocie pas, ce n’est pas des négociations politiques ça. Donc de toutes les façons, ce n’est pas à 5 jours des élections qu’on peut se retirer d’un processus qu’on a déjà conclu. Et, les institutions internationales et les pays partenaires comprennent que depuis 61 ans, la Guinée est un pays souverain, le processus est déjà lancé et le dimanche prochain, la Guinée procédera au vote.

Guineematin.com : vous dites que la Guinée est un pays souverain, c’est vrai. Mais, vous rappeliez tantôt que c’est la CENI qui a fait appel à l’expertise de l’OIF. Est-ce que cette sollicitation ne découle pas du fait que la commission électorale est incapable à elle seule d’organiser ces élections sans se faire aider par une expertise internationale ?

Amadou Damaro Camara : la CENI a fait appel à l’OIF parce que tout simplement ceux de l’opposition, tant qu’il n’y a pas l’étranger ils ne sont sûrs de rien. C’est tout. C’était une supervision, sinon ils ne pouvaient pas envoyer l’expertise qui n’était pas sur place. Quand on voulait faire l’enrôlement, c’est eux-mêmes (les opposants, ndlr) qui ont demandé qu’on ait un opérateur international parce que la CENI n’a pas ceci, la CENI n’a pas cela. Ils ne sont jamais d’accord quand ce n’est pas en leur faveur.

Guineematin.com : selon vous, quelles conséquences ce retrait de l’OIF pourrait avoir sur le double scrutin du 1er pars prochain ?

Amadou Damaro Camara : je dis qu’il n’y aura aucune conséquence. Le processus est terminé, le rôle de l’OIF dans le processus est terminé. Donc, son retrait aujourd’hui n’a aucune incidence sur le processus.

Guineematin.com : est-ce que ça ne va pas entacher la crédibilité de ces élections ?

Amadou Damaro Camara : la crédibilité c’est ce que le peuple de Guinée va donner dimanche prochain. Si le peuple se mobilise dimanche pour aller voter, le scrutin sera crédible. Et, c’est tout ce que nous demandons ; maintenant, l’opinion des autres s’ajoute à cela.

Guineematin.com : à l’issue d’une plénière tenue à son siège hier, le FNDC a annoncé qu’il ne reconnait plus Alpha Condé comme président de la République de Guinée et a demandé son départ. Comment réagissez-vous à cette sortie ?

Amadou Damaro Camara : je dis tout simplement que c’est une bêtise politique. Ce n’est pas le FNDC qui a élu le président de la République, c’est le peuple de Guinée qui l’a élu à près de 60%. Donc, ce n’est pas quelques individus qui diront nous le reconnaissons ou nous ne le reconnaissons pas. Mais je les préviens, s’ils ne reconnaissent pas la République, la République les reconnaitra quand ils vont fauter. De toutes les façons, le FNDC, c’est l’UFDG dans l’accoutrement appelé FNDC. Cellou n’a jamais reconnu aucune victoire du professeur Alpha Condé, donc ce n’est pas nouveau. Ni en 2010, ni en 2015, il n’a reconnu aucune élection. Pour lui, il a toujours gagné mais il a été triché.

Guineematin.com : le FNDC justement réitère également sa décision d’empêcher la tenue des élections législatives et du référendum constitutionnel du 1er mars prochain. Avez-vous des inquiétudes par rapport à ces menaces des opposants ?

Amadou Damaro Camara : écoutez, qu’une bonne frange de la population veuille installer de la chienlit dans le pays, c’est inquiétant. Aujourd’hui, l’opposition n’a que le chaos à proposer. Mais, ils ne feront plus rien de ce qu’ils n’ont pas déjà fait. Ils ont tiré sur une citerne pleine de carburant, ils ont déversé de l’huile de vidange sur la chaussée.

Guineematin.com : où et quand ils ont fait ça ?

Amadou Damaro Camara : vous ne savez pas ce qui s’est passé à Matam ? Vous ne savez pas ce qui s’est passé à Tombolia ? Vous ne savez pas qu’ils ont tiré sur une citerne pleine de carburant ? Vous ne savez pas qu’ils ont déversé de l’huile de vidange sur la chaussée et que des Magbanas (des minibus) sont venus trébucher là-dans avec des passagers ? Vous ne savez pas qu’ils ont brulé des commissariats, ils ont brûlé des gendarmeries ? Vous ne savez pas qu’ils ont attaqué des prisons pour libérer des malfrats ? Vous ne savez pas qu’ils ont attaqué le cortège du Premier ministre ? Vous ne savez pas qu’ils se sont attaqués à des préfectures, ils ont chassé des préfets, des sous-préfets, ils sont brûlé des résidences de l’Etat ?

Qu’est-ce qu’ils vont faire de plus ? Peut-être ce qui leur reste, c’est de prendre des armes et tirer dans les rues sur des gens. Et dans ces conditions, l’Etat prendra ses dispositions. Il n’y a aucune menace qui n’est pas lancée encore. Je me souviens quand ils ont dit : à telle date si quelqu’un va au travail, c’est qu’on a échoué. Ils ont même fait des jours de baptême à partir du 13 janvier. Il y a eu la marche de l’ultimatum, il y a eu la marche de l’assaut final etc. C’est le peuple de Guinée qui ne les a pas suivis, le peuple de Guinée ne veut pas de la guerre dans ce pays même si c’est ce qu’ils souhaitent aujourd’hui, la chienlit en Guinée.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com
Tél. : (00224) 621 09 08 18

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