Le contesté double scrutin législatif et référendaire du 22 mars dernier a fait des morts, des blessés graves, des dégâts matériels et de nombreuses arrestations à travers la Guinée. Cinq personnes, dont des proches de Hadja Halimatou Dalein, épouse du chef de file de l’opposition, ont été mis aux arrêts ce jour funeste et poursuivis par la justice. Leur procès pour outrage à agent a eu lieu dans la journée d’hier mercredi, 1er avril 2020.

Après avoir plaidé non coupables, Mamadou Adama Sow, Mamadou Cissé Diallo, Ibrahima Sylla, Elhadj Souleymane Bah et Thierno Amadou Bah ont libérés par le tribunal de première instance de Dixinn, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon nos informations, ces cinq prévenus ont été mis aux arrêts le 22 mars dernier, jour du double scrutin qui a coûté la vie à de nombreux guinéens. Certains parmi eux, blessés par balles, ont été malgré tout détenus quelques temps à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ) avant d’être mis sous mandat de dépôt à la maison centrale.

A la barre, ils sont à tour de rôle revenus sur leur calvaire de ce dimanche noir du 22 mars 2020. Mamadou Cissé Diallo, chauffeur de Hadja Halimatou Dalein, a nié avoir insulté un agent. Il a expliqué sa mésaventure. « Mon patron, Hadja Halimatou Dalein, m’a dit d’aller accompagner le fils d’un vieux qui a reçu une balle. Je suis allé le déposer au Centre Médical Communal de Ratoma. Sur le chemin de retour, on a rencontré des agents et on avait les blessés à bord du véhicule. Les agents m’ont dit de m’arrêter. Je n’ai pas force la situation. Je me suis arrêté. Mais, comme ils ont trouvé qu’il y avait des blessés à bord, ils nous ont mis aux arrêts », a expliqué le chauffeur.

Pour sa part, Ibrahima Sylla, un des prévenus dans cette affaire, a dit qu’il n’a jamais insulté un agent. « C’est mon fils, Mamadou Samba Sylla, qui a reçu une balle au niveau de la jambe. Les bonnes volontés m’ont aidé à l’évacuer au Centre Médical Communal de Ratoma. Après l’hôpital, les agents nous ont mis aux arrêts. Le chauffeur n’a pas forcé le barrage. Il n’a pas insulté quelqu’un. Ils nous ont arrêtés le dimanche 22 et mon fils est resté avec cette blessure grave jusqu’au mercredi à la DPJ, sans soins. C’est lorsque nous sommes venus ici, au parquet de Dixinn, que le procureur a ordonné à ce qu’on l’envoi à l’hôpital est blessé par balle et alité à Donka. »

Thierno Amadou Bah, blessé par balle à l’épaule et qui saignait à la barre, a tenu le même discours. « On n’a pas agressé un agent. C’est en revenant de l’hôpital qu’ils nous ont mis aux arrêts », a expliqué le pauvre.

Au terme des explications des prévenus, le procureur Boubacar I Bah a pris la parole pour ses réquisitions. Selon lui, après avoir écouté les prévenus, aucun d’entre eux n’a porté atteinte à un agent. C’est la raison pour laquelle, le procureur va demandera au tribunal de les renvoyer des fins de la poursuite pour délit non établi.

Dans la même lancée, les avocats de la défense vont solliciter la libération de leurs clients. « Nos clients sont doublement victimes : victimes de fusillade, d’enlèvement, d’arrestation arbitraire, et d’emprisonnement. Ils ont reçu des balles réelles et ils ont été gravement blessés. Ils ont fait 4 jours à la DPJ avec ces blessures. Donc, c’est des victimes que vous avez devant vous. C’est pourquoi, on vous demande d’ordonner leur relaxe pure et simple pour délit non constitué, d’ordonner également la restitution du véhicule, la Toyota Land Cruiser qui est confisquée à la DPJ », a plaidé maitre Hamidou Barry.

Finalement, les 5 compagnons d’infortune vont été relaxés pour délit non constitué.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620 589 528

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