Les violences meurtrières du dimanche dernier, 22 mars 2020, (jour du double scrutin législatif et référendaire en Guinée) n’ont visiblement pas fini de livrer toutes leurs horreurs. Lors de cette journée électorale particulièrement violente à Conakry, une fillette de 4 ans a été prise à partie par les forces de l’ordre à Kiroti, dans la commune de Ratoma.

Djenabou Bah a été ébouillantée par des hommes en uniforme qui ont fait irruption dans la concession de ses parents. Et, selon les témoignages, ce sont des agents de la police qui ont perpétré cette ignominie sur cette vie innocente qui ignore tout encore de la vie. Les mêmes agents qui ont versé de l’eau chaude sur cette pauvre enfant ont commis des exactions dont les traces sont encore visibles dans certaines concessions à Kiroti, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon les témoignages, les agents qui ont commis cette forfaiture contre cette fillette ont commencé par attaquer le domicile d’Elhadj Sadou Barry, un vieux manchot réputé être proche l’opposition guinéenne. N’ayant pas trouvé leur principale cible, les agents hargneux se seraient attaqués au bâtiment à étage qu’ils y ont trouvé. Ils ont caillassé les vitres et terrorisé les vieilles dames qui étaient à l’intérieur de cette maison. L’une de ces vieilles aurait même été atteinte par les pierres lors de ce « siège » perpétré par les forces de l’ordre.

Elhadj Sadou Barry

« C’est mon bâtiment que les agents de forces de l’ordre sont venus caillasser pendant le vote. C’était à mon absence. Quand ils sont venus, ils n’ont trouvé que des vieilles et des enfants ici. Ils leur ont demandé après moi. Ces derniers leur ont dit que je suis absent. Ils ont dit après que si je suis absent, c’est quand-même mon bâtiment qui est là. Ils ont dit que je suis partisan de l’UFDG ; et, ils vont casser mon bâtiment. C’est ainsi qu’ils se sont mis à caillasser la maison. Vous avez vu, ils ont cassé les vitres des portes et des fenêtres. Une vieille était couchée à l’intérieur ici. Les cailloux ont cassé les vitres et ont atteint la vieille qui y était. Les agents ont menacé ma famille en disant qu’elle est à la maison ici, elle n’est pas allée voter. Mais, est-ce que cela vaut le coup que des policiers viennent jeter des cailloux sur mon bâtiment et casser des vitres ? C’est trop ce que je subis du régime d’Alpha Condé », s’est lamenté Elhadj Sadou Barry.

Cette attaque de son domicile rappelle à ce vieil homme, le fameux déguerpissement de Kaporo-rail qui fait encore grincer des dents. Lors de cette « opération bulldozer », avait perdu quatre maisons dans ce quartier de Conakry. Et, aujourd’hui, il a l’impression d’être du régime Alpha Condé. Il demande d’ailleurs l’attention de la communauté nationale et internationale sur ce qu’il traverse actuellement.

« A Kaporo rails, on a cassé mes 4 bâtiments. Même une aiguille je n’ai pas pu sauver là-bas. Je suis venu m’abriter ici avec ma famille. Mais, qu’on vienne casser ici encore et nous chasser ? C’est trop… Je demande à la communauté nationale et internationale de prendre les mesures qu’il faut ; et, de façon urgente, pour arrêter les exactions que le régime d’Alpha Condé est en train de commettre à l’endroit des citoyens du pays. Moi, je pense que militer dans un parti n’est pas un crime. Si Alpha Condé veut détourner un militant d’un autre parti au profit de son parti, ce n’est par la force. Le président Alpha Condé a juré par deux fois de respecter et de faire respecter la loi, de protéger les citoyens et leurs biens. Mais à notre surprise c’est le contraire qui se produit. Au cours de ses deux mandats, des citoyens sont tués, des citoyens sont blessés, des citoyens perdent leurs biens. Moi par exemple, je suis handicapé physique. Mon bras est amputé. Comme tous les citoyens, il aurait pu me protéger avec mes biens. Malheureusement, aujourd’hui je ne suis pas en sécurité », a fait savoir Elhadj Sadou Barry, visiblement très désemparé.

Non loin de chez Elhadj Sadou, une autre famille a été attaquée par les agents en colère. Et là, c’est une fillette de 4 ans qui fera les frais des policiers déterminés à semer la terreur sur leur passage. Cette pauvre fillette, Djenabou Bah, sera ébouillantée par ces agents qui incarnent l’horreur. Sans scrupule, ils se feront le plaisir de cette innocente avec de l’eau chaude, devant le regard impuissant des femmes qui y étaient.

« Le jour des élections, on était dans nos pièces (maisons). Tout d’un coup, on entendu crier les enfants dehors : les policiers sont venus. Je suis sortie, on s’est rencontré à la devanture ici. Ils sont entrés dans la chambre et ils ont pris l’eau qui se trouvait dans la thermos, ils ont versé la petite fille. Elle est âgée de 4 ans. Elle s’appelle Djenabou Bah. J’avais de l’argent ici, ils ont tout pris ainsi que beaucoup d’autres téléphones. Après ils sont allés s’attaquer à une nourrice qui vient à peine d’accoucher, le baptême n’est même pas encore fait. Ils ont pris un pilon avec lequel ils l’ont tapée au niveau des épaules. Sur place, elle a perdu connaissance. C’était à 11 heures. Elle n’a pu se retrouver qu’à 18 heures », a relaté Madame Bah Ramatoulaye Barry, qui dit avoir été témoin oculaire de cette barbarie éhontée des forces de l’ordre.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 666 91 92 25

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