Les jeunes de la région forestière n’en démordent pas contre le préfet de N’Zérékoré, Elhadj Sory Sanoh qui a tenu des propos jugés « malveillants ». Après l’expiration de l’ultimatum de 72 heures pour son départ de la ville, les secrétaires généraux des 22 quartiers de la commune urbaine et l’Union Régionale de la Jeunesse Forestière remettent ça. Réunis hier dimanche, 08 mars 2020, les jeunes exigent le départ d’Elhadj Sory Sanoh, rapporte le correspondant de Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A l’occasion d’une conférence de presse tenue récemment, le préfet avait surpris plus d’un en affirmant qu’il était prêt « à égorger quelqu’un si le président de la République le lui demandait ». Suite à ces propos, les jeunes de la Forêt avaient adressé une correspondance au gouverneur, lui demandant de faire remplacer le préfet. Malgré la rencontre avec le gouverneur, Mohamed Ismaël Traoré, qui a fustigé les propos et présenté des excuses, les jeunes n’ont pas changé d’avis.

Au terme de leur rencontre d’hier dimanche, les jeunes ont donné encore une fois deux jours au préfet Sory Sanoh pour quitter la ville. Ils promettent d’ailleurs de faire une marche pacifique le mardi, 10 mars 2020, pour exiger son départ. C’est François Koné, le président de la jeunesse forestière, qui l’a annoncé.

« Suite aux propos malveillants du préfet Sory Sanoh, lors de son point de presse, qui ont suscité beaucoup de problèmes dans la cité, la jeunesse de la Forêt, soucieuse du maintien de la paix et de la quiétude sociale, avait adressé une lettre à monsieur le gouverneur qui demandait le départ pur et simple de monsieur le préfet. Conscients de tout ce qui se passe dans la ville de N’Zérékoré, nous, populations de N’Zérékoré sans exception, préoccupées pour la paix et la quiétude sociale, nous n’avons pas encore eu la réponse de la lettre que nous avons adressée à monsieur le gouverneur. Ainsi, vu le silence des autorités, nous avons décidé d’organiser une marche le 10 mars 2020. Ce n’est pas pour sortir casser, ni contre quelqu’un. On sort librement pour demander le départ de monsieur le préfet de la ville de N’Zérékoré », a déclaré François Koné.

Pour Eugène Loua, président des secrétaires généraux de la jeunesse de la commune urbaine, il n’est pas question que le préfet fasse plus de 2 jours dans la ville de N’Zérékoré. « Le préfet nous a humiliés, il a insulté nos parents, même le patriarche. Pire, il dit que si le président lui ordonnait d’égorger quelqu’un, il allait le faire. C’est pourquoi nous les jeunes, on s’est levé pour lui dire, s’il veut égorger, il n’a qu’à aller à Kouroussa ou à Kankan, mais pas à N’Zérékoré. On ne veut plus du préfet Sory Sanoh ici à N’Zérékoré. On veut un nouveau préfet. Donc, à partir de maintenant jusqu’au mardi, s’il ne quitte pas, il va quitter. On ne veut plus le voir ici », a dit cet autre jeune.

Ces organisations de jeunesse invitent les populations de la Guinée forestière, notamment les jeunes de la ville de N’Zérékoré, à se mobiliser massivement pour prendre part à la manifestation du mardi, 10 mars 2020. Elles exhortent également les forces de sécurité à plus de responsabilité.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com
Tel : +224620166816/666890877

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