La fermeture des frontières terrestres aux importations continue de jouer sur le quotidien des Guinéens, entraînant une hausse généralisée des prix de nombreux produits. Les commerçants du grand marché de Madina, dans la commune de Matam, sont aujourd’hui désemparés avec de nombreux produits de consommation courante qui commencent à manquer, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Au marché de Madina, commerçants et marchands sont frappés de plein fouet par la fermeture des frontières terrestres aux importations. C’est ce qui se dégage du constat fait sur le terrain hier lundi, 02 mars 2020. De nombreux produits commencent à manquer avec pour conséquences la hausse des prix sur le terrain : il s’agit des cartons de mayonnaise, de lait, de beurre, des boites de tomate pour ne citer que ceux-ci.

Elhadj Amadou Mamoudou Diallo, commerçant à Madina, est revenu sur les motifs de cette augmentation. « On a constaté que chaque jour, les prix des denrées alimentaires augmentent. On a demandé à ceux qui amènent les marchandises pourquoi les prix montent ? Ils nous ont dit qu’il y a beaucoup de camions contenant des marchandises aux différentes frontières. Les camions ne passent pas. Ce qui fait qu’il y a beaucoup de marchandises qui manquent sur le marché.

C’est ça le vrai problème. Ce qu’on a ici, c’est déjà consommé, on n’a rien. Le peu de marchandises qui se trouvent ici, il y a certains citoyens qui sont obligés d’augmenter le prix pour gagner plus. Au moins, si c’est le dollar qui montait, on pouvait comprendre. Mais le dollar n’a pas monté. Quand nous prenons par exemple un carton de mayonnaise qui était vendu à 300 mille GNF, aujourd’hui, le même carton est vendu à 340 mille GNF, au cas où tu en trouves. Actuellement, beaucoup n’en ont pas », a-t-il dit.

De son côté, Mamadou Saliou Diallo, marchand de son état, n’a pas caché sa frustration vis-à-vis de la décision des autorités. Il appelle ses amis à ne pas profiter de cette crise pour augmenter le prix des produits alimentaires. « Ils ont fermé les frontières sans informer les commerçants. Ce n’est pas du tout bien. Je pense que si on se concertait, ça pouvait aider. S’il n’y a pas de marchandises, le peu qu’on a ici, certains préfèrent augmenter le prix. Mais ça, ce n’est pas bon dans le commerce.

Si tu achètes un produit à 1000 francs, tu dois revendre à 1100 francs pour aider la population. Mais, en ce qui nous concerne, c’est la douane qui est tellement chère. Les taxes et les impôts sont chers. Si le gouvernement ne libère pas les marchandises d’ici un mois ou deux, il y aura crise et il n’y aura pas de marchandises, parce que toutes les marchandises sont bloquées là-bas. »

Même son de cloche chez Mamadou Hassimiou Bah, également marchand à Madina, qui explique la hausse des prix par la rareté des produits. « Les cartons de mayonnaise, les cartons de lait, des beurre ont connu une augmentation en termes de prix. Aujourd’hui, les cartons de mayonnaise coûtent entre 330 mille et 335 mille GNF. Avant, on le revendait à 295 mille.

Le carton de beurre de 5kg, on le revendait à 320 mille ; actuellement, son prix se négocie à 360 mille GNF. Avant, le carton de lait se négociait à 325 mille et actuellement, c’est à 350 mille GNF. On peut dire que c’est le manque de marchandises sur le marché qui explique cette augmentation des prix des denrées alimentaires. C’est la rareté qui fait que le prix augmente. »

Mohamed DORE pour Guineematin.com
Tel : +224 622 07 93 59/666 87 73 97

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