Le très controversé scrutin législatif et référendaire du 22 mars dernier a coûté la vie à plusieurs guinéens et fait d’importants dégâts matériels. C’est dans ce déchaînement de violences que des affrontements à relent communautaire se sont produits le dimanche et les jours suivants au quartier Tobolon, dans la préfecture de Dubréka. Plusieurs blessés et des dégâts matériels importants ont été enregistrés de part et d’autre. Grâce à de nombreuses médiations, un comité de veille a été installé et le calme est revenu sur les lieux.

Le quartier Tobolon a été le théâtre de violents affrontements entre partisans et adversaires de la nouvelle Constitution. Mais, le différend a viré en affrontements inter-communautaires.

Selon des informations recueillies par un reporter dépêché sur place par Guineematin.com, tout est parti du vote du 22 mars lorsqu’un groupe de jeunes est venu perturber le scrutin avec des jets de pierres. C’est ce qu’a laissé entendre Alsény Campel Camara, chef du secteur Elhadj Abouya.

« Dans notre quartier, il y a le RPG et les autres partis de l’opposition. Mais chez nous ici, ceux qui sont pour le OUI sont plus nombreux que les autres. Le dimanche, quand on a ouvert le bureau de vote de notre quartier, on a voté jusqu’à 12h. C’est ainsi qu’on a vu venir un groupe de jeunes, munis de projectiles, pour non seulement nous empêcher de voter mais aussi pour, disaient-ils, brûler l’école primaire qui a abrité le bureau de vote. Nous aussi, nous avons appelé nos jeunes pour venir les repousser. Et il y a eu accrochage entre nous le dimanche, puis lundi et mardi », a-t-il expliqué.

Pour éviter le pire dans le quartier, une réunion a eu lieu le mercredi, 25 mars 2020, à Tobolon en vue d’aplanir les divergences. « C’est pourquoi nous avons convoqué les citoyens de Tobolon ce matin. Parce que chaque année, quand il y a élection, les gens s’affrontent à Tobolon avec à la clef le pillage des biens publics et privés. Donc, c’est pour mettre un terme à cela que nous avons appelé toutes les composantes ethniques de ce quartier pour trouver une solution à cette crise et mettre en place un comité de veille de 20 personnes, composé d’imams, de sages, de jeunes, de femmes… pour responsabiliser tous les foyers dans l’intérêt de notre quartier. Je lance un appel au général Bafoé (Directeur Général de la Police Nationale) et au Général Ibrahima Baldé (chef d’Etat major de la Gendarmerie Nationale) d’installer un PA dans notre quartier avant l’affichage des résultats ; sinon, nous ne sommes pas en sécurité », a laissé entendre Alsény Campel Camara.

La rencontre a été sanctionnée par la mise en place d’un comité de veille consensuel, présidé par Mamadou Oury Diallo, un des initiateurs de la médiation. « Depuis le dimanche, 22 mars 2020, ce n’est pas calme ici à Tobolon. Il y avait des échauffourées. Donc, nous avons fait la médiation entre les différentes composantes de notre communauté. Il y a eu de l’accalmie et ça a resurgi. Donc, nous sommes à notre 3ème assise aujourd’hui. C’est pour cela qu’on a élargi l’information à tous les secteurs pour qu’on se retrouve ensemble ici afin de trouver des voies et moyens pour que pareilles situations ne se reproduisent plus chez nous. La décision qui a été prise, c’est de mettre en place un comité de veille et de gestion de crise. Comme ça, dès qu’il y a le moindre évènement suspicieux, qu’on puisse se mettre ensemble pour vite trouver la solution. Sur les 245 857 km² de la Guinée, c’est les 600 m² que j’ai à mon actif. Donc, il faut que je m’investisse pour la paix et le vivre ensemble, pour que Tobolon soit la zone la plus pacifique et la plus sécurisée de la Guinée ».

Selon nos informations, depuis 2007, le quartier Tobolon a enregistré plus de 4 cas de conflits inter-communautaires, tous en période électorale.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tél. : 626-66-29-27

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