A la faveur d’une conférence de presse qu’il a tenue à Conakry ce vendredi, 06 mars 2020, le Front National pour la Défense de la Constitution s’est exprimé sur les cas de kidnappings de citoyens qu’on enregistre actuellement en Guinée. Le FNDC a fustigé les multiples enlèvements d’opposants à un troisième mandat pour le président Alpha Condé perpétrés par des hommes cagoulés. La structure accuse le commissaire Fabou Camara, le directeur central de la police judiciaire, d’être l’instigateur de ces kidnappings et promet de saisir la Cour Pénale Internationale pour alerter sur cet état de fait, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à cette rencontre avec les hommes de médias.

Devant plusieurs journalistes qui étaient à la maison de la presse, la coordination nationale du FNDC a tout d’abord tenu à répondre à la récente sortie du directeur central de la police judiciaire, qui a accusé la structure de planifier des actes de violences. Ce que dément catégoriquement Ibrahima Diallo, le coordinateur des opérations du Front National pour la Défense de la Constitution. Il souligne que le FNDC mène une lutte citoyenne et par les moyens que la loi met à la disposition de tous les citoyens. « Ces moyens là sont prévus par les articles 10 et 21 de la Constitution guinéenne. Le FNDC ne cautionnera jamais des actes violents, à plus forte raison les encourager. Les méthodes du commissaire Fabou est connu de tous. Il vous souviendra qu’il est l’une des pièces maîtresses du montage du fameux dossier de l’attaque du domicile du président de la république…

Et, vous avez constaté qu’à la veille de chaque manifestation du FNDC, le Commissaire Fabou sort des personnes et des armes sur la RTG (Radio Télévision Guinéenne) et affirme que ces personnes sont arrêtées en prélude à la manifestation du FNDC pour la résistance citoyenne, active et permanente. Il travaille à créer une connexion entre les violences et le FNDC. Mais, l’histoire est têtue. Tout récemment, vous avez vu des policiers mettre le feu au marché de Koloma. Et, aucun de ces policiers n’a été arrêté. Ce qui fait qu’aujourd’hui, nous avons assisté aux incendies de différents marchés à Conakry et à l’intérieur du pays…

Donc, c’est pour autant vous dire que le Commissaire Fabou et son équipe, à travers leurs méthodes, sont en train de développer la politique du miroir. Parce que tout le monde sait aujourd’hui quels sont les auteurs des violences, quels sont ceux qui détiennent des armes et qui tuent, quels sont ceux qui partent dans les quartiers pour kidnapper les citoyens. Nous voudrons prendre la communauté nationale et internationale à témoins sur les comportements du Commissaire Fabou. Et, nous n’allons pas tarder à saisir, à travers un courrier, au titre préventif, la Cour Pénale Internationale, les organisations de défense des droits humains et les organisations internationales sur ces attitudes du Commissaire Fabou et son équipe », a-t-il indiqué.

Pour ce coordinateur des opérations du FNDC, depuis une semaine maintenant, les responsables de cette entité qui s’oppose à un troisième mandat pour le président Alpha Condé sont pris en filature par des agents de la BRI (Brigade de Recherche et d’Investigation) et de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme). « Ces agents cagoulés et parfois en civils sont utilisés par le Commissaire Fabou pour filer les leaders du FNDC, des paisibles citoyens. Nous dénonçons ces comportements aujourd’hui pour que la communauté nationale et internationale soient témoins de ce qu’il est en train de faire », a dit Ibrahima Diallo.

Prenant la parole, Sékou Koundouno, responsables des stratégies et planifications du FNDC, a laissé entendre que la mission régalienne de la police guinéenne est en train d’être orientée vers la politique. « Ce n’est plus une police au solde du citoyens pour sa sécurité et sa protection ; mais, c’est une police qui est en train d’orienter ses gardes, ses services vers les actions politiques. Et, l’exemple le plus éloquent, c’est la brigade de recherche et d’investigation. Ce sont des personnes cagoulées, détenant des armes automatiques et avec un mode d’attroupement différent, que vous voyez dans des véhicules non immatriculés, souvent de couleur blanche… Ceux qui mènent le combat du FNDC sont connus de tous. Nous menons ce combat à visage découvert. Et, on l’a dit à qui veut l’entendre : c’est au prix de notre vie que nous allons renoncer à ce combat », a-t-il dit.

Selon cet activiste de la société civile, la Brigade de Recherche et d’Investigation (BRI) a été mise en place dans le cadre du programme d’appui à la reforme des services de sécurité, dans le but d’aider à coordonner les opérations de la Direction centrale de la Police Judiciaire (DPJ). Mais, aujourd’hui, déplore-t-il, la BRI ne procède qu’à des kidnappings, des enlèvements et aux tortures de toutes sortes. « Comment peut-on prendre une entité spécialisée, neutre, et l’orienter à des fins politique ? Mais, comme ceux qui gouvernent l’humanité ne dorment pas, je vous informe que ceux qui financent la BRI, l’Union européenne, ont suspendu tout envoi d’experts pour apporter toute assistance à cette entité, pour l’instant…

Parce qu’actuellement, on constate que nous sommes dans un Etat où Fabou et ses hommes agissent en toute impunité ; et, on les laisse faire. Mais, le FNDC a décidé de mettre fin à cette pagaille et à instaurer l’autorité de l’Etat. Au sein du FNDC, nous avons jugé nécessaire de mettre fin à cette pagaille. Dans les heures qui suivent, nous saisirons la Cour Pénale Internationale, dans sa section persécution et crimes de masse. Des huissiers sont en train de travailler, pour écouter toutes les victimes du Commissaire Fabou. Les preuves seront réunies, documentées et transmis à la CPI.

Parce qu’on ne peut pas se permettre, après 60 ans d’indépendance, que les faits de kidnappings, de filatures, de tortures, de violation systématique des textes fondateurs de la République soient foulés au sol et qu’on se remette au seigneur », a indiqué Sékou Koudouno, tout en martelant que le FNDC ne reculera pas dans son combat contre « le coup d’Etat constitutionnel » que le pouvoir en place tente de perpétrer en Guinée, dans le but unique d’octroyer un troisième mandat au président Alpha Condé.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tel : 622 97 27 22

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