La mission d’audit du fichier électoral vient de rendre public le secret de polichinelle. A savoir que le fichier électoral guinéen contient plus de 2 millions d’électeurs « anormaux ». Avant cette mission, d’autres avaient fait le même constat. C’est donc moins d’une information que nous avons obtenue qu’une confirmation. Désormais, tous les partenaires multilatéraux de la Guinée sont unanimes que le fichier électoral guinéen n’est pas fiable.

Après la publication de ce rapport, la CENI, dépouillée de toute crédibilité, tente de nous distraire en disant qu’on peut corriger les anomalies détectées en un temps record. Mais, ce discours est du déjà entendu. Plus personne ne fait confiance à cette institution. L’opposition qui avait décidé de boycotter les élections législatives est confortée dans sa position. Elle doit maintenir la pression. L’objectif ultime doit être d’obtenir un fichier électoral fiable et acceptable par tous les acteurs. Ce qui n’est pas possible avec un organe partisan et partial.

En effet, pour qu’il y ait d’élections crédibles il faut un fichier fiable. Pour obtenir ce fichier il faut une commission électorale indépendante et impartiale. Ce qui n’est pas le cas de l’actuelle CENI. Le chamboulement de l’actuel fichier électoral est l’œuvre de la CENI. Laquelle est à la fois juge est partie. D’ailleurs le président de l’institution tire désormais à boulet rouges sur le principal parti de l’opposition qu’il considère comme un adversaire.

Après la confirmation des accusations de l’opposition celle-ci se frotte les mains. Elle a pu déjouer le piège en décrédibilisant le fichier qui devait permettre au pouvoir de réaliser un score brejnévien en cas d’élections. Désormais elle doit exiger la reprise du processus de bout en bout. Sachant que cette reprise conduirait, elle aussi, inéluctablement au glissement du calendrier électoral.

Mais, entre deux maux, il faut choir le moindre. C’est à l’opposition de faire le choix. Y compris l’opposition dite modérée. En l’occurrence celle qui avait décidé de participer aux élections législatives en dépit de toutes les anomalies connues de tous. Ceux qui avaient accepté d’aller aux élections sachant que le fichier était truffé d’anomalies devraient faire amende honorable pour se mettre sur la même longueur d’ondes que les partis qui avaient décidé de boycotter ces élections. Il ne s’agit pas d’être député à n’importe quel prix. Il s’agit de participer à la construction de la démocratie de l’Etat de droit.

Le moins que l’on puisse dire est que la confirmation par des experts indépendants de toutes les anomalies dénoncées partout par tous conforte d’une part les commissaires de la CENI qui avaient suspendu pleur participation au processus et d’autre l’opposition qui a appelé au boycott des élections. L’opposition modérée et la société civile devraient se joindre à l’autre opposition pour exiger désormais la mise en place d’une nouvelle CENI, laquelle devrait procéder à la reprise pure et simple du recensement de la population électorale.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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