Les réactions continuent de se faire entendre au sein de la classe politique guinéenne, particulièrement de l’opposition, depuis l’annonce de la baisse du prix du carburant. Selon cette annonce, faite hier soir, mardi 31 mars 2020, le prix du litre de carburant passe de 10 000 à 9 000 francs guinéens à la pompe. Cette décision du gouvernement guinéen suscite la colère de l’honorable Ousmane Gaoual Diallo. Le député de l’UFDG, interrogé ce mercredi par Guineematin.com sur le sujet, parle d’une provocation à l’endroit du peuple.

Pour lui, cette baisse ne respecte pas le principe de flexibilité du prix du carburant que les autorités du pays se sont engagées à respecter. « Aujourd’hui, les Guinéens sont en droit d’attendre le litre de carburant à 3.000 francs guinéens. Donc, la baisse de 1000 francs ne fait pas le compte sur ce plan. Et dans contexte actuel, avec cette pandémie de Covid-19 qui est en train de plomber l’économie de notre pays, il aurait été plus avisé que le gouvernement consente une baisse plus conséquente. Surtout que dans les pays voisins comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire, leurs gouvernements ont décidé d’allouer près de 3 millions de francs guinéens à chaque foyer de leur pays », estime l’opposant.

« Je rappelle qu’il n’y a pas longtemps que le gouvernement disait que c’est la première fois la Guinée vend entre 600 et 800 millions de tonnes de bauxite chaque année. Alors, qu’il redistribue une partie de ces revenus. Et, l’une des manières de le faire, c’est aussi cette baisse du prix des hydrocarbures. Sans compter les subventions qu’on peut accorder aux gens sur l’électricité par l’annulation des factures et la prise en charge d’un certain nombre de coûts. Malheureusement, le compte n’y est pas, et cette baisse annoncée est une provocation dans un contexte où le gouvernement n’a pas besoin d’attiser les tensions sociales dans notre pays. C’est quelque chose de complètement insignifiant », ajoute le député uninominal de Gaoual et responsable de la communication de l’UFDG.

Ousmane Gaoual Diallo réclame donc une baisse plus conséquente du prix du carburant. Une mesure qui, selon lui, n’affectera pas à l’immédiat les caisses de l’Etat, puisque les déplacements sont beaucoup réduits en raison de la crise sanitaire. Ce qui veut dire que la consommation du carburant est moins importante à l’heure actuelle. « A l’immédiat, ça ne va pas avoir une conséquence sur le gouvernement. Sans oublier que depuis quelque mois, il (le gouvernement, NDLR) gagne énormément parce qu’un baril de pétrole c’est 160 litres de gasoil plus 160 litres d’essence.

Donc, vous tirez ce que vous achetez à peine à 20 dollars qui équivalent à 200.000 francs guinéens. Et pour 200.000 francs guinéens, vous avez 320 litres de carburant. Ça veut dire que 300 litres, c’est des bénéfices que vous vous faites. C’est quelque chose d’extrêmement élevé pour un pays comme le nôtre. Donc, depuis tout ce temps, ils se sont fait de l’argent. Il faut maintenant penser à la population, penser à la souffrance des Guinéens pour annoncer une baisse conséquente. Je pense que ce qui pourrait être raisonnable, c’est autour de 3000 francs guinéens le litre à la pompe », estime l’opposant.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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