Dr Ousmane Kaba, président du PADES (Parti des Démocrates pour l’Espoir)

Pour le président du PADES (Parti des Démocrates pour l’Espoir), la Guinée fait face aujourd’hui à deux ennemis mortels. Il s’agit de la pandémie de Coronavirus (le pays a enregistré officiellement quatre cas confirmés dont un guéri) et le régime du président Alpha Condé.

Dr Ousmane Kaba l’a dit au cours d’une conférence animée ce mercredi, 25 mars 2020, par le Front National pour la Défense de la Constitution, au siège de son parti, à Conakry. L’ancien ministre s’est engagé à se battre avec ses collègues du FNDC, qui regroupe les principaux partis d’opposition du pays et des acteurs de la société civile, pour vaincre ces deux « ennemis ».

Décryptage !

« Aujourd’hui, je crois que nous avons tous le sentiment de vivre la phase historique de notre pays. Nous avons la lutte entre le bien et le mal, entre la paix et la violence, entre la démocratie et la dictature. De quoi s’agit-il ? A la fin de son deuxième et dernier mandat, un homme se dresse et dit : les lois de mon pays, je dois les changer pour que je me maintienne au pouvoir éternellement.

Voilà le vrai problème. Et c’est cela qui entraîne la violence. C’est cela qui entraîne l’exclusion de tous les grands partis. En réalité, on est en train de semer les germes de la violence. Parce que si vous enlevez tous ces grands partis d’une élection, ce qu’on appelle l’exclusion, vous allez avoir des résultats bizarres, absurdes.

C’est la raison pour laquelle toutes les organisations internationales ont appelé à l’inclusivité. Les partis politiques ont dit : on ne peut pas aller à des élections pour entériner un coup d’Etat constitutionnel. On ne va pas aux élections parce que le fichier est sale. On a appelé les experts de l’OIF qui ont confirmé que le fichier est sale. On a appelé aussi les experts de la CEDEAO qui ont confirmé que le fichier est sale.

Le gouvernement et la CENI ont reconnu que le fichier est sale, donc il faut enlever 2 millions et demi d’électeurs. Mais, après avoir nettoyé, on dit vous qui avez dénoncé le fichier, vous ne rentrez plus là-dedans. C’est illogique. Ça n’a aucun sens. Donc, les institutions qui vont naître de ça (ces élections) sont nulles et de nul effet.

Aujourd’hui, on a un deuxième défi. C’est que la Guinée a mal en sa zone forestière. Lorsqu’une partie de notre pays est blessée, c’est tout le pays qui pleure. Lorsque vous avez mal au pied, c’est la tête qui a mal. Aujourd’hui, on est en train de voir de grandes violences dans cette zone. Après les violences de Conakry, après les violences du Fouta, maintenant ce sont les super violences de la région forestière.

Quand est-ce qu’on va s’arrêter de martyriser ce pays ? Ça ne peut pas continuer comme ça. Alors, Guinéens, ne rentrons pas dans le jeu de la division, ça ne marchera pas. Regardez autour de cette table, c’est toute la Guinée qui est unie pour dire Non à la dictature, pour dire Non à la division de notre pays. Nous n’accepterons jamais la forfaiture ni la division dans ce pays.

Nous allons nous dresser tous comme un seul homme pour dire Non à la dictature. Nous allons nous battre pour dire Non à la division et à la haine. Ceux qui veulent semer la haine en Guinée, ne réussiront jamais. Parce que ce pays est bâti sur la fraternité, sur l’amour entre ses habitants. Nous n’accepterons pas d’être déshumanisés. Nous allons rester des hommes et des femmes dignes dans ce pays.

Nous avons aujourd’hui deux ennemis mortels : le premier ennemi dévore le corps des Guinéens, mais le deuxième ennemi dévore l’âme des Guinéens. Nous n’allons pas accepter d’être dévorés ni par l’un ni par l’autre. Donc, Guinéennes et Guinéens, nous vous donnons l’engagement de nous battre à la fois contre le Coronavirus et contre le régime d’Alpha Condé. C’est les deux défis que nous avons ».

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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