Dans un arrêté conjoint signé hier, mardi 31 mars 2020, par les Ministres de l’Economie, des Hydrocarbures et du Budget, le gouvernement guinéen annonce une baisse du prix du litre du carburant à la pompe. Cette mesure, qui est entré en vigueur ce mercredi, est mal accueillie tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Dans la commune urbaine de Mamou, transporteurs et citoyens dénoncent une diminution « insignifiante et insensée », rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La baisse du prix du litre du litre du carburant à la pompe, de 10 000 à 9 000 francs guinéens, est mal perçue par les habitants de la ville carrefour, qui dénoncent un manque de volonté du gouvernement de faire face aux problèmes des Guinéens. C’est le cas notamment de Mamadou Saliou Diallo, secrétaire général de la CNTG (Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée) à Mamou.

« C’est vraiment insignifiant par rapport aux besoins des chauffeurs et des populations. Il faut qu’on se dise la vérité. La diminution du prix du carburant à la pompe à 1000 GNF, au vu de la conjoncture de notre pays, est une façon de nous mélanger avec les passagers. Nous demandons au gouvernement de faire un effort encore de plus, un grand d’effort. Aujourd’hui, la circulation est totalement à l’arrêt. Les gens sont malades sur toute la ligne : financièrement, physiquement et matériellement. Il faut qu’ils fassent un effort considérable. Au moins, si on a 3000 GNF de rabais… Personne n’est contre eux, mais il faut que chacun de nous joue sa partition pour la survie de cette population. »

Même son de cloche chez Ibrahima Diallo, taximan basé à gare routière de Conakry. Il demande plus d’efforts de la part du gouvernement qui, selon lui, est en train d’amuser la galerie. « Nous sommes sortis ce matin pour travailler comme d’habitude. Nous sommes informés de la baisse du carburant ; mais pour moi, c’est une récréation de la part du gouvernement. Pour eux, c’est une manière de soulager la population. Quel soulagement ? 1000 GNF n’est rien parce que quand tu vas à la station, on nous dit qu’il n’y a pas de monnaie. Nous demandons au gouvernement de diminuer davantage le prix du litre. »

Pour Mamadou Aliou Bah, chef de ligne chez les taxi-motards, cette baisse de 1000 GNF sur le prix du litre n’aura aucun effet sur les frais par tronçon à Mamou. « C’est vraiment regrettable. Cela montre une fois encore que ceux qui nous dirigent n’ont pas de compassion pour nous. C’est une façon de pousser les clients contre nous. Nous, on ne peut rien diminuer entre les tronçons. Les tronçons ici, c’est 2500 FG et nous consommons plus de 5 litre par jour. Maintenant, quand on maintient l’ancien prix, les passagers ne vont pas accepter d’aller. Nous prions les autorités de ramener à 7000 mille GNF le litre pour que nous aussi on puisse diminuer les frais de transport. »

De son côté, Alhassane Sow, taxi-motard rencontré au centre ville, déplore aussi l’attitude du gouvernement guinéen qui ne préoccupe pas des populations. « Cette diminution de 1000 francs guinéens n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan pour nous. Ils veulent créer des conflits entre nous et nos clients. C’est difficile pour nous de diminuer le prix du tronçon. On ne peut pas envoyer quelqu’un d’ici à la Scierie avec moins de 2500 FG. Et les clients commencent à dire que l’essence est en baisse à la pompe. Nous lançons un appel au gouvernement, c’est d’avoir pitié de nous, surtout nous les jeunes. Nous sommes sous le soleil, sous la pluie. Rien ne bouge dans ce pays. En plus, on nous dit qu’il n’y a pas de surcharge. Nous demandons une fois de plus à nos gouvernants de penser à nous. »

Pour sa part, Thierno Oumar Barry, commerçant à la gare routière de Conakry, pense que même une baisse à 50% du prix actuel est supportable pour le gouvernement. « Notre gouvernement montre chaque fois son indifférence face aux difficultés des guinéens. Aujourd’hui, le baril est vendu à moins de 20 euros à cause de cette pandémie qui trouble le monde. Les guinéens sont pitoyables et ils souffrent. Il faut qu’ils sortent pour manger. Même quand ils revendent à 5000 FG le prix du litre, ce n’est pas une perte pour l’État guinéen. Vous avez vu les mesures prises dans les pays de la sous région, au Sénégal, en Cote d’Ivoire, au Niger et d’autres pays moins riches que le nôtre ? Nous espérons plus de la part du gouvernement. »

Propos recueillis à Mamou par Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tel: 625698919/657343939

Facebook Comments

Commentaires

Alpha Guineematin.com