Si le référendum constitutionnel se tient ce 22 mars 2020 comme prévu, le FNDC n’aura pas réussi à faire capoter ce projet. Et pourtant même si les autorités s’obstinent à organiser ce scrutin, celui-ci ne se tiendra pas dans une grande partie du territoire national. Pour le moment seule la Haute Guinée pourrait voter dans un calme relatif. Dans les autres régions, le contexte n’est pas favorable à une consultation électorale.

En Moyenne Guinée, l’heure n’est pas au vote. Mais à la chasse aux responsables locaux et aux pillages de tous les lieux censés abriter le scrutin. Une situation semblable prévaut en Guinée Forestière où la justice de paix de Yomou a déjà fait les frais de la colère populaire. L’édifice a été incendié.

Conakry n’est pas en reste. La capitale est loin d’afficher la sérénité nécessaire à une élection. Les manifestations du samedi sont les prémisses de ce qui pourrait se passer ce dimanche. C’est autant dire que la Guinée risque de connaitre les pires élections de son histoire. De fil à aiguille, si la tenue du référendum constitutionnel est une victoire du pouvoir, elle est cependant loin d’être une défaite du FNDC.

Né le 3 avril dernier, ce mouvement était censé mourir rapidement de sa belle mort. A cause notamment de la ruse du pouvoir qui use et abuse de tous les moyens pour étouffer les constatations. Ni la corruption, ni la pression familiale et régionale ni les menaces, les intimidations et les arrestations ne sont venues à bout de ce mouvement. Pour le discréditer le pouvoir a utilisé tous les moyens. Y compris l’insinuation que le FNDC n’était rien d’autre que l’UFDG. Les membres, issus de toute la Guinée, ont déjoué tous les stratagèmes du pouvoir.

Digne successeur des forces vives de Guinée, le FNDC a acquis ses lettres de noblesse en moins d’une année. Sa force c’est la diversité de ses membres. En effet, l’une des particularités de la gouvernance actuelle est d’avoir divisé les Guinéens. Et profondément. Les préjugés et les a priori ont pris le dessus sur les considérations rationnelles et objectives. Or, comme dit Einstein « Il est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé ».

Malgré tout, le FNDC, de par sa composition, a réussi à éviter le nauséabond débat communautaire et ethnique. Quand vous avez, du côté des hommes politiques, Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Ousmane Kaba et Faya Milimono, la liste n’est pas exhaustive, vous avez la Guinée dans sa diversité et sa pluralité. S’agissant des acteurs de la société civile, la composition est tout aussi représentative qu’homogène. Avec, là aussi, Abdourahmane Sano, Sékou Koundouno, Ibrahima Diallo ou encore Oumar Sylla pour ne citer que ceux-là. Bref, le FNDC c’est toute la Guinée dans sa diversité, sa pluralité et dans son union que certains tentent de briser.

L’entente et l’union sacrée dont le FNDC a fait preuve depuis le 3 avril 2019, date de sa création, constitue un réel motif d’optimisme pour les Guinéens. En dépit d’une division à laquelle ils sont astreints, en dépit de la rareté de neutralité et d’impartialité, il y a encore des Guinéens auxquels le peuple peut faire confiance. Le comportement des membres du FNDC, notamment ceux de la société civile qui ne sont candidats à aucune élection, permet au guinéen de croire encore en la capacité de ses compatriotes à transcender leurs clivages politiques, ethniques et religieux pour construire la Guinée que nous rêvons.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 664 27 27 47

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