Alhassane Sanoussy Camara, préfet de Boké

Comme annoncé précédemment, huit cas confirmés de COVID-19 (dont un guéri) et plus de mille contacts ont déjà été enregistrés en Guinée, depuis que la pandémie de Coronavirus a commencé à sévir dans le monde. Et, face à la dangerosité de cette maladie qui oblige même les grandes puissances à se barricader, le président Alpha Condé a décrété « l’état d’urgence » et annoncé la fermeture des lieux de cultes, des bars, des frontières…

Et, dans la préfecture de Boké, cette multitude de mesures prises par l’exécutif est très peu ou pas observées ce vendredi, 27 mars 2020. Mais, derrière ce comportement désintéressé des populations de cette zone minière, se cache apparemment une peur de la maladie de COVID-19, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Boké.

Mamadou Tahirou Bah, commerçant

Au lendemain de l’adresse à la nation du chef de l’Etat guinéen, nombreux des mesures annoncées dans le cadre de la lutte contre le COVID-19 ont été violées à Boké. Dans les lieux publics comme les gares routières et les marchés, les kits de lavage des mains sont quasiment absent, les gens se serrent encore les mains dans les salutations, les gestes barrières ne sont pas observés et les regroupements crèvent les yeux. Mais, malgré ces comportements qui frôlent l’insouciance et qui exposent les citoyens de la cité minière à plus de risque de contracter la maladie de COVID-19, on sent une certaine inquiétude, une certaine angoisse face à ce nouveau coronavirus qui frappe de plein fouet des pays dont le système de santé est jugé performant. Certains citoyens saluent d’ailleurs les mesures annoncées par les autorités guinéennes pour contrer cette maladie et limiter sa propagation en Guinée. C’est le cas de Mamadou Tahirou Bah, commerçant. Il pense que la décision prise par le président de la république n’est pas mal en soit.

« Dans la mesure où ça peut freiner la propagation du virus, je pense que c’est une bonne chose. Je demande à tout le monde de respecter la mesure prise par le président. Pour la fermeture des mosquées, c’est un peu choquant parce que c’est la première fois qu’on nous demande de ne pas effectuer la prière de vendredi, pourtant on était habitué. Mais, on considère que tout ça c’est la volonté de Dieu. On ne peut que se soumettre et accepter », a-t-il laissé entendre.

Pour Seck Sacko, l’heure est suffisamment grave. C’est pourquoi, il exhorte les populations de Boké à observer les règles édictées par les autorités dans le cadre de la lutte contre cette pandémie de Coronavirus.

Seck Sako

« Je demande à tout le monde de se laver les mains, utiliser les bavettes et respecter la distance de 2 mètres entre les gens. Le virus fait des dégâts partout dans le monde. Donc, il faut être vigilant. En tant que guinéen je demande à tous les compatriotes de rester serein, ne pas se rebeller devant les décisions de l’Etat. L’heure est grave, il faut mettre tout de côté et se donner les mains pour mettre le Coronavirus hors d’état de nuire », a-t-il indiqué.

De son côté, Kandas Keïta ne cache pas sa peur face à cette maladie qui a déjà fait des milliers de morts à travers le monde. Cet enseignant chercheur à l’institut supérieure des mines et géologie de Boké invite l’Etat guinéen à multiplier la sensibilisation des populations qui sont majoritairement analphabètes.

Kandas Keita

« C’est vraiment inquiétant ; et, franchement, j’ai peur de la situation. Cette pandémie a une allure de contagion très élevée. La population majoritairement analphabète n’est pas bien informée. Je demande à l’Etat de continuer les sensibilisations à la base et de doter de kits sanitaires les lieux de regroupement. Je pense que ça nous aidera à mieux lutter contre le COVID19 », a confié Kandas Keïta.

Depuis Boké, N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628-98-49-38

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin