Alors que Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré espéraient chacun succéder à l’actuel président de la République au terme de son deuxième mandat, ce dernier et les siens décident de leur barrer la route du palais. D’où le discours du chef de l’Etat selon lequel, même s’il n’y a pas de troisième mandat, il y aura le référendum pour changer la constitution « pour ne pas laisser le pays entre les mains d’un bandit ».

En prononçant ce discours, Alpha Condé n’avait nommé personne. Ce qui n’est le cas du chef de la majorité présidentielle au parlement. Amadou Damaro Camara, lui, ne va pas par quatre chemins. Il déclare qu’ « on ne peut pas laisser le pouvoir entre les mains d’un Cellou ou d’un Sidya. Pour le régime actuel, les collaborateurs du général Lansana Conté sont de trois catégories : il y a les bons, les ni bons ni mauvais et les pires des pires. Les premiers sont ceux qui sont avec lui. Ceux de la deuxième catégorie, ce sont ceux qui ne sont pas avec lui, mais ne le combattent pas. Et, enfin, les troisièmes sont les opposants. Particulièrement le duo Cellou et Sidya.

Le chef de l’Etat et ses proches ne manquent pas une seule occasion pour dénoncer les anciens Premiers ministres. Un étranger qui ne connait pas la Guinée et qui écoute certains discours du président aurait l’impression que c’est lui qui est l’opposant. Dix ans après son accession au pouvoir il accuse encore les anciens Premiers ministres d’être responsables de la situation peu enviable de la Guinée. C’est comme si demain on nous dit qu’au lieu d’Alpha Condé, ce sont Mohamed Saïd Fofana et Mohamed Youla qui sont responsables de la situation économique de la Guinée entre 2010 et 2020.

Le sévère réquisitoire contre les anciens Premiers ministres devrait unir ces derniers. Ce qui n’est pas souvent le cas. Il a fallu la volonté d’instaurer une nouvelle présidence à vie pour que Cellou et Sidya signent un nouveau un mariage de raison. Jusqu’à ce qu’ils parviennent à faire capoter le projet de nouvelle constitution. Si jamais ils atteignent cet objectif, les deux hommes vont vite divorcer. Parce que les deux visent le même fauteuil que va céder Alpha Condé.
Malheureusement pour eux, le chef de l’Etat ne veut pas voir demain à sa place un ancien Premier ministre. Il l’avait fait savoir à N’Zérékoré. Et son chef de la majorité au parlement lui a emboîté le pas. Même si le chef de l’Etat n’avait cité nommément personne, Amadou Damaro, lui, l’a fait. Les intéressés ne se font désormais aucune illusion sur ceux que le président avait qualifiés de « bandit ». Devant cette détermination à leur barrer la route de Sékoutouréya, un scénario à la congolaise n’est pas à exclure : « Vous m’empêchez de rester président mais vous ne le serez pas non pas.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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