L’installation des murets par le ministère des Travaux publics dans les marchés de Conakry a permis de fluidifier la circulation et de minimiser les risques d’accidents. Mais de nos jours, des vendeuses sont revenues sur la chaussée, devant les murets, notamment à Matoto, ENTAG et Enco5, s’exposant à tous les dangers. Interrogées ce jeudi, 12 mars 2020, des vendeuses de Matoto justifient leur présence sur la chaussée par le manque de places. L’administrateur du marché dit avoir pris des mesures pour faire partir les dames de la chaussée, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les citoyens de Conakry avaient salué l’installation des murets au niveau de certains marchés de Conakry : Concasseur, Matoto, ENTAG, Koloma, Sonfonia gare, Taouyah,… Mais, les vendeuses sont malheureusement revenues sur la chaussée, devant les murets, sous le nez et la barbe de tout le monde.

Kadiatou Soumah, vendeuse de piments, assise devant les murets du marché de Matoto, sait qu’elle court des risques en exerçant là son petit commerce. Mais, elle dit ne pas en avoir le choix. « C’est parce que nous n’avons pas le choix que nous nous asseyons derrière ces murets. Même s’il y a un risque ; mais, c’est par manque de places. Nous sommes sous le chaud soleil en respirant cette odeur nauséabonde des ordures qui nous fatiguent, des policiers viennent nous demander de l’argent à chaque fois pour qu’on puisse rester là, sans oublier le risque d’accidents que nous courons étant assises derrière ces murets au bord de la route. Mais, nous sommes obligées de rester là, pour pouvoir subvenir à nos besoins et avoir de quoi manger », a lancé Kadiatou Soumah.

Même son de cloche chez Mabinty Bangoura, vendeuse de légumes au marché de Matoto, également assise devant les murets, sur la chaussée. « Si vous voyez que nous avons franchi les murets pour nous asseoir au bord de la route, c’est parce que nous n’avons pas de places de l’autre côté. Là où on devrait s’asseoir, ils ont fait de là bas un dépotoir d’ordures. S’ils arrangent ce lieu pour nous pour chercher un autre endroit où déposer ces ordures, on n’aurait pas occupé la route pour vendre. Si on ne fait pas le petit commerce, comment allons-nous nourrir nos enfants ? Donc, on est forcé d’occuper la route. On a certes peur des accidents, mais un pauvre ne calcule pas. Parce que là où il gagne un peu, c’est là qu’il va rester. Nous demandons aux autorités compétentes de nous aider à avoir de la place, afin qu’on arrête de venir devant ces murets au bord de la route », a-t-elle laissé entendre.

Cette situation n’est pas du goût d’Oumar Sidibé, administrateur adjoint du marché Matoto. Selon lui, les dames qui occupent la chaussée ne relèvent pas de son marché. « Vraiment, on est très fatigué de ces femmes qui sont devant les murets, parce que c’est des femmes qui ne sont pas de notre marché. Sinon, celles qui ont de la place dans le marché sont toutes dans le marché et ne sortent jamais du périmètre du marché pour revendre leurs produits. Chaque matin, avant qu’on ne rentre au bureau ici, c’est par là qu’on passe pour dégager ces femmes qui s’asseyent devant les murets. Mais dès qu’on quitte, elles se réinstallent automatiquement », a fait savoir monsieur Sidibé.

Parlant des mesures concrètes prises pour faire partir ces vendeuses de la chaussée, Oumar Sidibé a confié à notre reporter avoir saisi la police. « Nous avons pris des mesures pour informer les deux postes de police qui sont à côté de nous, de nous venir en aide afin qu’on puisse déguerpir ces femmes. Donc, on a attend leur réponse par rapport à ça », a laissé entendre l’administrateur adjoint du marché Matoto.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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