Elhadj Boubacar Diallo, 5 de ses « collègues » et 3 agents de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) sont jugés depuis quelques temps au tribunal de Dixinn pour escroquerie portant sur un montant de 880 mille dollars USD. Ce dossier, relatif à l’achat de lingots d’or, oppose les neuf prévenus à Carlos Vegas Parada et Raphaël Perez Pérézo, ressortissants Vénézuéliens. Pour la journée d’hier, mercredi 11 mars 2020, on en était aux réquisitions et plaidoiries des parties au procès, a constaté un reporter que Guineematin.com a dépêché au tribunal.

Selon nos informations, cette affaire remonte à l’année 2017. C’est à cette période que Carlos Vegas Parada et Raphaël Perez Pérézo sont entrés en contact avec Mohamed Lamine Konaté, un des prévenus, pour acheter de l’or en Guinée. Après la conclusion du contrat, les étrangers sont venus à Conakry, accueillis et logés dans un hôtel de la place.

Pour leur permettre d’avoir de l’or, Mohamed Lamine Konaté, Koutoubou Sylla, Mayra Villafuerta, Mohamed Damba, Elhadj Ibrahima Santia Camara vont contacter l’homme d’affaires, Elhadj Boubacar Diallo, directeur de la société SOCAMI, agréée dans la vente d’or. Elhadj Boubacar est allé à la BCRG avec cette équipe pour ouvrir un compte transit et convaincre les étrangers de l’existence de l’or.

Carlos Vegas Parada et Raphaël Perez Pérézo sont repartis chez eux en attendant la livraison de 30 kilogrammes d’or. Mais, à leur grande surprise, les deux Vénézuéliens ne voient que 9 kilogrammes d’or. C’est ainsi qu’ils vont porter plainte pour escroquerie contre Elhadj Boubacar, les 5 hommes d’affaires, et trois cadres de la BCRG : Thierno Sadou Diallo, Mohamed Ciré Camara et Saliou Sylla.

Sur les neuf prévenus, c’est seulement Elhadj Boubacar Diallo qui est en détention depuis le 19 septembre 2018. Mohamed Lamine Konaté, Koutoubou Sylla, Mayra Villafuerta, Mohamed Damba, Elhadj Ibrahima Santia Camara sont en fuite. Les trois agents de la BCRG comparaissent libres.

Dans ses réquisitions, le procureur Daouda Diomandé a laissé entendre qu’il y a bien escroquerie dans ce dossier. « Il y a eu escroquerie avérée et l’imputabilité revient à Elhadj Boubacar Diallo, madame Mayra Villafuerta, Koutoubou Sylla, Mohamed Lamine Konaté, Mohamed Damba, Elhadj Ibrahima Santia Camara. C’est pourquoi je vous demande de relaxer les cadres de la Banque Centrale car nous n’avons aucune preuve contre eux. Ils ont travaillé dans les règles de l’art. Par contre, je demande de condamner Elhadj Boubacar Diallo à 3 ans d’emprisonnement. Pour les 5 autres, qui sont en fuite, je requiers leur condamnation à 5 ans de prison par défaut et qu’un mandat d’arrêt soit décerné contre eux à l’audience. Vous les Condamnerez, solidairement, au payement intégral des montants de 880 000 dollars », a requis le procureur.

Dans la même lancée, l’avocat des deux Vénézuéliens va réclamer le payement intégral des montants de 880 000 dollars USD, à titre principal, et 400 000 dollars à titre de dommages et intérêts.

De leur côté, les avocats de la défense vont demander au tribunal de se déclarer incompétent dans ce dossier. « Il s’agit d’une affaire contractuelle. Ce n’est pas une affaire pénale. C’est une affaire purement commerciale. Donc, le tribunal de première instance de Dixinn doit se déclarer incompétent à juger de cette affaire », a lancé maître Dinah Sampil.

Pour sa part, maître Daniel Haba va demander au tribunal de débouter la partie civile de ses prétentions en rejetant les réquisitions du ministère public.

En ce qui concerne les trois cadres de la BCRG, leur avocat, maître Saa Dissi Millimouno, a laissé entendre que ses clients n’ont rien fait avant de demander la condamnation des deux étrangers pour abus de constitution de partie civile. « Thierno Sadou Diallo, Mohamed Ciré Camara, Saliou Sylla n’ont fait que leur travail. Ils n’ont rien à faire dans cette procédure. Je vous demande de les renvoyer des fins de poursuite et de condamner la partie civile au payement de 500 millions de francs guinéens au profit de ces trois cadres de la Banque Centrale pour abus de constitution de partie civile », a-t-il plaidé.

Le juge a mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le 22 avril 2020.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/ 654 416 922

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