Depuis l’annonce de cas positifs de coronavirus en Guinée, les mesures de prévention se multiplient pour freiner la propagation de la maladie. L’état d’urgence sanitaire décrété par le président Alpha Condé s’inscrit dans cette dynamique dans notre pays qui compte déjà neuf (9) cas de personnes portant la maladie. Les conducteurs de tricycles dénoncent la diminution du nombre d’occupants dans leurs engins et l’absence de mesures d’accompagnement, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les chauffeurs de transport en commun, notamment ceux de Conakry, concernés par l’état d’urgence sanitaire, s’activent pour se protéger et protéger leurs clients. Toutefois, les conducteurs de tricycles dénoncent cette mesure unilatérale, prise sans aucune mesure d’accompagnement. Ils disent être d’accord avec la mesure, tout en augmentant les frais par tronçon.

C’est le cas de Moussa Traoré, conducteur de tricycle, étudiant à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia, qui explique que les frais de transport ont augmenté de Lambanyi à Madina. « Il est indéniable que nous-mêmes, nous nous protégeons contre ce virus dangereux. C’est pourquoi, à l’intérieur de mon engin, j’ai une bouteille accrochée contenant de l’eau de javel, c’est pour que toute personne qui monte dans mon tricycle se lave d’abord les mains. Malgré cet état d’urgence sanitaire, le président Alpha n’a pas fait d’allusion à notre cas. Mais, nous les chauffeurs de motos-tricycles, nous avons décidé de ne prendre que deux personnes derrière, pas plus. C’est pourquoi, nous avons majoré le prix du transport par tronçon. Ce qui fait que pour quitter de Lambanyi à Madina, c’est 10 mille francs guinéens par personne. Si vous voyez que nous avons procédé ainsi, c’est parce que cet état d’urgence sanitaire n’a signalé aucune mesure d’accompagnement pour nous. Par exemple, le gouvernement pouvait diminuer le prix du carburant à la pompe pendant cette crise sanitaire. Cela pouvait rassurer nos recettes du jour. Mais hélas, rien n’a été fait pour accompagner ce décret ».

Même son de cloche chez Ibrahima Diallo, un autre conducteur de tricycle, qui se plaint d’un manque à gagner. « Depuis l’arrivée de ce virus dans le pays, j’avais déjà commencé à me protéger et protéger mes clients en exigeant de se laver obligatoirement les mains avec l’eau de javel que j’ai mise dans une bouteille. Donc, c’est pour vous dire que je n’ai pas attendu ce décret d’état d’urgence sanitaire du président Alpha Condé pour prendre des mesures préventives contre le Coronavirus. Ce qui est énervant dans ce décret, c’est qu’il n’est même pas prévu des mesures d’ accompagnement pour nous permettre, nous les chauffeurs, de stabiliser nos recettes quotidiennes… ».

Léon Kolié pour Guineematin.com

Tel : 661 74 99 64

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