Suite à leur décision de démissionner à la veille du double scrutin législatif et référendaire du 22 mars 2020, les présidents des différentes CESPI de Labé ont été convoqués à une réunion au siège de la CEPI. Au cours de la rencontre, qui a eu lieu le jeudi 19 mars, leur tutelle aurait mis la pression sur eux pour qu’ils acceptent d’organiser les élections, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A l’issue de cette réunion, tenue à huis clos, Elhadj Lamine Sangaré, le président de la CEPI de Labé, a déclaré que les présidents des CESPI, qui avaient annoncé préalablement leur démission, ont pris l’engagement d’organiser les élections du 22 mars.

« A l’exception de la sous-préfecture de Tountouroun, les autres présidents des CESPI se sont engagés à organiser les élections dans leurs sous-préfectures respectives, si toutefois les autorités arrivent à déployer les forces de sécurité suffisantes pour sécuriser les matériels et les bureaux de vote, les membres des bureaux de vote, ainsi que les démembrements de la CENI. Je leur ai promis de transmettre fidèlement aux autorités. Donc désormais, la balle est dans le camp des autorités », a indiqué le président de la commission électorale préfectorale indépendante.

Mais, les présidents des commissions électorales préfectorales indépendantes (CEPI) que nous avons interrogés, ont démenti cette déclaration. Ils ont expliqué que le président de la CEPI les a convoqués à cette rencontre pour leur mettre la pression afin qu’ils acceptent d’organiser les élections dans leurs localités. « Nous avons été convoqués par le président de la CEPI pour nous obliger à nous engager contre notre gré à organiser les élections législatives et référendaires dans nos différentes sous-préfectures.

Et cela, en dépit du fait que depuis hier, nous avons signifié à notre tutelle l’impossibilité d’organiser ces élections. Le président de la commission électorale préfectorale indépendante nous a demandé de tout faire pour que le vote ait ne serait-ce que dans un seul bureau de vote par sous-préfecture. Mais, nous avons réitéré notre souci majeur qui est celui de notre sécurité et celle de nos familles.

Le président de la commission électorale préfectorale indépendante nous a informés que les autorités vont dépêcher un dispositif sécuritaire pour que les élections se tiennent mais nous ne sommes pas prêts à sacrifier nos vies pour quels que motifs que ce soit. Donc, c’est seulement les CESPI de Taran et de Hafia qui se sont formellement engagés pour l’organisation des élections dans leurs sous-préfectures », a laissé entendre un président d’une CESPI qui s’est exprimé sous anonymat.

Une version confirmée par un membre de la CEPI de Labé, qui a pris part à la rencontre. « Les démembrements ont été très clairs : ils ont dit qu’ils ne peuvent pas organiser ces élections. Mais, les autorités passent par tous les moyens pour les obliger à s’engager sachant pertinemment que c’est impossible. Au lieu de dire clairement aux autorités locales la vérité, notre président, Elhadj Lamine Sangaré, fait semblant en mettant la pression sur ces personnes. Sinon ils ont dit qu’ils ne peuvent pas parce qu’ils sont menacés avec leurs familles, pourquoi alors les obliger à le faire ? »

A noter que les CESPI ne sont pas les seules à enregistrer des démissions à Labé. Sur les 275 membres des bureaux de vote de la commune urbaine également, 185 ont démissionné, à quelques jours seulement du double scrutin de dimanche. De son côté, l’antenne locale du FNDC assure qu’elle mettra tous les moyens possibles pour empêcher le vote à Labé.

Depuis Labé Alpha Mamadou Cellou Diallo pour Guineematin.com

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