Aboubacar Fabou Camara, directeur central de la police judiciaire

Les contestées élections législatives et le référendum tout aussi décrié du dimanche, 22 mars 2020, ont fait de nombreuses pertes en vies humaines tant à Conakry qu’à l’intérieur de la Guinée. Au lendemain de cette journée sanglante, le ministère de la Sécurité et de la Protection Civile a animé une conférence de presse pour s’exprimer sur ces violences meurtrières.

Le directeur central de la Police Judiciaire, Aboubacar Fabou Camara, a saisi l’occasion pour annoncer la saisie d’une importante quantité d’armes de guerre au cours des dix jours qui ont précédé la tenue du double scrutin, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

En prélude au double scrutin du dimanche, les autorités avaient initié des patrouilles, notamment dans les quartiers réputés chauds de la capitale guinéenne. Selon le commissaire Fabou Camara, c’est au cours de ces opérations que des armes de guerre et des munitions ont été saisies sur des civils en rapport avec des militaires.

Décryptage !

Aboubacar Fabou Camara, directeur central de la police judiciaire

« Nos services de la direction centrale de la police judiciaire, en rapport avec les autres services de sécurité, courant mois de février-mars, notamment ce mois de mars, ont mis main sur une grande quantité d’armes de guerre et des munitions de ces armes de guerre. Jusqu’alors, nous gardons la confidentialité sur ces saisies pour éviter la psychose, parce qu’il y a l’opportunité opérationnelle, mais aussi l’opportunité de communication. Le moment n’étant pas très opportun à communiquer sur certains éléments de nos enquêtes, nous allons vous donner les grandes lignes.

Il s’agit d’armes de guerre de différents types, notamment des armes communément appelées kalachnikovs. Il s’agit d’AK 47 de fabrication d’origines diverses. Nous avons à ce jour plus d’une vingtaine d’AK 47 saisies sur des civils en rapport avec certains éléments militaires. Quand je dis militaires, c’est tous corps confondus. Des armes collectives, communément appelées FM. En fait, il s’agit des PK, des armes d’usage collectif et qui sont des armes qu’on appelle souvent des mitrailleurs de calibres différents. Ces armes-là sont le plus souvent utilisées sur des engins (des véhicules, des hélicoptères ou à bord d’un navire de guerre). Que ces armes-là se retrouvent dans la main des civils et dans le contexte actuel de crise nous interpelle tous. Donc, nous avons une dizaine d’armes collectives de types FM.

Ce qui est plus grave encore, ce sont des grenades de types antichars qu’on appelle des roquettes. Ces roquettes-là ont été trouvées, une bonne dizaine à l’état neuf et en plastique, avec tout ce qui est nécessaire pour leur utilisation. Nous avons une dizaine de ces grenades à notre possession, saisies sur des civils qui déclarent avoir reçu des mains de certains complices militaires.

En plus, nous avons trouvé d’autres modèles d’armes, notamment des carabines, mais qui n’ont jamais été identifiées, recensées par l’armée guinéenne.

En fin, ce sont des munitions. Vous savez, la caisse de munitions comporte deux caissettes. Une caissette pour l’arme de type AK 47 contient 75O cartouches. Donc, les deux caissettes dans la caisse de munition font 1500 cartouches. Nous avons 31 caissettes saisies au cours des trois opérations de saisie d’armes. Tout cela, sur le territoire guinéen, dans la main de personnes qui étaient déjà suspectées parce que parmi eux, il y a des personnes étrangères, mais qui résident ici et qui sont en rapport étroit avec certains complices qui assument des responsabilités à un certain niveau.

Nous ne sommes pas allés par quatre chemins. On a essayé d’abord de mettre main sur ces armes, mais aussi sur les personnes qui les détenaient. D’aucuns diront que ce sont des trafiquants certes, pour se faire de l’argent, mais les armes ne se font pas de l’argent, les armes ne servent pas à faire le commerce. Les armes servent à tuer tout simplement. Et, nous sommes chargés de sécuriser les personnes et leurs biens, mais aussi les institutions de la République ».

Propos recueillis par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 31 29 77/ 662 73 05 31

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