La chape de plomb qui s’abat sur les opposants à la nouvelle constitution dans la commune rurale de Sarébhoïdho, à Koundara, continue de faire des victimes. Trois personnes y ont été mises aux arrêts dans la journée d’hier samedi, 04 avril 2020, augmentant le nombre de détenus, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La purge contre les opposants à la nouvelle constitution se poursuit dans la commune rurale de Sarébhoïdho. Les multiples arrestations opérées sur les lieux sont les conséquences des affrontements entre pro et anti-nouvelle constitution survenus à la veille du controversé double scrutin législatif et référendaire du 22 mars 2020. Les citoyens dénoncent des arrestations ciblées, visant un seul camp.

Selon les autorités communales de Sarébhoïdho, au moins 8 personnes sont actuellement détenues à la prison civile de Koundara. Il s’agit de Saïdouba Camara, Alimou Baldé, Youssouf Diallo, Abdoulaye Laparé Diallo, Aliou Konaté, Elhadj Samba Diao Baldé, Mamadou Saliou Diallo et Boubacar Diallo.

Joint au téléphone ce dimanche 5 avril 2020, Elhadj Ibrahima Boiro, le maire de la commune, a dénoncé ces multiples arrestations d’opposants dans sa juridiction. « Notre mairie est toujours fermée. Récemment, le préfet de Koundara et son staff sont venus faire le constat à la mairie et sur les lieux incendiés. Mais, depuis qu’ils sont repartis, ils n’ont plus rien dit. Seulement, les arrestations continuent dans les rangs de l’opposition. Pas plus qu’hier samedi, des gendarmes sont venus arrêter trois jeunes, dont certains ne sont même pas liés à ça. On ne sait pas ce qui se passe parce qu’ils viennent avec une liste pour procéder aux arrestations », accuse le maire.

Interpellé sur la question, le sous-préfet de Sarébhoïdho, le Commandant Abdoul Kader Camara, s’est abstenu de tout commentaire. « Je n’ai aucune réponse à vous donner, ni sur les arrestations, encore moins sur la fermeture de la mairie ».

Pour sa part, le préfet de Koundara, Aboubacar Mbop Camara, a minimisé tout en parlant d’un règlement en cours. « A Sarébhoïdho, il y a eu un différend entre les composantes sociales. Je crois que les familles sont entrain de le régler. De même qu’il ne faut pas qu’une partie de la population vienne fermer la mairie, il ne faut pas aussi qu’une autorité vienne pour ouvrir. Il faut chercher à régler le problème entre les familles parce que ce sont les mêmes personnes qui vivent ensemble depuis plus d’un siècle. Même les gens qui étaient venus fermer la mairie ont été sensibilisés. Je pense que ça ira ; mais, en attendant ce qui est fait, quand il y a des exactions comme ça, il faut que cela soit sanctionné. »

En ce qui concerne les cas des arrestations, Aboubacar Mbop Camara a dit que cela ne relève pas de son autorité.

Il faut rappeler qu’à la veille du scrutin du 22 mars dernier, de violents affrontements avaient eu lieu dans cette sous-préfecture. Plusieurs maisons d’habitation avaient été incendiées, des personnes blessées.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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